Accueil du site > Actus

Bayrou remet, soigneusement, Alain Minc à sa place.

samedi 3 septembre 2011, par GB

Je ne sais pas si François Bayrou est un maniaque de l’ordre, mais bien ranger ses affaires, c’est important. Trier, classer, organiser. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Les torchons, les serviettes toussa, toussa… Si c’est important.

Alain Minc a-t-il une place ?

Alain Minc, petit gourou multitâches et exégète du président de la République (depuis 2007), parle beaucoup. Il parle de beaucoup de choses, de beaucoup de monde avec un petit air égaré entre le mépris ordinaire et une conscience supérieure de l’idée qu’il se fait de lui-même. Alain Minc est drôlement fort, il sait plein de choses, il dit plein de choses, par certains côtés, il n’est pas loin d’être un Bernard-Henri Lévy avec une raie sur le coté et un joli costume et une jolie cravate.

Pour des raisons assez mystérieuses, Alain Minc fait régulièrement le tour des médias pour rappeler à tout le monde à quel point il est intelligent, à quel point les gens qui l’écoutent le sont aussi, à la différence de ceux qui ne lui prêtent aucune attention. Ces derniers ont droit à l’ire de monsieur Minc qui essaye avec un calme désarmant et quelque chose comme le sourire de Ségolène Royal de les traîner dans la boue.

En Sarkozie, le métier de tonton flingueur a, sinon retrouvé ses lettres de noblesses, tout au moins sa pratique, et quelques aboyeurs qui s’époumonent à se scandaliser dès que l’on soulève le début de l’atome d’une controverse sur un sujet défendu par le président de la République. A la première tentative de contradiction ou d’amorce de dialogue, Frédéric Lefebvre ou Nadine Morano étaient chargés d’aller dénoncer les attaques ad hominem dont serait victime le président. A défaut de répéter à l’infini que seule l’UMP avait des idées (bonnes ou mauvaises, là n’étant pas la question) alors que l’opposition en ne faisant rien qu’à s’opposer, et bien témoignait d’une drôle de conception de son rôle en démocratie.

Mais Frédéric Lefebvre ou Nadine Morano, voire Christian Estrosi, maroquin ministériel ou pas, ça ne fait pas très, très chic. Alain Minc, peu ou prou un livre par an, plagié au besoin [1], ex-inspecteur des finances, et bien ça fait beaucoup plus joli dans le décor.

Alain Minc aime d’ailleurs tellement le décor que bien souvent il y termine. Et ça, ça fait désordre.

François Bayrou doit donc avoir le sens de l’ordre, et sentant à quel point monsieur Minc s’était égaré, il a eu la bonté de lui indiquer sa route, prévenant jusqu’au bout des ongles, il est allé jusque à le remettre soigneusement à sa place.

Monsieur Bayrou est soigneux et appliqué. Il signe donc dans Le Point ce sublime papier que voici :

« Je ne me plains pas d’Alain Minc. Au contraire. Il est bon d’avoir des ennemis déclarés, car vos ennemis en disent autant sur vous que vos amis. D’habitude on a les ennemis qu’on peut. Moi ? J’ai la chance d’avoir en Alain Minc l’ennemi dont on rêve, celui qu’on choisirait si on avait à choisir. Tous les explorateurs vous le diront : il y a deux sortes de boussoles rassurantes. Celles, rares, qui ne se trompent jamais et qui vous montrent fidèlement le nord même dans la pire des tempêtes magnétiques. Et, tout aussi précieuses, les boussoles qui se trompent absolument toujours et qui, quelles que soient les évidences, vous désignent, obstinément et avec assurance, le sud. Ce sont les boussoles méridianopètes. » La suite.

Notes

[1] Alain Minc a été condamné le 28 novembre 2001 par le Tribunal de grande instance de Paris à verser 100 000 francs (environ 15 000 euros) à titre de dommages et intérêts pour plagiat, reproduction servile et contrefaçon, pour son ouvrage intitulé Spinoza, un roman juif, dont le tribunal a statué qu’il était une contrefaçon partielle de l’ouvrage Spinoza, le masque de la sagesse de Patrick Rödel. source wikipédia


Répondre à cet article