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La Princesse et la Grenouille

Et le Prince se transforma… en crapaud.

lundi 1er février 2010, par Gayo

Tous les contes commencent par « Il étaient une fois… » et se terminent par « Ils vécurent heureux » souvent suivi de son comparse « et eurent beaucoup d’enfants ». Sérieusement, depuis quand le fait d’avoir « beaucoup d’enfants », s’il est certainement source d’une grande joie, n’est pas avant tout synonyme de contraintes, de sacrifices et de difficultés de nos jours ? Il faudrait que j’en touche un mot à un de mes amis qui a fait six enfants à sa femme en huit ans et qui se retrouve tout seul pour les élever car elle vient de prendre la poudre d’escampette… J’imagine qu’il doit avoir un avis sur la question.

Cela faisait longtemps que je voulais écrire une conte qui porterait ce titre : « Et le Prince se transforma en crapaud ». Sorte d’avertissement à toutes les petites filles trop sentimentales qui, comme moi, ont été nourries dès leur plus jeune âge à la sauce Disney des contes de fées. On oubli trop souvent que les contes de fées, à l’origine, étaient des fables détournées destinées aux adultes, avec un second degré des plus amusant à lire. Je vous conseille d’ailleurs à ce propos l’ouvrage de Bruno Bettelheim « La psychanalyse des Contes de Fées » qui porte un regard différent sur ces charmantes histoires : vous ne lirez plus Cendrillon d’un même œil par la suite.

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Quoiqu’il en soit, Disney, en remaniant les différents contes populaires dont il s’est fortement inspiré, a réussi à y instiller une tradition du “Happy end” et un modèle de “réussite de vie”. Et nous, gentilles oies blanches de s’être gavées de ces billevesées, parce que c’était plaisant à croire les « un jour mon Prince viendra » et « les rêves qui sommeillent en nos cœurs, au creux de nos vies… », tout ça, tout ça, on a avalé l’appât et l’hameçon avec ! Là, la vie vous rattrape et vous explique, pas toujours gentiment d’ailleurs, que ça ne se passe pas exactement comme ça. Vous jurez vos grands dieux, comme le corbeau de la fable, que l’on ne vous y reprendra plus et, patatras, vous vous faites avoir de nouveau avec un truc encore plus gros (rires gras s’abstenir…). Ben ouais, une conne sentimentale ça reste une conne sentimentale ! Elle persiste même et signe car rien ne la met plus en joie que le visionnage d’un nouveau film d’animation du genre.

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Or donc, un de ces films provenant des studios du maître vient de sortir sur nos écrans, et j’avoue que depuis Mulan (1998), (et si j’omets, dans un autre genre, Lilo et Stitch en 2002), ils n’avaient rien fait d’aussi bon. Ils se paient même le luxe de se moquer ouvertement des gamines dont ils ont farcis la cervelle depuis leur plus tendre enfance. C’est d’ailleurs poussée par ces histoires que l’héroïne, Tiana, se force à embrasser un prince transformé en grenouille. Ce dernier lui promettant, qu’une fois redevenu ce qu’il était, il lui permettrait de réaliser son souhait le plus cher : ouvrir le restaurant des rêves de son défunt père. En s’exécutant, avec plus de déplaisir qu’il n’en faut pour le dire, Tiana se retrouve alors elle-même changée en grenouille… Et pour une fois, métaphoriquement parlant, on n’est pas trop éloigné de la réalité… Surtout que le prince dans son genre qui est plutôt beau gosse (du genre qui le sait) est un être égoïste et velléitaire.

Ready to dance

La bande originale du film empreinte de jazz, (vous me direz c’est normal, on est à la Nouvelle Orléans), que n’aurait pas renié le vieux Walt lui qui en était si féru, est un véritable bijou. Et les personnages secondaires, notamment Louis, un alligator trompettiste, et Ray, une luciole romantique apportent une touche de bonne humeur et de caractère au film.

Ma favorite

A noter qu’après Belle, la première intellectuelle au cheveux châtains, les studios Disney réparent avec Tiana une autre injustice, puisque cette dernière est la première Disney Princess afro-américaine… Plus un coup marketing qu’une véritable info puisqu’elle est verte pratiquement pendant tout le film…

La fin est malheureusement « trop Disney » à mon goût alors que tout le propos avait justement tenté de s’en affranchir, et c’est dommage, mais je ne leur en voudrais pas trop car les studios ont eu la bonne idée de renouer avec la tradition des films à deux dimensions et celle des chansons chantées par les personnages, et pour un redémarrage c’est encourageant !

Et de là à espérer que certaines firmes reviennent à leur cœur de métier, que, sans oublier qu’il faut bouffer bien sûr, elle redeviennent créative et novatrice dans ce qui avait fait leur notoriété, et que pourquoi pas, certains baisers soient magiques... Après tout... On peut toujours rêver !

« Pour ceux qui se plongent dans ce que le conte de fées a à communiquer, il devient un lac paisible qui semble d’abord refléter notre image ; mais derrière cette image, nous découvrons bientôt le tumulte intérieur de notre esprit, sa profondeur et la manière de nous mettre en paix avec lui et le monde extérieur. » Bruno Bettelheim.


Vos commentaires

  • Le 4 février à 16:19, par Anne-So

    Encore un abominable homme des neiges, alors !! Tant pis, j’irai qd même voir le crapaud à défaut de l’avoir !

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