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lundi 9 novembre 2009, par
C’est une de ces jolies manifestations du sens trop connu du mot "kitsch", tout le monde regarde Berlin avec des yeux énamourés. Et la ville devient la capitale de la liberté, Dieu que c’est beau. C’est tellement beau que je crois bien que je vais vomir...
N’allez pas chercher au delà d’un pas très curable instinct de contradiction les raisons de mes problèmes digestifs. Ça me fait souvent ça, quand je suis trop content, quand c’est de la joie à l’échelle mondiale. Parce que c’est déjà de la bonne fêteaujourd’hui à Berlin, ils sont allés chercher du monde, nos amis allemands, ah ça en organisation... Ils sont forts. Georges Bush senior, Gorbatchev Lech Walesa, Helmut Kohl...
Bref, ils sont pleins, nombreux et allègres, cette histoire là est finie et tout va tellement mieux. 100 000 Allemands sous la pluie, porte de Brandebourg sont venus célébrer leur réunification à eux. M’étonne pas tant que ça, l’Allemand est grégaire, il le montre sur la Costa Brava en Espagne depuis les années soixante dix et auparavant son goût de l’uniforme et des grands rassemblements ne m’a pas laissé que des bons souvenirs.
Sans doute suis-je à l’égard des Allemands, un indécrottable Alsacien, je les aime bien de leur coté du Rhin et pas du mien. Et pour vous donner l’esprit dans lequel je le pense, rien de tel qu’un soupçon de Roger Nimier expliquant ce que c’est que la Philosophie : "La philosophie est comme la Russie, souvent marécageuse et régulièrement envahie par les Allemands."
Voilà, c’est ça, je ne veux pas faire mon pénible, mais l’Allemand de naguère était tout de même un poil envahissant. Qu’au sein d’un même peuple des familles ait été divisées par le "mur" était sans doute bien pénible, mais à deux jours du 11 novembre, je ne veux pas faire mon emm... de service, mais ces misères là ne m’affligent guère.
Parce les pauvres malheureux de l’Est, je veux dire d’Allemagne de l’Est sont tout de même des Prussiens et ces braves gens n’ont eu de cesse de nous mettre sur la gueule depuis qu’un excité d’origine corse n’a rien fait qu’à réveiller les nations européennes.
Le président Sarkozy n’a pas pu résister à la tentation de nous dire qu’il fallait que partout les murs tombent, ces vilains murs qui séparent les communautés et les peuples. Les Palestiniens apprécieront... D’un autre coté, ils sont quand même essentiellement entre eux, non ?
Quand on interroge les anciens Allemands de l’Est, 50% d’entre eux regrettent encore le temps d’avant, comme quoi... Tout est relatif ? Il y en a bien un qui est d’accord avec eux, c’est Vladimir Poutine. Dont le sens de l’humour n’est pas sans cynisme, c’est un fait, mais c’est assez ironique tout de même.
Il y a vingt ans, j’avais vingt ans. Le seul aspect vraiment positif de la chute du mur de Berlin restera pour moi la fin du Communisme. Bon, pendant une décennie tous les étudiants se sont retrouvés confrontés à entamer leurs copies par du "depuis la fin d’un monde bipolaire et la chute..." et c’était un peu gavant...
Notez, ça n’a pas duré tant que ça, on a eu Fukuyama qui nous a expliqué à tous que l’histoire c’était fini. Visiblement Oussama ben Laden avait du sécher ce cours là et depuis c’est reparti. Comme quoi, rien n’est jamais vraiment fini et quand c’est fini c’est que ça va recommencer. Alors la garnde célébration, les airs de cirocnstance, les ennemis d’hier bras dessu, bras dessous, je ne sais pas vous, mais moi, crac, c’est "Raoul le cri qui dessoule" dans la foulée.
Non, tout bien considéré, l’Allemagne ce n’est pas unie que je la préfère. Divisée, morcelée, je ne sais pas pourquoi, j’aime autant.
Vos commentaires
Les Allemands me surprendront toujours ! Leur faculté d’effacer le passé est impressionnante ( qui d’entre nous connait un ancien nazi ? ). Ayant séjourné à Berlin en 1990, j’avais voulu visiter les restes du mur ? Le mur, quelle mur me disait-on ? Porte de Brandbourg, seulement quelques cinq clous de cuivres ; pas de musée publique, juste une association privée d’Allemands de l’Est avait ouvert une pièce de mémoire. Alors ce cinéma actuel...
Diviser, morceler, c’est réduire la pensée... Et oui il est possible que certains allemands de l’Est aient la nostalgie de ce temps révolu, mais c’est de leur condition de vie dont ils parlent et non de ce mur qui réduisait la liberté... Réduire le monde, c’est une faiblesse de l’esprit... Que les murs se cassent la gueule est une bonne chose...
Cher Anonyme,
Vous racontez des conneries.
Si y’a bien un truc avec lequel les Allemands se débattent, c’est leur passé.
