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La bataille de Villepin

mercredi 30 septembre 2009, par GB

Hasard des calendriers judiciaires, la (dernière) bataille de Villepin, oui j’aime assez le nom, se déroule depuis deux semaines à peine et voici que le parquet vient à requérir contre l’ex-président de la République. Au menu, la justice nous offre une curieuse proximité et non moins étonnante différence de tons.

Jacques Chirac, à son tour, a du aller se défendre devant les tribunaux de la république d’accusations de complicité de vilaines et mauvaises actions. Dans un temps que les moins de 20 ans... n’est ce pas... Maire de Paris il y aurait eu au cours de ses mandats des personnes employées par la mairie alors qu’elles travaillaient en fait pour le RPR.

Fâcheuse accusation, mais fort heureusement le seul homme politique connu qui soit tombé pour cette affaire ne sera pas Jacques Chirac. Le parquet, dans sa grande mansuétude, faisant preuve d’une belle humanité requiert un non-lieu. Alors que son destin, son honneur public se jouent dans l’affaire Clearstream, il n’aura sans doute pas échappé à Dominique de Villepin ce que cette situation peut avoir d’ironique, de cruel peut être.

Si la cour suivait les réquisitoires du parquet et absolve Jacques C des accusations portées à son endroit, et pourquoi pas, j’ai dans l’idée que le dernier de ses premiers ministres achèvera de se sentir le dindon d’une farce pas bien drôle.

Curieusement le grand Jacques est moins embêté par le petit Nicolas. Justice à boîte de vitesse, inégalité de traitement... Là n’est pas mon propos, la lutte qui a opposé Villepin et Sarkozy n’a pas du manquer d’inspirer à chacun d’entre eux les tentations les plus coupables. Mais coup de bol, pour le coup ce ne sont pas les intentions qui comptent.

En vierge effarouchée, l’actuel président de la république me laisse assez froid, ses propos rapportés par Franz Olivier Giesbert (in La tragédie du Président, 2007) promettant de pendre à un croc de boucher celui qui..., ne m’inspirent pas garnd chose de flatteur. Ces ambitions de tchékiste, de Kgbiste ou de gestapiste, même verbales m’emmerdent, c’est faire peu de cas des victimes que de revendiquer des droits de criminel de guerre pour se faire justice.

Dans le même ouvrage, des propos pas plus malins sortent également de la bouche de Mr de Villepin que l’on a connu plus inspiré. Une histoire selon laquelle la France voudrait être prise à la hussarde... Pour la France, je ne suis pas convaincu, pour ma part je vais passer mon tour. En revanche, pour ce qui est de suivre la chronique judiciaire, j’avoue que je vais avoir du mal à m’en détourner. Je suis curieux de voir si le président parviendra à ses fins.

Dans son esprit le doute ne prend pas trop de place, il a su traiter les prévenus de "coupables", ses attentes sont donc des plus claires. Une fois de plus pourquoi pas ? Victime qui ne voudrait se voir rendu justice ? Il y a dans l’entourage de notre petit grand homme pourtant des propos insupportables, de ces commentateurs, pittbulls façon Lefebvre, propos de la veine de "on lui fera demander pardon quand il aura été condamné et on verra s’il le demande gentiment".

Et n’ayant que peu de sympathies pour les parties en présence, j’espère que la batailles sera rude. Que son issue n’en sera pas faussée. Et que si Dominique de Villepin devait perdre il sache alors ne pas s’excuser et ne rien demander. Dans le cas contraire, si il devait bénéficier d’un non-lieu, il reprendrait sans doute de sa superbe pour tenter un retour au sein de l’UMP et ça ne manquerait sans doute pas de sel, y compris dans la perspective de 2012...


Vos commentaires

  • Le 9 octobre 2009 à 18:25, par Jean-Yves

    Très bon article. Cependant, j’habite en champagne et tout cela nous semble très parisien...

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