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Eric Woerth a des ennuis, mais...

à qui profite le crime ?

mardi 29 juin 2010, par GB

L’homme est sérieux, c’est son truc, il est posé, raisonnable et bosseur. Que ce soit vrai ou pas, on s’en fout. Mais Eric Woerth donne cette impression qui dans la bulle politico-médiatique prime sur les faits. « Perception is reality » nous tannent les Anglo-Saxons. Et jusqu’à se retrouver enlisé dans les révélations du Canard enchaîné, Eric Woerth était un mec sérieux et posé, comme une espèce de docteur es-économie réelle qui vous fait bien comprendre qu’il n’y a pas d’autre moyen que de raquer vos impôts pour que tout aille mieux.

Après la débâcle de l’UMP lors des élections régionales, il apparaissait renforcé au sein du gouvernement. Xavier Darcos s’étant fait étendre d’importance, il avait dû céder sa place à notre gars sérieux. Lisse, calme, posé, sorte d’Alain Juppé sans mépris d’autrui, Woerth voyait se dérouler devant lui un joli tapis rouge pour accéder à Matignon.

De son allure sereine et pédagogue, il n’y avait pas grand chose à commenter, l’homme n’offrait que peu de prise à la critique. La vie était belle, les mouches pétaient, tout allait pour le mieux, le ministre venait de livrer son projet de réforme des retraites, il lui restait cet obstacle à franchir pour devenir, pourquoi pas, le futur premier ministre qu’il pouvait espérer être avant... Avant de se rêver peut-être un avenir plus flatteur encore, la présidence après un second mandat de l’actuel résident de l’Elysée et pour ce faire, en y pensant toujours mais sans jamais le dire.

La préparation de l’opinion publique à la réforme des retraites avait été menée avec un art consommé. Fuites dans la presse, rumeurs inquiétantes, fausses mauvaises nouvelles, depuis quelques semaines, dans le bruit de fond de la coupe du monde de football, le projet se précisait. Enfin, solennel, le ministre venait annoncer et préciser les contours de la bonne réforme, juste, celle qui ne pouvait qu’apaiser les inquiétudes les plus folles des uns et des autres, celle qui pouvait être acceptée par une opinion façonnée, préparée à encaisser des efforts plus drastiques et qui eût pu presque en être soulagée. Ce serait dur, mais moins que l’on aurait pu le craindre.

Eric Woerth n’était pas loin de passer pour raisonnable et presque sympa... Après son petit show matinal, en dépit des cris d’orfraie de l’opposition et des syndicats, nul doute que ses collaborateurs, son dircab’ ne l’avaient accueilli en vainqueur de la première manche de cette réforme.

Et puis... Et puis le téléphone a sonné, un fax est tombé ou une boîte mail du Canard enchaîné s’est retrouvée lestée d’une bien vilaine histoire. Notre homme discret, avec sa bonne tête de premier de la classe toussa, toussa... Du flan, de la daube, regardez braves gens, le chasseur d’exilés fiscaux dont la femme ne fait rien qu’à travailler pour une énorme capitaliste...

La femme de César... Ici, celle du ministre.

Madame Woerth travaillait comme experte-comptable auprès de Liliane B., première fortune de France. Et cette dernière, distraction sans doute, possède 75 millions d’euros planqués à l’étranger ! Roooh... Comme c’est vilain... L’homme qui a offert son boulot à madame Woerth... Vous allez rire, il avait été décoré de la Légion d’honneur quelques mois auparavant.

De là... le SCANDALE !!! Les médias faussement apitoyés mais bien remontés quand même, l’opposition faussement outrée, les amis rassemblés...

Mais un homme seul, probablement blessé, quoiqu’il en ait, contemple ses ambitions envolées. Ses amis le défendent... Voire, Alain Juppé vient de le soigner... Il n’est pas possible d’être trésorier de l’UMP et ministre du budget... « Merci Alain, mais évite de m’aider... » L’UMP, parlons-en, dénonce la campagne contre monsieur Woerth. C’est très gentil. Voilà des amis. Pourtant, parmi ces braves gens, nul doute qu’il y en ait quelques-uns que cela fasse sourire. De là à penser que l’un d’entre eux ait par distraction appelé l’attention des journalistes du Canard enchaîné sur le sujet...

Bien sûr, ce serait trop horrible, mais si l’on demandait son avis à Christine Boutin sur le sujet ? Je veux dire sur le sujet des balances du Canard... A défaut, cette dernière étant peut-être peu encline à causer aux médias, on peut se demander à qui profite le crime. En cherchant bien, il doit y avoir moyen de trouver des réponses à la question.

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