A propos de votre séjour en 1990 à Berlin, je me demande bien où vous habitiez. J’y étais aussi à Berlin en 1990. Et du Mur, y’en avait tout plein. Tellement tout plein que j’en ai cassé et que j’en ai un gros morceau chez moi.
Quant au musée public : excusez tant les Allemands de l’ouest que ceux de l’Est d’avoir pris quelque temps pour savourez l’instant avant de plonger dans le devoir de mémoire.
J’ai bien l’impression que vous confondez le chauvinisme primesautier de l’ami GB et un anti-germanisme primaire.
Alors, Raus bitte !
Dans ton empressement, tu as oublié d’étriller notre Président et son "Wir sind Berliner".
Il n’en rate pas une. Qu’est-ce qu’il est plouc. Il croit quoi ? Que passer après JFK, ca va lui donner sa classe ?
Je partage l’idée que notre GB ait du mal à encadrer les Allemands, il a dû en rester à l’Allemand primaire...
Il faut élargir ses horizons. D’accord, ils ne sont pas tous fins, mais il suffit d’aller plus au Sud et on découvre les Bavarois, et encore plus au Sud, ils ne sont plus Allemands... Quand même, c’est un peu facile de les ’dégommer’ sans essayer de garder une part d’objectivité ; si on regarde leur leader, et bien, je vous avoue que je serai plutôt fière d’avoir une Angela Merkel à la tête de notre pays !!
Un, elle est efficace, deux, ce n’est pas un animateur de supermarché comme Sarko, trois, elle est déterminée et elle mène bien les réformes dans son pays. Quatre, c’est une femme de tête et j’aime ça !
Petite suggestion, GB, écris-nous un petit article sur Angela Merkel, j’aimerais voir ce que tu en dis.
J’en finirai juste par : ’et pourquoi ils n’auraient pas tout le loisir de fêter leur réunification’, l’armistice n’a pas été une victoire dans leur camp.
Aso
Sur les allemands de l’est : Je ne peux que vous décrire ce que m’a raconté un an après la chute du mur, un pasteur du village de Tiefenort (ex DDR).
Je cite de mémoire "Oh le jour ou le mur est tombé nous nous sommes précipité vers le premier village Ouest allemand (15 Km), vers ses maisons colorées (chez eux tout était gris) et ce fut une fête incroyable. Il est vrai que l’on ne pouvait pas se réunir à plus de quatre sans avoir un membre de la Stasi pour nous écouter, il m’a fallu 13 ans d’attente pour avoir ma trabant qui m’a couté 4 ans de salaire, mais depuis la réunification nous avons des soucis. Avant l’école était gratuite, les programmes étaient politiquement arrangés mais aujourd’hui si les livres disent la vérité, nous devons les acheter. Pour les vacances, les enfants partaient gratuitement aux jeunesses communistes, maintenant il faut payer. Nous n’avions pas de chômage, même si nous n’avions pas forcement un travail intéressant."
Il y a eu bien plus mais au final l’impression qui m’est restée est que l’économie de marché c’est dur et cruel quand on a été assisté toute sa vie et cette révolution là une bonne partie de la population l’a prise dans la gueule du coup la liberté a vite pris un goût un peu amer.
C’est ce que j’appelle les générations sacrifiées, celles qui essuient les plâtres. On ne peux y faire grand chose qu’attendre que le temps lisse les choses en aménageant du mieux possible la période de transition.
Sur la commémoration : La franchise me pousse à vous dire que je m’en fous.
Sur le risque de reprendre militairement les germains sur la figure, je n’y crois pas une seconde dans le contexte actuel.
Je suis également d’accord avec DB sur le rapport qu’ils ont avec leur passé. Mais quand il est si peu glorieux, on peut être tenté de plutôt regarder vers demain qu’hier ce qui ne signifie pas occulter.
Nicht einfach heute Deutsch und eine Leserin vom Journal inutile zu sein... n’y y a t il pas un leger antigermanisme primaire en France ? La plupart des allemands porte en eux à la fois le passé nazi mais également l’allemagne divisée en deux. Pour ce qui est du devoir de memoire je ne crois pas qu’on puisse recevoir de leçons des français, notre histoire nous a été transmise avec beaucoup de franchise et de vérité que ce soit dans nos familles qu’à l’école.
Et oui Liebe Leserin vom Journal Inutile, il y a un léger antigermanisme primaire en France. Si j’osais passer par des portes ouvertes, je dirais que, de tout temps, la nonchalance française a toujours achoppé face à la rectitude allemande (j’fais court, hein... J’pourrais développer, nuancer, argumenter bien sûr, mais en gros c’est ça à mon avis). Et puis, faut dire qu’une de vos délégations a encore réussi à se faire remarquer en 1982, et pas en bien.
Allez, remontons quelques années et revoyons quelques images d’époque (mais noooooooooooooon, pas 82. 89 bien sûr). Voir le lien ci-dessous. Je vous suggère de cliquer sur les photos 13/14/15. Et, en passant, j’espère que Cher Anonyme sera satisfait de constater qu’il y a maintenant plein de mémoriaux.