ou tempête dans un verre d’eau ...
mercredi 25 mars 2009, par
Avec un minimum de sens critique, les débats autour du retour de la France dans l’OTAN ne peut que faire ricaner. C’est le grand bal des Tartuffes de l’indépendance nationale et des agents stipendiés du gaullisme atlantique. Mine de rien, notre président bien aimé, que Dieu le garde, a quand même raison de dire que la France faisait déjà partie de l’OTAN.
Et avec lui, il faut le dire, paradoxalement ce retour qui ne change rien devrait tourner à l’avantage de la France. C’est vrai qu’il a fait du Droit et des Sciences politiques, et qu’il n’a peut-être pas séché l’amphi sur l’OTAN [1].
Alors en regardant les textes, il faut le reconnaître, les engagements politiques de la France ne changent pas avec ce faux retour. Barack Obama, mille fois béni soit son nom, n’aura pas plus de pouvoir pour envoyer au feu un chasseur français avant ou après le 1er avril (belle date symbolique !). Par contre, il semble que les polémistes acharnés du mois, soient plutôt restés cois à l’époque où l’OTAN et donc la France étendait son bouclier bienveillant aux Pays Baltes, Roumanie, Pologne et autres amis de la Russie éternelle, bref à tous les cocus de la Petite entente (la grande alliance anti-allemande autour de la France après 1920) qui finiront pas s’apercevoir qu’ils sont les niqués de l’OTAN. Mais sur cette question, pas un bruit, à peine quelques murmures pour nous dire que ni la France ni l’Allemagne ne sont très chaudes pour aller mourir pour Kiev ou Tbilisi (Il est vrai que quand on a eu l’expérience de l’hiver russe et du soldat russe, la circonspection s’impose.).
Si on fait un petit bilan prospectif de la fameuse OTAN, le paradoxe s’impose, la France peut être égoïste à partir du 1er avril. En 17 ans d’appartenance intégrale à l’OTAN, nous avons réussi à conduire deux guerres coloniales pour nos intérêts particuliers, à essayer un ultime coup de la canonière avec nos ennemis anglais qui ont réussi avec un rare talent à faire manquer le coup. Certes depuis 1945, les US s’étaient arrogés le privilège du renversement des rois nègres, mais donner un coup de fouet à Nasser était si tentant. En plus nous avons même réussi à fabriquer la bombe A et la bombe H. Alors que depuis 1966, à part quelques opérations de police en Afrique et autres exercices de punching ball sous l’égide de l’ONU, nous sommes toujours intervenus dans un cadre plus ou moins OTAN : libération de la démocratie kowétienne, pacification en Bosnie, bombardements humanitaire au Kosovo et en Serbie en application de la doctrine Molotov [2]. Finalement l’appartenance à l’OTAN est bien le signe paradoxal de notre indépendance nationale, comme il est vrai que quand on est protégé par un balaise dans la cour de récréation, on se croit en droit de faire n’importe quoi. A croire que Villepin avait 6 ans d’avance sur le calendrier quand il a refusé de libérer l’Irak.
Le seul truc dommage dans cet aller et retour outre la participation malencontreuse à quelques mauvaises actions est bien qu’on ait chassé quelques milliers de touristes à haut pouvoir d’achat de Paris à Bruxelles en 1966. Alors vive l’indépendance de la France grâce à l’OTAN et approuvons notre illustrissime président, ce Machiavel improbable à qui Dame Fortune fait parfois prendre des décisions à l’emporte pièce pas si bêtes.
[1] pas comme d’autres que je ne nommerai pas.
[2] premier homme politique à avoir conceptualiser l’alimentation des populations civiles à l’aide d’explosifs.