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Nicolas Sarkozy y était

lundi 16 novembre 2009, par GB

J’aimerai bien pouvoir faire une pause, tailler un petit costard sur mesure à quelqu’un d’autre. Si, si, j’aimerai bien persifler la dernière bourde de Ségolène Royal, mais que voulez-vous, little big man squatte l’actu. Et comme je voudrais bien qu’il nous laisse un peu tranquilles... Y a pas deux moyens pour y arriver, faudrait qu’il vire ses conseillers en communication.

Ah, quel bel homme, maniant le burin avec l’exquise délicatesse d’une danseuse classique, notre grand président n’a pu s’empêcher d’aller lui même casser le mur de Berlin. Si vous attendez ici à une critique… Je ne voudrais pas vous décevoir… Mais cette fois-ci, la critique est ailleurs, enfin… sera ailleurs.

Bon, évacuons rapidement la question de savoir si Nicolas S. était oui ou non à Berlin dans la soirée du 9 novembre 1989… La réponse est non bien évidemment, mais surtout, elle n’a aucun intérêt.

Sans vouloir faire une peine affreuse aux photographes du dimanche, aux touristes qui se collent devant un monument et qui publient cette niaiserie dans un album sur Facebook, la photo souvenir ce n’est pas mon truc… J’ai déjà écrit mon lot d’âneries sur la chute du mur. Une petite chose, au moins, manquait a mon propos sur le sujet (et non ne me parlez pas d’objectivité, vous le savez ce n’est pas mon truc non plus).

Oui j’aurais pu évoquer les raisons de la chute, ses causes plus que l’événement en lui même. Résistance des esprits à la dictature du prolétariat, besoin de spiritualité, faiblesses économiques congénitales du communisme et enfin ne les oublions pas, concurrence déloyale des vilains capitalistes entrainés par Reagan et d’un certain ami du bon Dieu, Jean-Paul II.

J’aurais du, bon, ce n’est pas bien grave biscotte que voilà c’est fait… De fait, l’analyse de la cause de la chute des républiques populaires communistes n’est pas mon sujet. Non plus. C’est intéressant, mais là juste maintenant, je m’en fous. Enfin pas tant que ça… Parce qu’en France, on ne l’avait pas franchement vu venir ce coup-là et que les allemands en nombre ça nous met un peu mal à l’aise.

Les hommes d’état qui ont contribué à déstabiliser les pays du bloc de Varsovie, m’intéressent, eux au plus haut point, ce soir. En effet, leur action politique, leur vision a changé le monde et son histoire. Et si forte que soit l’image de la chute du mur, c’est un épilogue de l’histoire allemande et européenne. Européenne, donc ça nous cause quand même un petit peu à nous Français, mais si il y a bien un truc dont nous sommes convaincus, nous n’y sommes pour rien.

Donc quand Nicolas Sarkozy s’est rendu à Berlin et on se fout bien de savoir quand c’était, qu’a-t-il fait ? Il a pris un petit marteau, un burin et il est allé délicatement picorer le béton du mur… Délicatement, j’insiste, car on ne le sent pas « bien à son aise » dans ce rôle d’ouvrier de la liberté.

Nicolas l’ouvrier de la liberté ?

ON le prend en photo… ON étant ce que nous en savons… Oui, on est un con, parce que cette photo démontre qu’il y a vingt ans déjà, Nicolas Sarkozy, faute de mieux, essayait d’associer son image à quelque chose de grand, qui lui était totalement étranger. Et la faute, la bêtise qui m’irritent sont là, la politique et la bonne idée consistaient à ne pas s’approcher du mur.

Et dire… j’y étais, je faisais partie de la foule, j’ai fait comme tout le monde… Non, vraiment non, il ne fallait en aucun cas le faire, le dire. Nous n’attendons pas de nos hommes d’état qu’ils soient conformistes, non. Et je n’exclus pas que cette photo soit arrivée de bonne foi sur Facebook, que Nicolas Sarkozy ait été ou non à Berlin le jour dit… Aucune importance, ce qui me gène c’est qu’il y a vingt ans de cela, le futur président soit allé faire du tourisme, se soit laissé aller à faire le guignol en esbignant médiocrement le mur.

Pensait-il à autre chose qu’à faire une opération de communication ? Croyait-il « faire l’histoire » ? Ces deux hypothèses et toutes celles, bien plus étonnantes encore, qui me passent par l’esprit à ce sujet ne sont pas bien flatteuses. Et j’en suis navré… Ce qui m’ennuie un peu plus encore, c’est bel et bien que vingt ans après, ayant accédé à la Présidence de la République, le chef de l’état ne se soit pas défait de son mauvais goût pour la Com’.

Un atome de modestie et de goût, de discrétion voire d’éducation lui eussent épargné d’être la risée des internautes et des média, à défaut, un conseiller courageux n’aurait pas manqué d’éviter cette farce.

Et ce qui est emmerdant, bien évidemment quand le chef est ridicule, est que collectivement, nous passons tous un peu pour des cons…

Ben vui, il était facile de se foutre de la gueule des Américains sous les présidences de Bush, mais Sarko… c’est notre George Bush à nous….


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