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Aux Urnes camarades...

Faut-il s’inscrire aux primaires socialistes ?

lundi 29 août 2011, par GB

Drôle de question ?

Pas tant que ça…

Sous condition d’une déclaration d’adhésion aux principes de progrès et aux « valeurs de gauche », tout un chacun peut en effet s’inscrire sur les listes électorales des primaires socialistes afin de choisir le principal adversaire de Nicolas Sarkozy en 2012.

Le pourquoi des primaires

Depuis une dizaine d’années, l’absence de leadership au sein du PS a contraint ce dernier à mettre en place ce processus des primaires - on ne peut plus démocratique dans l’esprit - pour parvenir à choisir le candidat du premier parti d’opposition à l’élection présidentielle. Mis en place en 2006, ledit processus avait vu Ségolène Royal se défaire de DSK et de Laurent Fabius pour obtenir la possibilité d’affronter Nicolas Sarkozy. Ces deux rivaux écartés, la dame du Poitou fut néanmoins sèchement battue par le président actuel en n’obtenant que 47% des suffrages au second tour.

La préparation de ces primaires qui se dérouleront en deux tours les 9 et 16 octobre 2011 est désormais le principal sujet de préoccupation des candidats déclarés à la candidature. Et si les médias ne répugnent pas à nous livrer leur quota de sondages sur le sujet, et que ces derniers semblent indiquer une possible victoire de François Hollande dans cette course à la candidature, celle-ci est encore très loin d’être réalisée. La vérité des sondages étant… comment vous dire cela poliment… la vérité des sondages étant à tout le moins sujette à caution et ce ne sera pas Nicolas Hulot qui nous contredira sur le sujet.

L’incertitude dans la bataille actuelle rend donc assez prudents les principaux protagonistes. De jolies inconnues compliquent tout pronostic. La première d’entre elles étant à n’en pas douter la composition de la population électorale qui élira l’élu(e). Autre inconnue de taille, ce que sera le jeu des alliances sitôt passé le premier tour. Pour mémoire, au premier tout de l’élection au poste de premier secrétaire, les résultats publiés par la direction du parti socialiste donnaient 43,10% des suffrages pour Royal et 34,50% pour Aubry. Les grands mots de démocratie, participative ou pas, peuvent bien être de sortie, l’histoire récente du PS n’est pas, en dépit des plus belles intentions du monde, des plus lisibles. L’élection au poste de premier secrétaire du Parti au lendemain du congrès de Reims de 2008 qui a permis à Martine Aubry de prendre la tête du parti en constitue un des meilleurs exemples.

Et l’on pourrait, à l’envi, décliner toutes les raisons qui peuvent obscurcir le joli processus démocratique de ces primaires. Mais n’en déplaise aux concepteurs du processus des primaires, désireux d’appeler, aux urnes socialistes, les seuls « sympathisants de gauche », pourquoi limiter la portée dudit débat ?

En tout état de cause, c’est idiot de vouloir ainsi se restreindre aux seuls « sympathisants » pour constituer un collège électoral. Je ne me sens pas plus socialiste que cela, pas moins non plus, et quant aux « valeurs », je ne vois pas pour quelles raisons elles devraient être qualifiées de « gauche ou de « droite ». La distinction est de fait pure rhétorique, songez à ce refrain de Brel :

Ainsi certains jours paraît

Une flamme à nos yeux

A l’église où j’allais

On l’appelait le Bon Dieu

L’amoureux l’appelle l’amour

Le mendiant la charité

Le soleil l’appelle le jour

Et le brave homme la bonté

Alors, sans préjuger de l’appellation qu’il faudrait donner à ses valeurs, compte tenu de la légitimité de chaque citoyen à exprimer un choix, une opinion quant au choix du possible président de la république, pourquoi ne pas aller participer à ces primaires ? Et, si l’on n’est pas socialiste, que l’on ne souhaite pas voter pour un candidat socialiste au premier tour de l’élection présidentielle, pourquoi faudrait-il renoncer à participer à ces primaires, il faudra bien, au second tour, voter pour l’un des deux finalistes, non ? Autant donc le choisir ou s’être prononcé sur le sujet.

Il est plus que probable que Nicolas Sarkozy se représente en 2012, l’UMP serait bien en peine de désigner qui que ce soit d’autre candidat. Cette perspective n’est évidemment pas neutre, et que l’on soit sarkozyste ou non, là n’est pas vraiment la question. Il n’est pas inintéressant de voir s’affronter les candidats qui nous semble les plus aptes à exercer la fonction de président dans les circonstances présentes.

L’élection qui arrive doit en effet désigner celui ou celle qui aura pour mission de briser 35 ans de dérives budgétaires, de remettre notre pays en selle pour les années à venir dans un contexte qui ne sera pas moins difficile qu’il ne l’est déjà. Et c’est sans doute pourquoi, considérant que 2012 ne sera pas une échéance électorale moins importante que ne l’était 2007, je crois que nous avons tous intérêt à participer aux primaires socialistes.


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