lundi 9 mars 2009, par
Nicolas Sarkozy (que je n’aime pas beaucoup) et François Fillon (que j’aime plutôt bien) ont décidé d’employer l’article 49.1 pour présenter à l’assemblée nationale la question du retour de la France dans le Commandement militaire intégré de l’OTAN. Mais quand on emploie ce genre de procédé...
Retour sur le 49.1... l’article 49.1 de la constitution de 1958 est le moyen que le gouvernement d’engager sa responsabilité en s’exposant à un vote de censure. Généralement, après un remaniement ministériel, un nouveau premier ministre se présentait devant les députés pour faire une déclaration de politique générale et posait cette fameuse question de "confiance". On faisait comme ça dans le temps, c’était comme une tradition démocratique, le premier ministre pouvait prendre ses responsabilités et obtenir le soutien des députés à sa politique...
La question qui sera posée au députés sera donc multiple, parce qu’en engageant la responsabilité du gouvernement, François Fillon évacue la question du retour dans l’OTAN an la noyant dans un joli chantage :"Dites oui à l’OTAN sinon vous serez responsable d’une crise de plus..."
Merci du cadeau. Je sais bien qu’il s’agit d’une question de défense, mais mettre les députés UMP au garde à vous pour leur rappeler leur service militaire... C’est un peu... humiliant, non ? Je vous épargne le couplet sur les gaullistes à qui on demande de flinguer l’héritage du général qui n’a rien fait qu’à quitter l’OTAN. Ca doit piquer quand même...
Au fait, pourquoi rentrer dans le rang ?
Partager des responsabilités de direction de l’organisation, c’est ça ? Curieusement, les engagements de l’OTAN ne déchaînent pas mon enthousiasme, l’Afghanistan, le Kosovo ne me semblent pas être ou avoir été des succès de la défense Européenne ou avoir apporté franchement plus de paix dans le monde.

Si le Royaume-Uni est le 51° état des USA, le Kosovo est-il le 52° ?
Dans le cas de la crise Géorgienne, un peu d’introspection personnelle ferait se poser des questions aux dirigeants de l’organisation s’ils s’en donnaient la peine. Promettre son soutien à la Géorgie et la laisser provoquer la Russie... Pas une très bonne idée, non ? Un comportement révélateur du caractère impérial et messianique de l’OTAN. Ca a commencé avec un programme, le "partenarait pour la paix", qui visait à l’élargissement de l’OTAN en détachant de la sphère d’influence russe les pauvres pays d’Europe de l’est... Joli comme tout cette approche de Bisounours de la géopolitique.
Supposons un instant que la Russie propose au Mexique ou au Canada de se joindre à une alliance militaire autrefois destinée à combattre les USA.... En mettant en place des missiles, tout ça... Je ne suis pas sur que même le gentil Barack Obama adorerait ça.
En fait au coeur du retour dans l’OTAN, se pose la question de la défense Européenne. De son organisation... Parce qu’en l’absence de structures réelles, l’UE et l’OTAN se sont accordées sur le fait que les troupes de chaque pays prévues pour participer aux opérations de l’OTAN pouvaient, pourraient être engagées dans des missions de l’UE. De fait, la défense européenne repose sur une organisation transatlantique, dirigée par les USA. On peut rêver plus européen.
Kaboul, maintenant...
Mais nos partenaires Britanniques ou Allemands préfèrent aujourd’hui conserver leur part de contrôle au sein de l’OTAN que de construire une autre défense. Pour l’OTAN, la question de sa réorganisation en partenariat avec l’UE et de ses nouvelles missions permettait d’évacuer la question de sa légitimité.
Les projets d’expansion à l’Est de l’OTAN portent plus de menaces que de promesses de paix, car la géopolitique US et ce type de projets se confondent. je comprends bien la légitimité des USA à avoir une politique d’expansion de leur influence. Mais dans le même temps, la géopolitique est aussi affaire d’équilibre. Et généralement perdre le sens de l’équilibre, n’est pas une bonne idée.
Curieusement depuis Lionel Jospin en 2001-2002, l’idée que la France n’est qu’une puissance moyenne semble être entrée dans tous les esprits. Drôle d’héritage. Rentrer dans le commandement intégré, accéder à des responsabilités dont on ne peut pas exclure qu’elles ne représentent pas grand chose aura un prix. Le partage de la responsabilité morale des engagements de l’OTAN... Et ça, ça ressemble nettement à une perte d’indépendance.
Vos commentaires
Bien pris tous tes arguments sur ce que veut dire l’OTAN aujourd’hui.... tout ca... OK.
Cependant, la France fait partie de l’OTAN et fournit des troupes sans en avoir reellement le controle, puisqu’on ne fait plus partie du commandement integre, c’est un peu antinomique, non ?
Soit on se barre rellement de cette aliance qui n’a plus de raison d’etre, a mon sens ; soit on reste et on accepte de tenir un rang au moins superieur ou egal a celui du Luxembourg dans la tete pensante du bordel.
De toute facon, pour les US, c’est la mission qui fait l’alliance et non l’inverse.... on a beau promettre tout pleins de choses en temps de paix, tout est reexamine au moment de s’engager au combat.
Et ben on se casse du bordel et on dit qu’on va faire autre chose, voilà, voilà...
J’en parlerais bien au Harry’s devant un godet, mais pas ces jours-ci. J’ai du boulot, je sauve le monde.....
On ferait peut-etre bien de se casser aussi des casques bleus, par la meme occasion.
Se casser des casques bleus, tout est question de résolution onusienne mais cela peut être moralement acceptable notamment quand on fait le touriste ce qui fut mon cas en croatie, bosnie et voivodine parce qu’on donne le droit de rien. Ah si prendre parfois des risques à comptabiliser la misère.
Voir le film Warriors dont il est fait critique sur le site.
Le touriste, je sais pas..... le mange merde surement.