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La triste mésaventure de Catherine Breillat

J’ai une dilection très modérée pour Catherine Breillat qui, il fut un temps, était une des papesses du porno "chic" ou érotisé par des alibis culturels foireux. En 1999, elle réalise Romance, qui nous explique que de frustration en amant, une jeune femme finit dans une relation sado-maso avec un homme plus âgé qu’elle… Bref, super… La chose, je veux dire le film, a eu sa petite célébrité médiatique.

Pour une raison hyperclasse, la réalisatrice précisait que les actes sexuels n’y étaient pas simulés et elle avait pris soin de donner un rôle à Rocco Sifredi (sorte de monsieur gros kiki de l’industrie porno). Ca sentait la révolution, la provoc’ incroyable, bref de l’esbaudissement à grande échelle (médiatique restons raisonnables) pour ce qui peu ou prou ressemblait tout de même beaucoup à un gros tas de caca.

De là à dire que je ne porte pas à l’oeuvre de Catherine Breillat toute l’attention qu’elle mérite, il yen un pas que vous pouvez franchir sans crainte, le plus souvent quand elle réalise ses films elle même, j’oscille entre le désintérêt le plus total et un léger dégoût.

Parce que je serais tout de même un peu chien de passer sous silence ses collaborations avec Maurice Pialat (scénario du film "Police"), Fellini et quelques autres… Donc Catherine Breillat n’est pas obligée de nous infliger ses tristes variations autours de galipettes dont on comprend bien ce qu’elles ont d’insatisfaisantes puisque même la surenchère ne parvient pas en la matière à l’égayer.

En 2005, la malheureuse, c’est une histoire triste, est victime d’une attaque cérébrale et se retrouve pas mal hémiplégique… Conservant tout de même la plupart de ses facultés, elle parvient à poursuivre bon gré, mal gré, sa carrière.

Et, là, l’idée conne…. Le début des emmerdements façon big time, elle se propose de faire tourner Cristophe Rocancourt dans son prochain film. Elle aime son genre voyou, le jeune homme est en effet un arnaqueur et un imposteur qui a eu les faveurs de la presse et droit pour l’ensemble de son oeuvre à un joli séjour en prison. Mais Catherine se dit qu’elle aime bien sa gueule et toutes ces sortes de choses, qu’elle elle ne se fera pas vair parce que pas si conne…

Ce brave garçon alors fait ce qu’il a toujours fait, il l’arnaque… Non sans lui permettre de vivre des sortes d’épisodes très "intéressants" de ménage à trois, n’en jetez plus, merci beaucoup, ça va aller comme ça… Bref, le gars lui taxe 800 000 euros, la voilà dans une merde rare et hop, quatrième de couverture, portrait dans Libé de ce jour… Je ne vais pas en faire une affaire de morale, j’espère que Christophe Rocancourt retournera travailler sa technique de ramassage des savonnettes dans les douches de Fleury-Mérogis sans se baisser.

Pris au pied de la lettre, les créations de madame Breillat ne me semblent pas dessiner le plus court chemin vers une vie heureuse. C’est une chose que je soupçonnais bien un peu, et quand j’écrivais que son histoire était triste, celle-ci en tout cas, je le pense vraiment. Il est assez frappant de constater que la fiction et la réalité ici se fondent…

lundi 18 janvier 2010, par GB

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