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mercredi 13 octobre 2010, par
Comme beaucoup cette semaine, je n’ai pas pu éviter le battage médiatique autour de l’exposition « Larry Clark, kiss the past hello », ou plutôt autour de la question de son interdiction aux moins de 18 ans. Et je dois bien avouer que ça m’a profondément saoulé…
Pourquoi me direz-vous, encore exaltés que vous êtes par cette vague militante de défense du droit d’expression et de sauvegarde de l’exception culturelle qui a submergé le petit monde parisien ? Eh bien, au-delà d’une campagne publicitaire rondement menée qui va certainement ravir le commissaire de l’expo, je vais vous l’expliquer.
En préambule, je tiens toutefois à souligner par honnêteté intellectuelle que personnellement, faire des photos en noir et blanc de jeunes personnes en situation précaire dans des circonstances confinant à l’intime et au pathétique, j’appelle cela de la merde. Mais bon, c’est un avis personnel et je veux bien concéder qu’il n’est pas forcément partagé et que certaines personnes peuvent aimer. C’est leur (mauvais) goût.
Ceci étant dit, je vais maintenant vous expliquer l’objet de mon courroux. Ce battage médiatique, finalement sans enjeu (il y a moins de monde pour défendre les valeurs de liberté quand on peut mourir au bout), est symptomatique de l’imposition d’une pensée unique. Si le débat a porté sur l’interdiction aux mineurs de cette expo, il n’a jamais été question de donner la parole à ceux qui peuvent simplement penser que cette « œuvre » ne mérite tout simplement pas d’expo et de subsides publics. Un microcosme d’esthètes autoproclamés ayant décidé que Larry Clark était génial en a tout simplement décidé autrement. Leurs relais dans les médias ont fait la suite. Cette démarche de désignation de ce qui est génial ou artistique relève pourtant du terrorisme intellectuel et de la pire démagogie totalitaire. En France, elle a débuté dans l’immédiat après-guerre avec la NRF qui a obligé Céline à s’exiler et a cloué Giono au pilori (ce qui nous a valu Le Hussard sur le toit, un bien pour un mal !). Aujourd’hui, elle oblige un Maurice Dantec à partir au Canada pour pouvoir s’exprimer. C’est le triomphe de la liberté imposée pour notre bonheur malgré nous. En bref, le triomphe de la gauche (et du gloubiboulga qui peut être promulgué œuvre d’art).
Eh bien je dis non ! Je ne vais pas appartenir au groupe des happy few in the move qui participent de ce mouvement d’autocongratulation autour de choix artistiques qui font d’eux des intellectuels initiés. Personnellement, je préfère m’éloigner de ce troupeau plébéien aux remugles de révolution culturelle. Peu mais bien, plutôt que beaucoup mais mal. Je n’ai pas besoin des autres pour apprécier mes choix. Comme Finkielkraut, je crois qu’en matière artistique, il y a un beau objectif, et que ce beau objectif a pour vertu d’élever l’homme vers son aspiration transcendantale (ou spirituelle). J’aime beaucoup Sid Vicious, mais Bach lui survivra. J’aime beaucoup Dantec, mais Hugo lui survivra (Dantec le sait d’ailleurs). Je suis désolé pour eux mais c’est comme ça. L’histoire me donnera raison.
Vous me direz que j’aurais simplement pu m’éloigner du poste pour ne pas entendre la polémique. Certes, mais non. Pour deux raisons : 1) j’ai une part de mes impôts qui subventionne l’expo et ça m’est particulièrement désagréable ; 2) comme pour les Légions d’honneur, ça ne sert peut-être à rien, mais de temps en temps, ça fait du bien de passer un coup de gueule.
Enfin, pour conclure, je cède la parole à Andy Warhol qui, je pense, résume assez bien le vrai fond de cette affaire : « faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit ».
Finalement, il n’est pas de colère qu’un bon nihilisme ne puisse apaiser...
Je remercie Baldur von Schirach pour le titre de cet article. Il aura au moins légué au monde cette phrase immortelle, son œuvre terrestre étant pour sa part pour le moins contestable.
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... Et Sam pour la photo-logo....