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Rwanda, la popolitique étrangère est de retour…

jeudi 12 janvier 2012, par GB

Après une désastreuse loi passée en décembre sur le génocide arménien - dont on peut dire en quelques mots qu’elle n’apportera rien aux victimes dudit génocide et qu’elle ne peut que compliquer nos relations avec la Turquie - les unes du Monde et de Libération consacrées au Rwanda réveillent une vieille polémique sur une autre sombre histoire à l’origine du génocide survenu au Rwanda en 1994.

Il n’est nullement question ici de douter de ce génocide, cela allait sans dire, mais pour nous éviter tout procès d’intention, il n’est pas idiot de le rappeler tout de même. Pour mémoire, l’origine du génocide, le déclencheur des violences est l’attentat du 6 avril 1994 qui a coûté la vie au président Habyarimana et au Premier ministre Burundais de l’époque.

Depuis le début de l’enquête menée par le juge Bruguière, magistrat chargé de l’instruction de cet attentat du côté français, la thèse retenue était que l’avion du président a été abattu par des hommes de main de Paul Kagamé, l’actuel président du pays. Cette thèse étant très énergiquement combattue par le pouvoir rwandais actuel et ses relais d’opinion.

L’instruction du dossier poursuivie par le successeur du juge Bruguière, le juge Trévidic propose une nouvelle lecture de cet attentat, il aurait été organisé par des Hutus fanatiques, proches du président Habyarimana. Ce serpent de mer de la responsabilité de l’attentat resurgit donc et cette hypothèse, qu’elle soit valide ou non, est d’ores et déjà reprise par Libération et Le Monde comme parole d’évangile.

Enfin… Parole de ces nouvelles évangiles sur le génocide qui s’efforcent de faire porter le blâme des massacres au Rwanda sur les seuls Hutus et leurs alliés. Dont ou donc la France, cette dernière soutenant alors la démocratie rwandaise selon les termes d’accords de défense liant les deux pays.

Depuis 1994, l’histoire médiatique officielle a retenu une hypothèse, les Hutus planifiaient depuis 1991 le génocide de leurs compatriotes Tutsis et ont conduit ledit génocide après la disparition du président Habyarimana. Les soldats français présents lors du déclenchement des massacres et ceux engagés dans l’opération Turquoise auraient soutenu les génocidaires et les auraient fait échapper aux foudres auxquelles leurs actes les destinaient.

En ce temps de cohabitation, dans une surprenante identité de vue, François Mitterrand et Edouard Balladur se seraient plus ou moins accordés pour mener de concert des opérations militaires favorisant un génocide en Afrique… Oui, Madame…

Parce que rappelons tout de même qu’aucune opération militaire ne se peut décider en France sans l’aval du chef des Armées, pour mémoire, le président de la République. La structure des Armées françaises interdit en effet le déclenchement d’opérations sans ordre exprès du président et en période de cohabitation, les présidents sont particulièrement jaloux de leurs prérogatives régaliennes, les seules qu’ils conservent.

Dix-huit ans après les faits, nombre des rares acteurs impliqués dans cet attentat ont disparu. La thèse mise en avant par les expertises conduites par le juge Trévidic pose cependant plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Les explications techniques se trouvent dans les pages de Libé ou du Monde, je vous laisse le soin d’aller les consulter, n’ayant aucunement l’intention et surtout aucun moyen de me hasarder à d’autres hypothèses.

Cette thèse soulève plus de questions en effet qu’elle n’en résout. Car il en est une fondamentale tout de même qui passe allègrement par pertes et profits, quelle fut et quelle est la responsabilité de Paul Kagamé dans les massacres survenus dans son pays.

Paul Kagamé dont je ne ferais pas ma référence de démocrate pour ma part. J’ai beau ne pas partager l’analyse que nous propose Le Monde dans son édito du jour, je ne résiste pas à la tentation de vous en livrer ce bel extrait : « La vérité sur le génocide rwandais doit continuer à être recherchée indépendamment de la très inquiétante dérive autoritaire de l’actuel régime de Paul Kagamé. »

Ben voyons… Et si justement on s’y prenait autrement, considérant que la faible appétence pour la démocratie dont fait preuve Paul Kagamé peut s’expliquer par le poids de la démographie qui fait que depuis son indépendance si le Rwanda était gouverné par des Hutus cela s’expliquait de par le fait qu’ils représentaient plus de 80% de la population. Et soyons fous, que si des élections réellement libres se tenaient dans ce pays, ce serait à nouveau le cas.


Vos commentaires

  • Le 24 janvier à 14:19, par Adolfo Ramirez

    Intéressante cette campagne actuelle d’identification de génocides multiples dont les Français seraient responsables : Afrique du Nord, Afrique noire,...etc. Belle reconnaissance du ventre, on leur met le téléphone (maintenant portable), l’électricité, des frigos, des immeubles en dur dépassant les deux étages, des plantations, on leur donne des caisses (pour remplacer les bourricots ou la marche à pied), on leur apprend des métiers (pour les changer de la piraterie et du commerce d’esclaves) et voilà le résultat. La France tellement cruelle qu’elle accepte de soigner aux frais des contribuables le terroriste du FLN Ben Bella. On croit halluciner.

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