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Il faut sauver Eric Woerth !

lundi 5 juillet 2010, par GB

Ambiance de fin de règne ? Je ne sais pas, mais ce lundi 5 juillet, l’actualité politique du gouvernement commence à ressembler à celle de l’équipe de France de foot. Donc, exit Alain Joyandet et Christian Blanc. En ce moment, il ne fait pas bon être secrétaire d’état. Les projets immobiliers ou les cigares... Il ne fallait pas choisir, enfin il fallait surtout choisir de ne pas le faire.

Au-delà des fautes (politiques voire...) des deux secrétaires d’état, leurs "démissions" qui ressemblent furieusement à un limogeage pour faute de goût et plus si affinités, il y a quelque chose d’assez hystérique dans la gestion de l’exécutif en France en ce moment. A la nuance près que ce "en ce moment" s’applique plus exactement aux trois dernières années des divers gouvernements Fillon.

Après avoir dénoncé l’immobilisme réel de ses prédécesseurs le président de la république avait promis du changement, de l’action... Enfin plein de choses. Super, on a eu droit à tout ça et bien plus. Enterrés les feuilletons US, les feux de l’amour, les drôles de dames, ou les drôles de drames je ne sais plus... La liste est longue, sans oublier les jolies histoires de la drôle de famille présidentielle, qui ne nous a pas ménagé son lot d’histoires.

Nicolas Sarkozy voulait-il faire l’histoire, je ne sais pas, je ne suis pas sûr, des histoires, ça, pour le coup, il est au-dessus de tout soupçon, il nous en aura fait et plus que sa part, merci beaucoup.

Un peu comme dans les séries télé bien ficelées, il faut aussi renouveler le casting régulièrement, changer la compo de l’équipe. pourtant au départ, ça partait tellement bien, casting de rêve, minorités représentées, ministres ouverts comme Kouchner... Alors au début, ça commence bien, madame la présidente libère des otages toute seule...

Bon, je pense que tout le monde a suivi, après forcément ça s’est un peu compliqué. Il y avait des amis de toujours, les Xavier, une belle paire pour ainsi dire, Darcos et Bertrand, des gars qui n’en voulaient. Enfin qui étaient toujours prêts à vous expliquer ce que vous ne parveniez pas à comprendre. Parce que, c’est bête, mais ça ne marchait pas comme prévu, il y avait la présidence de l’Europe, la Crise... Bref, le travailler plus pour gagner plus, l’idée de départ, c’est un peu devenu travaille qui peut, et plus longtemps c’est mieux.

Donc... Donc les élections cette sorte d’audimat de la politique... c’était pas bon... Il a fallu que le scénariste et le metteur en scène changent la distribution. Virer des acteurs, ça anime toujours un peu l’histoire. Exit Darcos, Rama Yade, Christine Boutin... Il fallait du sang neuf, des nouvelles têtes, le public vous savez...

Ca faisait un peu branquignol, mais dans le même temps, il y avait des personnages qui assuraient, des seconds rôles. Important ça les seconds rôles, ça fait souvent la différence entre un film moyen et un grand film. Il y avait Christine Lagarde que toute l’Europe nous enviait, l’indéboulonnable Borloo dans son imper à la Colombo, Valérie Pécresse et Eric Woerth.

Eric Woerth, le gars sérieux sympa, qui bosse. Le meilleur d’entre nous avec sa coupe à la Juppé, mais vraiment sympa. Alors que Juppé, deux mois et puis s’en va... C’était une erreur. Woeth c’était le bon choix, il explique super bien.

Ca changeait des caprices de stars des autres, des fumeurs de cigares aux jets privés... Ca devenait pénible... Il y avait ces trucs dans la presse à scandale, c’était emmerdant, mais ça allait, ça faisait du bien quand même. Il faut dire que la concurrence n’avait pas grand chose à proposer. A l’audimat, les européennes, les régionales, les municipales, ils marchaient pas mal, mais comme disait le président, on s’en fout des télés régionales...

Voire... Bien sûr qu’au niveau de la prod ça stressait, les spectateurs historiques commençaient à râler. Trop clinquant... Pas de problème de fond abordé... ça commençait à bien gueuler... Ce qu’il fallait, le président le sentait c’était un gros dossier, une belle histoire bien compliquée qui touche tout le public.

Bon, il suffisait de virer Darcos, visiblement il ne manquerait à personne, et de filer la grosse histoire des retraites à Eric Woerth. Il nous ferait ça bien, on collerait l’épisode bien haut dans le bilan... Ca allait le faire. Après, on virait Fillon, Eric devenait premier ministre et roule ma poule, il y avait moyen de gagner 2012...

C’était ça le plan. Ca c’était surtout avant que ne sorte l’affaire du maître d’hôtel qui enregistrait les conversations de sa patronne, Liliane B. Et là... patatras...

Eric l’intègre, le chevalier blanc des finances... Pile poil au moment où il venait d’annoncer sa réforme des retraites... Et là... Plus moyen de changer d’acteur pour cet épisode-là... C’était sévèrement pas le moment. Comme il n’était pas question de virer le bon ministre Woerth... Exit Christain Blanc et Alain Joyandet...

Bad timing les gars... Mais il faut vraiment sauver Eric Woerth...

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Vos commentaires

  • Le 6 juillet 2010 à 12:15, par Emmanuel

    Je ne pense pas que M. Joyandet ai été poussé vers la sortie mais que plutôt il en a eu marre et a tiré sa révérence, ou si la cause de son départ n’est pas une forme de lassitude, il a opté pour le meilleur moyen de ne pas embarrasser le gouvernement d’avantage. Il peut aisément d’ailleurs se passer de ses émoluments de secrétaire d’état car son statut d’homme d’affaire le met relativement à l’abri du besoin.

    Quand à Monsieur Woerth, il a une bonne tête ce qui le mettrai plutôt à l’abri d’horribles soupçons, mais j’ai toujours ressenti une sombre méfiance pour les trésoriers de partis politiques.

    J’avoue être un peu las des combines de la classe dans son ensemble.
    Après s’être octroyé à deux reprises une scandaleuse amnistie quand aux origines frauduleuses (voir à mon humble avis dans certains cas nauséabondes) du financement de leur activités, avoir finalement voté de le prélever dans les caisses de l’état, on constate encore des déviances. On nous prend pour des cons, et j’avoue par mon inaction assez bien correspondre au tableau, mais je n’ai pas la fibre post ché guévariste.
    Or en politique sortie des grandes idées, comme le disait je ne sait plus qui, il ne reste plus que la comédie et je crois que nous sommes dedans.
    Au final je ne crois plus, et si en médecine il existe le viagra pour les défaillances érectiles, en politique, point de salut si ce n’est le Talisker(*) à haute dose, ou la grève de l’information nettement plus salutaire pour la santé.

    Je n’arrive pas à me résoudre à la deuxième option à cause de ma curiosité mais tous cela est tellement navrant, quand à l’alcoolisme je le préfère festif à anesthésiant.

    Alors pour paraphraser Brennos "vae victis"

    *(ou n’importe quoi à + de 40° de toute façons c’est votre foie)

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