« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » - Gandhi
lundi 10 octobre 2011, par
Si je devais, aujourd’hui, vous donner une définition exhaustive, rapide et à la portée de tout un chacun du mot « populisme », je vous dirais en deux mots : Arnaud Montebourg. Mais pourquoi tant de haine envers ce garçon qui a tout du physique du gendre idéal ? Hein, pourquoi ?
Aucune haine. Juste un peu, d’historique et non d’histoire : en 52 avant S.J. (Steve Jobs) [1], est apparu l’un des ancêtres du réseau social qui allait être, sans que je le sache, mon plus utile outil de travail et une mine d’informations précieuses. J’ai nommé le Bottin Mondain.
Cet annuaire qui, à l’origine, indiquait l’adresse des Parisiens ainsi que leurs divers lieux de villégiatures, mentionnait également la possession ou non d’une voiture, du téléphone et les jours où Madame recevait. Anecdote amusante sur les origines de « La Loi et les Prophètes », comme l’appelait mon père, mais revenons-en au petit Arnaud.
Or donc, ce jeune Clamecyçois d’origine modeste, mais ça arrive à des gens très bien aussi, a eu le bon ton d’épouser en 1997, Hortense de Labriffe, petite-fille des propriétaires du château de Gambais, de l’académicien Jacques de Lacretelle et sœur de Jean de Labriffe transfuge de Lazard devenu à cette époque tout frais associé-gérant de Rothschild. Vous me direz, on n’épouse pas sa belle-famille. En toute honnêteté, je vous répondrais que si, toujours un peu, et en politique, certainement !
Dès cette époque, où les politiques se sont rendus compte que les ébats de Loana avec Jean-Edouard dans la piscine faisaient plus recette que le débat poussiéreux retransmis avant l’émission culte « Très chasse très pêche » qui elle-même comptait plus de spectateurs, notre ami Arnaud a été l’un des premiers, si ce n’est le premier, à faire concurrence à la starlette en mal d’exposition médiatique, en affichant sa petite gueule d’amour dans toutes les émissions people en vogue du moment.
Je ne ferai pas ici débat de sa pitoyable gestion de sa vie privée, parce que ce serait se mettre à son niveau et que cela ne m’intéresse pas.
Que Balzac, s’il avait été des nôtres, l’eût pris comme modèle à la place d’Eugène de Rastignac dans sa Comédie Humaine, ne fait aucun doute et ce n’est pas non plus le propos. Ni son outrecuidance à citer Gandhi en préambule de son blog. Non.
Ce serait plutôt ce discours dangereux et navrant, bien loin de sa réalité et au service de son ambition, qui m’inquiète. Et ce faisant, il devient l’acteur principal d’un petit essai intitulé Le crépuscule des petits dieux sorti en décembre 2005 écrit par qui ? Mais non, par Alain Minc ! Dont je vous livre la conclusion et que je laisse à votre réflexion, bien que je pense, pour ma part, que le charme ne fasse pas tout :
« Avec le crépuscule des petits dieux, une authentique révolution se déroule sous nos yeux. La disparition des élites de pouvoir n’est pas un phénomène anodin. Elle conditionne l’évolution de la société bien davantage qu’une alternance politique ou une mutation technologique. Faut-il s’en réjouir au nom du rêve de la société sans classe, et donc, entre autres, sans classe dominante ? Devons-nous nous en inquiéter par crainte de vivre dans un navire privé de sa quille sociale et donc sans stabilisateur ? La notoriété est-elle durablement plus démocratique que l’élitisme républicain ? L’émergence d’individus singuliers, corsaires de haute lignée passés par le filtre de la modernité, suscitant l’admiration et la jalousie, suffit-elle à fonder un ordre social ? Existe-t-il encore un intérêt collectif quand nul ne s’en estime responsable ? Une société plus autorégulée que dirigée, plus spontanée que hiérarchisée, plus incontrôlable que structurée, fonctionne-t-elle mieux ? Marcel Gauchet avait aperçu le Désenchantement du monde dans l’effacement du religieux ; la disparition des élites rime-t-elle avec un inattendu « réenchantement » du même monde ?
Ce sont ces interrogations abyssales qui appellent une réaction à la Woody Allen : « La réponse est oui, mais rappelez-moi la question. » Se réfugier dans la nostalgie de l’ordre ancien est absurde. Céder au culte naïf d’une société toujours en progrès est illusoire. Extrapoler quelques indices d’une grande démocratisation est naïf.
Nous plongeons dans l’inconnu. Avec optimisme ou pessimisme ? Alternative superflue penserons d’aucuns : la réalité commande ; les états d’âme n’importe guère. Je ne partage pas ce fatalisme : une révolution vécue avec bonheur ne se déroule pas comme si elle avait l’angoisse pour toile de fond. Au jeu sans fin des paris pascaliens je mise, pour ma part, sur l’optimisme : cette société sans élite traditionnelle, donc sans nous, ne devrait pas manquer de charme. »
[1] Soit pour ceux que ça intéresse, 1903.