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LA TRAVERSEE DE PARIS

vendredi 23 octobre 2009, par AGK

"Janvier...... deux mille francs", "salauds d’pauvres" évidemment ça vous rappelle quelque chose, pas moins que Gabin, Bourvil, de Funès…pour servir ce grand classique de la comédie dramatique.

Et oui, c’est souvent drôle, cette épopée aux dialogues truculents, aux personnages haut en couleur, parfaitement mis en chair par leurs interprètes, peut-être un peu exagérés, mais faut comprendre, pour laisser une chance d’être regardé à un film sur l’occupation et le marché noir, même en 1956, il faut savoir ne pas trop accentuer le côté sérieusement moche de la période, mettre les rieurs de son côté, dédramatiser, soyons désinvoltes. Donc un très bon film, considéré par beaucoup comme le meilleur de Claude Autant-Lara.

Mais qui a pris le temps de lire, ou sait seulement qu’elle existe, la nouvelle dont est tirée le film ? Parce que Marcel Aymé, on le connait pour les incontournables contes du chat perché de notre tendre enfance, la vouivre pour les francs-comtois, et quelques (nombreux) autres écrits, mais le chemin des écoliers, j’étais pour ma part passé à côté… et c’est alors,

Et c’est alors que je tombe sur une affiche des Bouffes Parisiennes avec dessus Monsieur Francis Huster, le même qui il y a quelques années avait interprété à lui tout seul la peste de Camus (long, très mais très très fort), qui remet ça avec la traversée de Paris. Une certaine continuité dans la couleur gris rat, le snobisme d’assister,aussi, à ce second exercice périlleux d’être plusieurs à soi tout seul sur scène, « alors, meilleur, ou moins bon » c’est qu’il faut meubler culturé dans mes dîners, j’embarque ma garde rapprochée de bourges du XVI, ouais, pour eux ça fait loin, surtout que ça commence officiellement à 19 heures, mais que rater l’élocution préalable, c’aurait été très dommage, donc plutôt 18,30.

Et donc, c’était comment ?

Bien, très très bien. Puisqu’il faut bien critiquer son quota, je vais expédier ça vite : il faut pas être dans le carré or, bien devant, parce que de temps en temps, Monsieur Huster s’emballe et gueule trop fort. Et puis aussi on reconnait parfois un peu de gabinade, mais pas tant que ça, et puis ça aide, à repérer qui qui parle déjà, sous ce profil.

Mais vraiment, très bon, outre la performance d’acteur que la salle a abondamment saluée, il y a finalement assez peu de pitreries, les personnages ne sont pas que virulents, et le texte, puisque c’est bien là lui la vedette, est admirablement servit par Francis Huster, y compris lorsqu’il chausse la casquette de narrateur, ou l’on se souvient que Marcel Aymé, c’est très loin d’être qu’un dialoguiste.

Et ça finit pas comme dans le film.

Bref, j’en parlerai jamais aussi bien que le ténor qui s’en charge, jusqu’au 2 janvier, aux bouffes parisiennes.

P.-S.

et pis, à la sortie, on croise les spectateurs du deuxième service : eux, ils vont rigoler devant Anne Roumanoff. différent. mais si ça vous chante aussi, vous pouvez cumuler, deux sorties en une, faut bien rentabiliser la baby sitter.


Vos commentaires

  • Le 23 octobre 2009 à 17:45, par AGK

    je crois bien quand même que c’est Jambier...

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