vendredi 25 novembre 2011, par
Drôle de temps pour le candidat primé du parti socialiste. Depuis sa désignation pour la présidentielle, François Hollande semble être en butte aux vieux démons de la gauche désunie. Après une remarquable campagne des primaires, François Hollande semblait voir déroulé devant lui un boulevard pour l’élection présidentielle de 2012.
Las, une énième crise européenne plus tard, un accord besogneux sur le nucléaire avec Europe Ecologie Les Verts (EELV) plus tard, et l’une ou l’autre déclaration tiède pour faire bon poids, ont brouillé l’image du candidat « normal » dont l’ancien secrétaire général du PS se targuait. Pendant ce temps-là… Nicolas Sarkozy semble avoir endigué sa baisse dans les sondages d’opinion et commence même à y remonter à hauteur du candidat socialiste, en termes d’intention de vote pour le premier tour, tout au moins.
Les châteaux en Espagne de la gauche française…
De Jean Luc Mélenchon qui l’a affublé du titre de « Capitaine de pédalo » au soutien minimal qu’Eva Joly lui a, à peine et visiblement à contre-cœur consenti, le candidat doit se sentir un peu seul.
Il pâtit sans doute des espoirs que faisait naître au sein des courants de la gauche française l’impopularité record de Nicolas Sarkozy, ainsi que cette longue suite de revers électoraux qui ont conduit l’UMP à perdre jusqu’à la présidence du sénat.
Il est plus que probable pourtant que la plupart des électeurs de gauche se mobilisent pour tenter de faire battre un Nicolas Sarkozy dont le quinquennat n’aura pas été des plus consensuels et des plus calmes.
Récemment encore, la succession d’affaires pas très claires qui mêlaient ses proches à des financements à tout le moins étonnants avaient achevé de faire plonger sa cote de popularité et semblaient valider la stratégie du candidat normal face à l’agité… Cette stratégie ayant au passage bénéficié des petits tracas de DSK dont la « normalité » avait volé en éclats, à plusieurs reprises, en passant d’un hôtel à un autre.
La loi des séries, ici celle des échecs socialistes à l’élection présidentielle, plaide aussi en faveur d’un succès de gauche en 2012 (oui c’est bête mais à un moment toute série finit par s’arrêter et plus elle dure plus elle se rapproche de son terme). Cette accumulation d’indices, de facteurs, nourrissent autant d’ambitions que d’espoirs dans l’ensemble des partis de gauche. 2012 en quelque sorte leur semblait promis et cette perspective de succès électoral en appelait évidemment d’autres aux législatives qui suivront la présidentielle.
Les préoccupations du personnel politique sur l’ensemble du spectre de la gauche traditionnelle et des Verts sont assez compréhensibles, il faut gagner certes, mais aussi se trouver un siège d’élu pour enfin agir. La victoire, ici son espoir, a toujours beaucoup plus d’amis que la perspective de la défaite. Et anticipant sur le meilleur moyen de monnayer leur ralliement au second tour de l’élection, les formations minoritaires se battent pour exister et faire valoir leur différence.
Oui, la victoire apportera nombre de trophées.
Mais avant cela, il faudra tout de même gagner.
Et, c’est sans doute un euphémisme de classe mondiale, l’inertie actuelle des équipes de campagne socialiste et écologiste n’est pas de nature à convaincre le corps électoral de leurs capacités à trouver des réponses à la crise actuelle.