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Egypte… Faut-il avoir un avis ?

samedi 5 février 2011, par GB

Depuis que la révolution s’offre son printemps arabe avant l’heure, les déclarations de nos bons politiques fusent au rythme des passionnantes questions que leur posent nos non moins bons journalistes. Et après que le président Ben Ali et sa prévoyante épouse se sont enfuis de Tunisie, une bonne partie du monde regarde avec intérêt la situation politique intérieur égyptienne se déliter.

Barack Obama nous a ainsi offert 5 points de vue différents sur la question en 7 jours, soit un point de vue différent toutes les 33h environ, mais il ne serait pas utile d’appeler le docteur, car ce serait normal. Oui, quand la situation change, l’opinion aussi. Et peu à peu, les Européens, les hommes et femmes politiques français commencent de commettre leur point de vue sur la révolution égyptienne, nous tannent sur le thème de la transition démocratique qui vient.

Or, que ce soit Martine Aubry ou Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal ou Jean-Luc Mélenchon, si les idées abondent et que tous s’émeuvent de la future démocratie, il n’en reste pas moins, que sur le terrain, en Égypte, il n’est pas évident que la victoire ait déjà choisi son camp.

Rien n’est simple et tout se complique…

Après plusieurs jours de manifestations à sens unique, appelant au départ d’Hosni Moubarak, il semblerait que depuis 36 heures des contre-manifestants aient pris eux aussi le chemin de la rue pour exprimer leur soutien au raïs. Ces contre-manifestants seraient pilotés par le pouvoir, c’est dire si c’est mal… On n’imagine pas par exemple qu’en mai 1968 les gaullistes aient pu appeler à une manifestation de soutien du pouvoir… Non, si…

De la question de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes…

On pourrait objecter à mon propos, justement que le principe de la liberté ne se mégote ni ne se discute. Vui, bien sûr, bien sûr, mais faut-il à ce titre faire part au monde entier de son point de vue sur une question qui n’est pas tout à fait tranchée ? Ne peut-on attendre que lesdits peuples aient choisi ?

Les positions indécises du président américain et les gentilles déclarations d’intention de nos hommes politiques manquent tout de même un poil de respect au principe dont elles se réclament. Oui, la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes… Tout bien considéré, pourrait consister à les laisser s’expliquer jusqu’à ce qu’une des parties en présence gagne.

Oui, parce que, que le président Moubarak s’asseye sur la démocratie, ce n’est pas tout à fait un scoop finalement… Et que s’il y est parvenu dans le passé, bien que tout finisse, est-ce que son heure est venue ? Pas sûr…


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