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Michelle, ma belle...

jeudi 7 octobre 2010, par JB

Elle est sympa la nana qui récite le journal à la radio mais elle ne devrait pas me faire de telles frayeurs. J’entrouvre un œil, genre si seulement mon réveil pouvait la mettre en veilleuse, et bim ! dans les dents : « Michelle Obama est la femme la plus puissante du monde ». Oui oui oui, et moi je sors avec Leonardo DiCaprio, même qu’on est tellement amoureux qu’on va se marier cet hiver sur une île déserte. Oui bon, peut-être que je me suis rendormie en fait…

L’année dernière, c’était Merkel qui tenait le haut du pavé. Certes c’était un peu moins trendy-sexy, un peu moins Gala-Point de Vue Images du Monde, un peu moins affirmative action, politiquement correct quand tu nous tiens. Mais bon, Angela, c’est la patronne de l’Allemagne. Elle est pas top en maillot de bain mais en tout état de cause, chez elle, c’est légèrement moins le Bronx que chez nous. Le cru 2009, ok, passons à 2010.

Comme on n’est jamais à court de mauvais esprit, on va la poser, la question qui fâche. Elle a fait quoi exactement Michelle pour remporter la couronne cette année ?

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas (encore) dit. Non, madame Obama n’est pas que l’épouse de son mari. Michelle est une belle femme, cultivée, brillante, intelligente, études prestigieuses (Princeton et Harvard), mère exemplaire, avocate de talent, carrière à en faire pâlir plus d’un.

C’est juste que j’ai dû rater un truc, une info, un scoop. Parce que moi, depuis qu’elle est Première Dame du Monde, ce que je retiens, exception faite de ses robes et ses lieux de villégiature, ce sont ses petites plantations dans le potager de la Maison Blanche, et les gamins défavorisés qu’elle invite à goûter le mercredi.

My mistake, pardon, on me dit que Michelle a des convictions, et son cheval de bataille, il est simple, il est accessible, il parle à la ménagère : manger équilibré et combattre l’obésité infantile.

Il faut que j’en aie le cœur net. Un tour sur le site du coupable, le magazine Forbes. Juste pour le plaisir, le top 100 est là.

Ah bah le voilà le pourquoi du comment, ils ont changé la méthode, les fourbes.

We decided it was time to look up and out into the broader culture. Our assessment is based less on traditional titles and roles and more on creative influence and entrepreneurship. […] We divided our power women candidates into four groups : politics, business, media and lifestyle (that is, entertainment, sports and fashion). We ranked the women in each group, and then group against group. Not easy, but that’s today’s reality : an unpredictable, diverse mash-up of hard power (currencies and constitutions) and dynamic power (audience and audacity). […] If anything, it’s inspiring.

Moi ça ne m’inspire pas du tout. En résumé la most powerful woman, c’est celle qui fait couler le plus de salive, celle dont on parle le plus dans les dîners.

Dont acte.

Maintenant appliquons le principe du pouvoir proportionnel aux litres de salive déversés. Quelqu’un aurait-il la bonté de m’expliquer comment Anne Lauvergeon [1] arrive devant Carla Bruni-Sarkozy [2], notre First Lady à nous qu’on a qu’on l’aime, tellement qu’elle est belle qu’elle est mannequin qu’on l’envoie minauder partout dans le monde ?

Alors ?

Notes

[1] Le PDG d’Areva, première Française du classement, se hisse péniblement à la 24e place.

[2] Je ne m’en remets toujours pas, j’ai vérifié, elle est bien 35e la chanteuse.


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