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Vers une intervention humanitaire Européenne ?

Annonce du ministre des affaires étrangères Français

jeudi 30 octobre 2008, par GB

Après une annonce de plus du Conseil de sécurité des Nations-unies condamnant l’avance des rebelles au Nord Kivu vers la ville de GOMA, Bernard Kouchner le ministre des affaires étrangères évoque la possibilité d’une intervention militaire humanitaire européenne.

"Ce sur quoi nous souhaitons travailler, c’est une aide qui pourrait être apportée à Goma où l’aéroport fonctionnerait encore. Pour cela, il y a une réunion du Comité politique et de sécurité (de l’UE) cet après-midi ou demain matin et on pourra déterminer une aide qui pourra prendre cette forme", a déclaré Bernard Kouchner, interrogé sur sa proposition d’envoyer des troupes en RDC.

Des précédents plus ou moins heureux...

En 1994, l’opération Turquoise est menée par la France dans la région de Goma et aux frontières du Rwanda. Les soldats français stoppent l’avancée du Front patriotique rwandais de Paul Kagame. Les soldats permettent le repli au Nord-Kivu des réfugiés Hutus, des chefs de milice génocidaires aussi qui avaec armes, bagages et familles vont s’installer durablement au Nord Kivu. Ces milices sont aujurd’hui connues sous le nom de Front démocratique de libération du Rwanda. Opération turquoise 1994

A l’époque les Nations-unies ont une mission au Rwanda (MINUAR) qui s’est révélée incapable de stopper les affrontements inter-communautaires déclenchés par l’assassinat du président Habyarimana et du président Ntaryamira du Burundi déclenche le généocide Rwandais [1].

La France intervient seule et traîne depuis le poids de cette intervention controversée.

2003, l’opération Artémis est déclenchée par l’Union européenne dans le cadre de la résolution 1493 des Nations-unies. Aux frontières de l’Ouganda, dans le district d’Ituri à Bunia, le contingent européen soutenu à partir de la base aérienne d’Entebbe. L’Ituri est le théâtre d’affrontements entre groupes armés de plusieurs milliers d’hommes. En quatre mois plus de 25 000 combattants seront désarmés et la force européenne remet le territoire sous la responsabilité des casques bleus. Artémis Base logistique d’Entebbe 2003

Cette opération a marqué la population Congolaise et très largement contribué au désarmement des miliciens de cette région. Elle est considérée comme un succès obtenu notamment par un emploi maitrisé de la force, car le désarmement des miliciens à été le résultat d’opérations militaires offensives contre les rebelles.

Alors Artémis bis ?

A priori, la déclaration de Bernard Kouchner semble s’éloigner d’une opération militaire : "Cette réponse de notre point de vue doit être humanitaire et (être) une assistance aux populations civiles qui ont fui ces derniers temps et aux populations de Goma".

Ce qui ne semble pas être de nature à apporter une réponse véritable à la situation dramatique des Congolais. Avec un budget de 1,4 milliards de $, les Nations-unies au Congo et leurs agences (Programme alimentaire mondial PAM, Programme des Nations-unies pour le développement) sont tout à fait en mesure d’apporter une aide humanitaire. Mais compte tenu de l’impuissance militaire des casques bleus, il ne saurait y avoir d’action humanitaire tant que le contexte sécuritaire ne s’y prêtera pas.

Laurent Nkunda

Laurent Nkunda à la tête de plus ou moins 5000 rebelles a pris en otage la ville de Goma et son million d’habitants. L’annonce d’ouverture de corridors humanitaires par les rebelles, le 30 octobre 2008, ne peut en rien être jugé comme satisfaisant. Pour mémoire en septembre 2007, lorsque les hommes de Laurent Nkunda avaient évacué la région de Rubaré, les humanitaires avaient découvert des fosses communes. En terme de respect des droits de la personne humaine, Monsieur Nkunda n’est pas une référence.

En conclusion, c’est assez simple, à moins d’accepter que la situation perdure...Une opération militaire, réellement militaire doit donc être entreprise pour mettre un terme à quinze années de souffrances au Nord Kivu.

Notes

[1] (lire sur le sujet Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs 2005)


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