Accueil du site > Actus

Vérités et utopies

"L’hypocrisie est l’hommage que rend le vice à la vertu" Vauvenargues

dimanche 8 février 2009, par GB

Drôle de période et d’époque... Je vais essayer de ne pas faire de morale, pas au sens de cette morale définie comme l’ensemble des règles d’action et des valeurs qui fonctionnent comme norme dans une société. Sans doute peut-on y voir le code qui évite que nous nous étripions les uns, les autres. Je n’ai pas de vrai problème avec la morale, peut être avec nos nouveaux moralistes.

Rien de neuf sous le soleil, mais une actualité chargée.

Une petite exploration du web démontre à l’envie, combien la morale semble inspirer la communication d’un paquet de braves gens avec qui je partirai pas en vacances.

L’affaire Kouchner/Péan en est un exemple frappant, tout son enjeu semble être de savoir qui aura cette fameuse morale pour lui. D’un coté nous avons, le héros des médias depuis une quarantaine d’années, le fondateur de Médecins sans frontières, l’homme qui a quasiment inventé le droit d’intervention humanitaire et de l’autre un journaliste enquêteur, parrain de SOS racisme qui traque l’hypocrisie. Et il y a quelque chose de profondément triste dans le combat qui les oppose l’un à l’autre, ils semblen en effet que l’un des deux perdra cet affrontement, quoiqu’il soit plus probable encore qu’il n’y ait que des perdants. Péan continuera d’être marqué et vilipendé en vertu du principe qui veut que le malheur s’abatte sur celui qui fait arriver le scandale et Bernard Kouchner a déjà perdu son statut de chevalier blanc. Il est vrai que le blanc c’est salissant.

Deuxième affaire de la semaine, l’éviction et le lynchage médiatique d’Ayméric Chauprade. Ce professeur de géopolitique au Collège interarmées de défense, a vu l’avant propos de son dernier livre employé à sa perte par le spécialiste des questions de défense du magazine le Point. Moins de 24 heures après la parution de l’article de Monsieur Guisnel, le ministre de la défense annonçait le renvoi du professeur.

Incontestablement Ayméric Chauprade a pris un risque, il a choisi de présenter une thèse très controversée du 11 septembre 2001 pour introduire son propos. La thèse est celle, odieuse, d’un complot impliquant que les tours du World Trade Center auraient été piégées, bourrées d’explosif pour "parfaire" l’attentat et permettre l’établissement de la politique de guerre contre le terrorisme des USA sous Georges Bush.

Le risque que le ministère de la défense refuse de voir son image associée à ce type de propos était évident. La décision de renvoyer Mr Chauprade était tout à fait légitime. La question pourrait être close... Pourrait, car la méthode employée est incompréhensible. Pourquoi cette publicité ? Cette espèce de mise en scène me choque parce qu’elle était inutile et pas dans le bon sens, inutile comme une souffrance inutile est plus insupportable encore.

Et je ne comprends pas. Dans Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry déclare ceci : "Les actes nobles se suscitent par des motifs nobles, les actes bas, par des motifs bas". Les conséquences du renvoi de Mr Chauprade sont déjà d’en faire un chômeur, fallait-il en plus l’humilier ?

Je n’ai pas d’explication qui me vienne à l’esprit, pas une justification qui me passe par la tête, et c’est gênant, troublant. Voire emmerdant, parce que désormais, je sais que le seul moyen de comprendre un peu mieux de quoi il s’agit, est d’acheter et de lire "Chronique du choc des civilisations". Et comme la plupart des ouvrages de géopolitique, je sens qu’il ne devrait pas y avoir de scènes torrides façon Gérard de Villiers lorsqu’il met en scène Malko Linge.

Après ces deux cas, des broutilles, il y a la communication présidentielle qui me sort par les trous de nez, le dernier bouquin de Ségolène Royal qui, merde quand même, s’appelle "Une femme debout". Une femme debout, sans déconner, parce qu’assise, couchée ou accroupie forcément ça n’allait pas le faire. Un tissu délicat ou le dégoût des autres côtoie les malheurs de Sophie ou la vie d’Emma Bovary au PS... Et puis il y a eu sur des parôles d’Edith Piaf, le juge Burgaud dans "Je ne regrette rien", ce qui est dommage quand même, soit il n’a rien compris, soit il pousse un peu quand même. Enfin, j’en ai déjà causé certes, il y à Noir Désir qui se remet à nous donner des leçons de "gentillesse" et c’est énorme, un monument de mauvais goût en résumé.

Ce n’est pas forcément important pour tout le monde, mais un peu de dignité ne ferait pas de mal. Un peu de silence de temps en temps, ça ferait du bien.

Mais s’il faut choisir des camps, alors je veux tout de même remercier Pierre Péan d’avoir écrit son dernier bouquin, assurer Mr Chauprade de ma sympathie pour sa personne plus que pour son dernier bouquin (je le précise à regret, mais un mauvais procès est vite intenté). Pour tous les autres, je ne plaiderai pas l’indifférence, mais au mieux mon ennui, au pire... Je vous laisse faire votre choix, vous faire votre opinion, à votre avis que peu-on en penser de cette actualité.


Répondre à cet article