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Procès DSK... le teaser, épisode 3

mardi 7 juin 2011, par GB

Not guilty...

En deux mots, le procès de DSK aura bien lieu. Il a suffi de ces deux mots pour confirmer la poursuite des procédures judiciaires américaines et du meilleur feuilleton possible pour la presse française. Pour mémoire, lorsque l’hebdomadaire Le Point a titré sur cette affaire, il a augmenté son tirage de 110 000 exemplaires. En dépit d’airs contrits de circonstance, on doute que les directeurs de nos magazines politiques et people aient pu entendre meilleure nouvelle depuis longtemps...

Après l’annonce de l’affaire, il y a près de trois semaines, la présentation devant le procureur, l’incarcération, la présentation devant le grand jury, la liberté sous caution, la procédure se poursuit... Prochain rendez-vous d’ici 45 jours, au cours desquels la défense examinera le dossier que lui aura remis l’accusation.

Ça va être énorme... D’un point de vue médiatique... Pour le reste...

Pour le reste, le Parti socialiste va être empoisonné de demandes de commentaires sur le sujet, les strauss-kahniens vont devoir s’entendre, ça devrait être aussi cordial que la succession de Charlemagne, cette affaire. Et pour tous les amateurs de thrillers judiciaires, tous les lecteurs de Connelly ou Grisham, ce sera plus fort que la fiction dont ils sont friands.

Tous les ingrédients d’un super feuilleton judiciaire sont là, un casting de rêve, manichéen à souhait, une bonne histoire de gentille pauvre et de méchant riche... En fait ça sent la super production, les droits pour les livres, l’adaptation au cinéma... Ça doit déjà être le feu dans toutes les bonnes et mauvaises maisons d’édition.

Si l’affaire vous agace, dommage, nous sommes partis pour plusieurs mois, voire une petite année de DSK au tribunal. Pour autant que l’affaire se poursuive jusqu’à son terme, procès et jugement, ce serait un peu un banquet, tout le monde veut la totale, fromage et dessert, café et pousse café. Ou plus vilainement posé, le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière... Ah, ça, c’est pas beau...

Engagé par ces deux mots, « not guilty », DSK ne peut pas franchement se dérober. Cette stratégie le conduit à devoir réfuter les thèses de l’accusation, à décrédibiliser son accusatrice etc... Dans le rôle du méchant, c’est parfait parce qu’il n’y a pas de jolie manière de se défendre... ll va falloir mettre le paquet, au mieux selon la défense, la femme de chambre passera pour une salope qui essaye de se faire payer après avoir cédé aux avances de DSK...

Pour l’accusation, la situation est à peine plus nuancée. Il s’agit de convaincre 12 personnes que DSK est un salaud intégral, et le prouver sans laisser place au doute dans l’esprit, fût-ce même d’un seul des jurés. En clair, il va falloir balancer du lourd et bien charger l’accusé. Le procureur aux États-Unis est élu... C’est un poste qui ouvre souvent les portes d’une belle carrière politique.

L’importance de cette affaire engage le destin de tous les acteurs qui y prennent part. Les enjeux, professionnels, financiers, pour les avocats de DSK ne sont pas moins importants. Et ces énergies contraires, ces ambitions opposées ne peuvent pas trouver de compromis, il leur faut s’affronter dans une cour de justice. C’est une guerre sans merci qui aura bien lieu. Nulle partie ne peut s’estimer satisfaite sans la défaite totale de l’autre.

En l’occurrence, ma sympathie, je le confesse, va à Nafissatou Diallo. Je ne crois pas aux thèses de la défense, parce que tout simplement, ce n’est pas un principe mais une bête vérité, une jeune femme ne couche pas avec un type qui a trente ans de plus qu’elle si elle n’en a pas envie. Et sans faire offense à l’accusé, je n’imagine pas que la vision de DSK sortant de sa douche en tenue d’Adam soit irrésistible au point qu’une mère célibataire se jette à son cou en lui demandant de lui faire sauvagement, ou pas, l’amour. C’est à mon sens de la très mauvaise fiction, généralement quand on en fait des films, ils sont interdits aux mineurs...


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