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lundi 9 août 2010, par
C’est l’histoire d’un mec qui chute. En fait, ça fait trois ans, trois mois et quelques jours. Ca n’a pas commencé tout de suite. Mais depuis que le mec s’en rend compte, il se répète la même chose : « Ca ne va plus du tout, ça ne va plus du tout... » Et quand il ne dit pas ça, c’est ceci : « Je vais le faire moi-même, c’est toujours comme ça, il faut que je le fais moi-même, sinon il ne se passe jamais rien. »
C’est un peu l’histoire d’une chute, d’une descente. Cette unité de mesure d’espace et de temps, où dans la vie de tout le monde, ça arrive, on finit SDF parce que c’est plus chic que clodo, c’est la dèche mais il n’y a pas de photographes pour immortaliser. C’est presque mieux comme ça. Là, il y a plein de gens qui ne font rien qu’à regarder, ce qui n’arrange rien. Non, quand les gens vous regardent tomber, ça n’arrange rien, c’est mauvais pour l’orgueil, ça vexe, vite, c’est pire.
Le gars sent bien que ça ne va pas, que les gens regardent, commentent, s’énervent. Forcément, ça n’allait pas, il avait dit qu’avec lui... Ca ne serait pas pareil, que... Bref, il avait dit ce qu’il fallait dire, ce que les gens voulaient entendre. Il leur avait dit que son truc à lui, l’impatient, le petit nerveux comme disaient ceux qui ne voulaient rien faire, que son truc à lui, c’était de régler les problèmes.
Il l’avait dit à ses « amis », ces gens dont il voulait tant faire partie. Il leur avait même répété un soir, en mai 2007 au Fouquet’s, que maintenant on allait voir ce qu’on allait voir. Il leur montrerait, lui, le petit nerveux, enterré par ses ennemis, qui triomphait ce soir-là, il allait leur montrer à tous.
Alors, on avait beau dire qu’il s’y prenait comme un agité, nommant des responsables, s’énervant, trépignant, virant les responsables, ça... Pourvu que ça marche, que ça ou autre chose, lui... Lui, il n’avait pas ses interdits qui bloquaient les autres, non, ça, lui, il ne se laissait pas emmerder par des pauvres cons... Faut dire que ceux qui disaient qu’il fallait pas faire comme ça, ils ne comprenaient rien à la méthode, à sa méthode, le « Laissez, je vais le faire, passque si je devrais attendre que les autres y s’y mettent, hein ! »
C’est un petit garçon, il voulait juste montrer aux gens combien, comment il est trop fort. Le montrer à tout le monde, à son papa pour commencer. C’est important pour les petits garçons de pouvoir montrer des trucs à leur papa. Et comme ça, son papa, il lui dirait que c’est bien, qu’il est fier de lui. Ou alors il lui dirait que non, non ce n’est pas comme ça qu’il fallait faire... Et il aurait appris, il aurait appris à ne plus faire les mêmes erreurs, c’est sûr.
Malasuerte...
Peut-être que le problème a commencé là. Son papa n’est pas resté bien longtemps alors, pour les références, le bien, le mal, ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire... Bien sûr, ça pourrait n’avoir aucun rapport. Le petit bonhomme vous dirait que tout ça, c’est des conneries de psychologue à la con. N’empêche, il s’en est cherché des papas : papa Jacques, papa Edouard...
Tuer le père, ça aussi il a essayé. Mais il a toujours eu un problème de références, ça paraît assez clair. Par rapport à ce qu’on peut faire ou pas, c’est vite devenu confus, quelque part, ça n’est pas lui qui a commencé. Alors, si une chose est sûre, ça n’est pas lui qui va s’arrêter. Moins ça va, plus ça lui rappelle ses débuts... Et au début, il a vraiment fallu beaucoup s’activer.
En ce moment, faut dire ce qui est, ça va pas fort. Les affaires du monde, la sécurité dans les banlieues et un peu partout en fait, les amis qui font rien qu’à faire la une des journaux pour des histoires... Des bêtises à quelques dizaines de millions d’euros... Des services, tout le monde rend des services, non ?
Avec ça, les sondages, j’vous dis pas... Faut faire quelque chose. Faire un ou des ou plein de trucs. On va retirer la nationalité française aux criminels, changer le droit, la Constitution, changer tout, on s’en fout. Faut juste que ça cesse. La chute, la descente dans les sondages, partout...
Le reste, on verra plus tard, il y a d’abord tous ces... Tous ces cons qui veulent rien faire qu’à lui piquer son job, Le Truc qu’il a réussi... Enfin bref, tout ça pour dire qu’on n’en a pas fini d’ici à deux ans avec des projets de lois toujours plus spectaculaires, provocateurs ou simplement fossoyeurs de tout ce qui a précédé. Ca fout la trouille, ça fait chier, mais dans 20 mois c’est fini.
Vos commentaires
Dans 20 Mois c’est fini, ou alors dans 20 Mois et 5 ans, hein, parce que bon, la "méthode W." a déjà fait ses preuves : un homme qui attise les craintes, pour renforcer les complexes de chacun. Un homme qui, en excitant les complexes avec un « style décomplexé », lutte contre ses propres frustrations. Du coup le processus d’identification est inévitable : l’électeur complexé admire celui qui ne veut pas se résoudre à l’être. Et il vote pour lui, sans complexe.
Article intéressant anyway, à quand la suite "Nicolas S. et les décrets d’application" ?