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dimanche 28 août 2011, par
Après avoir commenté la chute de Dominique Strauss Kahn, il n’est que justice aujourd’hui de s’extasier à notre tour sur le non-lieu dont il vient de bénéficier dans le cadre de la procédure pénale qui l’opposait à la femme de chambre la plus célèbre du monde.
L’homme libre qu’est redevenu DSK doit néanmoins considérer avec amertume sa situation. Libre l’homme, brisé le politique... Le destin politique dont il semblait rêver s’est bel et bien fracassé le 14 mai dans les murs de la suite 2806 de l’hôtel Sofitel de Harlem.
Ses défenseurs ont l’exultation un peu trop bruyante, leur champion est libéré, soit, mais il n’y a pas vraiment de quoi pavoiser. Ce que nous savons aujourd’hui est en effet peu reluisant, le 14 mai, DSK a couché en moins de 10 minutes avec une femme de ménage, à qui cela a fait tellement plaisir qu’elle lui a collé une plainte pour viol et kidnapping plus quelques autres chefs d’accusation pour tout témoignage de sa reconnaissance.
De là à dire qu’elle ne s’est pas follement épanouie au cours de ce rapport... Ce qui demeure dans ce non-dossier est cette part d’ombre, trop importante pour offrir à l’homme relaxé la liberté promise. Une fois n’est pas coutume, je tiens à citer les propos de Marie-Georges Buffet qui, sur le sujet, pose parfaitement les prémisses du paradoxe de la liberté retrouvée de DSK : « Le refus de faire juger l’affaire dans laquelle l’ancien directeur du FMI est accusé de viol est une mauvaise nouvelle pour la justice et une mauvaise nouvelle aussi pour les femmes. Car à ce jour la vérité n’est pas dite, ni pour le présumé innocent ni pour la présumée victime. »
Sur l’abandon des poursuites...
Les faiblesses de madame Diallo, ses contradictions successives, son passé ont pesé dans la procédure judiciaire new-yorkaise. Seule témoin, victime présumée, prise à défaut à plusieurs reprises, elle a contribué à l’abandon des poursuites qu’elle avait entamées. Aujourd’hui que dire d’elle ? Affabulatrice retorse, maîtresse-chanteuse, victime ? La confusion du dossier, la difficulté qu’il y a à distinguer les faits, des rumeurs, nous laissent évidemment perplexes.
Dans cette affaire, nous avons une fois encore été noyés sous les informations. Leur masse colossale a donc étouffé toute chance d’y voir clair. Chaque commentateur de l’actualité aura beau jeu de choisir les points qui lui permettront de soutenir sa vision de ce qui s’est passé. DSK étant, au choix, la vraie victime de cette affaire ou le bénéficiaire des méandres de la procédure judiciaire pénale américaine et des faiblesses de caractère de son accusatrice.
Reste le doute. Le doute qui s’attache aux deux principaux protagonistes et qui, s’il offre à DSK sa liberté retrouvée, le prive de retrouver son honneur. Le doute qui ôte à Naffisatou Diallo la dignité même de son statut perdu de victime. Reste aussi ce constat d’échec de notre société de l’info, car si les infos ne nous ont pas fait défaut, il ne nous en aura manqué qu’une seule. Celle qui nous aurait permis de savoir ce qui s’est passé.
A tout prendre, la seule chose que nous sachions... C’est que nous ne savons pas. Cette part d’ombre se suffit à elle-même. L’abandon des poursuites ne nous dit qu’une chose, il n’eut pas été possible de convaincre douze jurés de la culpabilité de DSK. Madame Diallo ayant démontrée qu’elle ne serait pas le meilleur témoin possible lors de son audition devant le grand jury. Grand jury devant lequel DSK n’avait pas voulu témoigner.
J’ai beau ici chercher une conclusion, la seule, la très faible à laquelle je parviens, au risque assumé de me répéter, c’est bel et bien que je ne sais pas.
Quant au soulagement exprimé par les caciques du PS, il laisse pantois. Il y a quelque chose de curieux en effet de ce statu quo juridique d’où la vérité n’est pas sortie.