vendredi 20 février 2009, par
En quête d’un peu d’actualité sur Bernard Kouchner, mes clics m’ont mené sur le site du Point et d’un autre Bernard. Un autre héraut de la morale, de la bien-pensance. Un de ces défenseurs de la veuve et de l’orphelin, euh... Presque, en l’occurrence, BHL se prenant pour Voltaire revient se faire le défenseur de Cesare Battisti.
Que diable Bernard Henry Lévy est-il allé se fourrer dans cette croisade impossible pour défendre le peu reluisant Cesare Battisti, terroriste repenti, réclamé par la justice italienne. l’Italie qui quoiqu’on en pense est tout de même depuis pas mal de temps déjà, une démocratie européenne. Avec pour principaux défauts d’appliquer la règle de séparation des pouvoirs chère aux philosophes des lumières, tout ça pour vous dire que le citoyen italien Battisti doit rendre des comptes non pas à l’état italien, mais à ses juges.
Qui est-il ce nouveau protégé Béachélien, une victime innocente broyée par les circonstances d’une période difficile de l’histoire de son pays ? Pensez vous, voilà de l’honnête homme du terroriste qui virerait balance sur ses vieux jours et qui de la révolution est passé aux intellectuels du boulevard saint Germain. Sans passer par la case départ et sans davantage aller purger sa peine. Cesare Battisti, qui avait toujours revendiqué avec fierté un rôle central dans son groupe terroriste, les Prolétaires armés pour le communisme, se présente désormais comme un comparse. Un petit extrait de l’article de Guillaume Perrault éclairera sans doute mon propos : Battisti persiste et signe
Le sosie de Maurice Biraud pas drôle...
“Dans les différents arrêts rendus par la cour d’assises de Milan en 1988, 1990 et 1993, on constate que l’enquête produit contre Battisti les éléments de preuve utilisés dans toutes les démocraties : expertise balistique, documents rédigés par les terroristes et saisis lors de perquisitions, déclarations de nombreux témoins lors des différents attentats, aveux de cinq membres du « groupe opérationnel » des PAC. “ Guillaume Perrault 20 avril 2006, (Rubrique Figaro Littéraire)
Condamné en Italie pour deux meurtres, jugé complice de deux autres et coupable d’avoir estropié trois personnes en leur tirant une balle dans le genou, Cesare Battisti est en fuite depuis 25 ans, il vit dans la clandestinité en France depuis 2004. Ce brave homme vient donc d’écrire un bouquin sur le sujet de sa cavale. Et l’admirable BHL se fait le porte voix de cet individu, s’offrant le luxe d’une préface enflammée et confuse pour défendre son protégé.
Le procédé est d’une indécence invraisemblable, d’une impudence inimaginable. Rarement il m’a été donné d’assister à ce type de comédie sordide, ce détournement effarant des principes d’honnêteté et de justice.
Condamné par contumace Cesare Battisti devrait retourner en Italie pour y être jugé. Voilà les faits.
Et qu’il s’y refuse ne m’étonne guère. Mais si il a choisi la clandestinité, qu’il y reste, qu’il ferme se taise et nous épargne cette honteuse mascarade. BHL ne m’étonne plus, il m’exaspère, après avoir singé Tocqueville lors de sa promenade aux USA, il s’essaye à Voltaire. L’ambition comme le résultat sont à son image, comme cette clinquante, creuse et sinistre comédie qu’il ne nous aura pas épargné. Le preux n’a peur de rien, pourvu qu’il fasse son spectacle. Une péroraison de plus, du vent, n’importe quoi pourvu que l’on en parle. Je forme donc des voeux pour que cette infection de bouquin ne se vende pas, que Mr Battisti se taise à jamais ou soit rattrapé et jugé.
Ca ne serait que justice. Pour les victimes et les criminels aussi, ceux qui ont moins d’amis riches et influents et qui ont purgé leur peine, ou la purgent encore.
J’ai écrit quelques mots sur Zaccarias Moussaoui, je lui sais gré en tout cas de faire preuve de plus de dignité que Mr Battisti. Voilà en quoi il est plus humain que lâche, plus digne que malin, plus honorable que le grotesque terroriste repenti. Mr Battisti ne se repent d’ailleurs pas de ses actes, mais de devoir en répondre. Ses procédés, son attitude lui ont gagné l’assurance très sincère de mon mépris le plus profond.
Aujourd’hui réfugié au Brésil, Cesare Battisti trouve le moyen de continuer à communiquer, je sais bien que la honte ne l’étouffe pas, mais je le regrette vraiment.
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Forza Cesare