jeudi 25 mars 2010, par
Eric Z, menacé de licenciement, de procès par SOS-racisme, est-il en passe de devenir tout à la fois un martyr de la liberté de dire ce que l’on veut ou un salaud et sera-t-il traité comme il le mérite(rait ?), c’est à dire pas un type très consensuel, avec une vraie capacité à mettre les pieds dans le plat. première question.
Et la direct, la deuxième, Eric Zemmour est-il un bon mec ? (avant que vous ne bondissiez sur vos claviers, considérons que ce n’est qu’une question rhétorique) Eric Zemmour est-il le chantre de la liberté de penser ou un très vilain réactionnaire, con, cocardier, chauvin qui ne ferait rien qu’à justifier les thèses les plus frontalement nationalistes ?
Au nom de Voltaire, et son assez hypocrite « je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrais pour... » Il fut un temps ou en France, un peu comme aux Etats-unis, encore aujourd’hui, l’on pouvait défendre pas mal de thèses, dont certaines, à tout le moins vaudrait désormais un procès à minima médiatique à leurs auteurs.
Les faits...
Le 6 mars, sur l’antenne de canal +, Eric Zemmour lache froidement que "Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... C’est un fait". S’en suit une grosse polémique, des promesses d’emmerdements sans nom(bre) pour le vilain trublion pas politiquement correct qui ne fait rien qu’à dire des méchancetés à tout le monde.
Si l’on résume, le Figaro menaçait de le licencier, Thierry Ardisson veut le poursuivre pour avoir mal causé de la manière dont il a monté son émission (SLT), la LICRA voulait le poursuivre, SOS racisme le poursuit et ainsi de suite. Ca fait plus de poursuites que dans un bon épisode de Starsky et Hutch, mais bon... Je vous épargne la litanie des commentaires « outrés » de tous ceux à qui ça fait de la peine, qui pensent que c’est mal et qui dans les pas de Sartre ne veulent pas que l’on désespère les cités après avoir désespéré Billancourt.
(Parenthèse de charité pas très chrétienne... La morale selon Thierry Ardisson... J’ai plus que des doutes, je ne vais pas m’y atteler aujourd’hui, néanmoins dans son genre, le monsieur en question fait probablement l’une des émissions les plus infectes du PAF, j’en suis navré pour Stéphane Guillon qui chronique là-dedans, faute d’un autre espace sans doute. Ardisson qui invite tous les samedis les plus pauvres miséreux, pour les entendre causer de leur viol par un curé pédophile voire un génocidaire rwandais, qui reçoit les plus pitoyables victimes et les invite à causer des assassinats de leurs enfants et ainsi de suite... Je précise à l’attention des censeurs de la Novlangue( culture Orwell, google ! béotien), que le sens de pitoyable est le suivant, digne de pitié, de notre compassion et non pas animaux de spectacle destinés à racoler du public sur une sale curiosité, cette curiosité qui nous fait ralentir en croisant un accident sur une autoroute, juste histoire de voir si on voit quelque chose. A bientôt m’sieur Ardisson, on en recausera...)
Robert Ménard...
Est le fondateur, à tout le moins l’ancien président de Reporters sans frontières, interrogé sur le sujet de la peine de mort et implicitement appelé à en dire « ouh, c’est mal ! », et il a eu l’idée saugrenue de dire alors qu’il était plutôt pour.... Et tous les commentateurs de s’interroger sur sa santé mentale... Au bilan, selon les gars qui s’y connaissent en ce qu’on dire, Robert Ménard est un con, Eric Zemmour est aussi un con, qui plus est ils font rien qu’à bosser dans les médias, raison de plus, ils le savent pourtant ça... Il ne faut plus désormais dire ce que l’on pense, mais bel et bien répondre en fonction de ce qu’il est « gentil » de penser...
Et nos « bons » commentateurs de la vie publique et des médias que de se répandre en commentaires automobilistiques sur le thème d’untel a encore « dérapé », d’évoquer d’improbables sorties de la route du prêt à penser. Halte à la lobotomie, une censure tiède et fade envahit l’expression publique.
Je ne voudrais pas verser dans l’apologie du franc parler et des vérités simplistes, mais la pudibonderie verbale menace... Et sans vouloir sortir de leur boîte les gros mots de totalitarisme de la pensée, tout ce qui interdit d’avoir des opinions différentes ne nous rapproche pas de la liberté, mais de l’atonie, du creux, du lieu commun « bénévolent », de cette emmerdante vérité posée par ce que j’appelle l’axiome de Valery (Paul pas Giscard soyons sérieux un instant), de cet axiome donc qui nous rappelle que l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Et pour que l’enfer dure longtemps, que l’on en ait la claire conscience, ce n’est sans doute pas du fait d’une cruauté insoutenable, mais plus probablement de par l’ennui infini que l’on doit y éprouver. Je sais en tout cas l’idée de ce qu’il serait pour moi, un endroit ou je serai condamné à écouter Jean François Copé et une militante féministe discourir jusqu’à la nuit des temps avec Raymond Domenech...