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jeudi 9 août 2007, par
Dans la vie ce qui fait plaisir, je crois, c’est de rencontrer des gens sympathiques... Mon chef dans la mission, même nationalité que moi, coup de bol... espéré-je... En fait, bof, beauf... Gros beauf...
lui : félicitations d’être ici, mais vous allez avoir un poste exposé....
moi : ah...Bon...
lui : vraiment exposé...
moi : et... (dans l’idée naïve qu’il me dira qu’il va me soutenir)
lui : non vraiment, c’est un poste exposé.
moi : et ben, reçu...
Il faut dire que dès le matin, le gros a remis ça, il a commencé à me balancer tout son savoir acquis depuis qu’il est là, il m’explique combien c’est compliqué, que Dieu merci il a plein d’expérience, que c’est crevant etc. Ca commence à puer la défaite son histoire, il me montre les impacts de balle dans l’appartement et notamment celui qui fait que la machine à laver fait un drôle de bruit. Pour résumer, ce sont des trous, de balle certes, mais finalement que des trous.
Je rencontre Michel, notre papa (boy). Michel non plus ne meurt pas de faim, il affiche un bel oeuf de pâques, qui respire une certaine notabilité, une aisance dont sont dépourvus les vrais pauvres. Nous le payons 200$ par mois pour une cinquantaine d’heures de boulot hebdomadaire. Je suis désormais un enc... de capitaliste qui exploite la pauvreté dans le tiers monde. Je ne pense rien, je ne dis pas grand chose, je n’ai pas envie de dire de conneries, je trouve le gros un poil paternaliste avec Michel. Les discours sur le thème de :”papa nous sommes très contents de toi...” j’ai du mal.
Pas le temps de creuser le sujet, nous voilà partis dans les méandres infinies de l’administration. promis je ne dirais plus de mal de la notre à nous qu’on a en France. C’est un bordel innommable à la tour de Babel. Il y a tous les accents anglais possibles, imaginables et les moins imaginables possible. j’ouvre bien grand mes grandes oreilles et j’essaye d’arracher des signatures à d’ignobles petits chefs plus sourcilleux les uns que les autres, prêts à se pourrir la gueule et à balancer des enquêtes pour établir l’incompétence d’autrui. C’est clair, il y a de la concurrence. Nous commençons une espèce de jeu de l’oie de fonctionnaire soviétique pour que mon gros me refile toutes les jolies choses dont la sacro sainte organisation lui a confié la charge. Il faut négocier chaque signature comme un accord de désarmement nucléaire dans les années soixante dix. Je me surprends de patience, mais j’ai trouvé un truc, une fois que je suis dans le bureau, j’y reste jusqu’à ce que mon hôte m’ait démerdé ma situation. Sinon, je lui demande de faire des recherches, de me trouver la personne qui sait. je sourie avec mon air con n°2, on y passe un temps certain, et de guerre lasse, généralement le bureaucrate cède.
Au bilan, une vingtaine de victoires et autant de signatures, il en faut encore au moins autant... Rhaaa... ca sent l’épopée Napoléonienne période 1813, victoire + victoire = paquet d’emmerdements à la fin des fins. Il fait un bon petit quarante à l’ombre et nous oscillons de la clim à pas d’ombre du tout. chaud froid avec maintien des zones chaudes localisées, principalement dans mes fringues...
Alors si les procédures administratives tatillonnes ont déjà tendance à me plaire sous des climats tempérés, je vous laisse imaginer ma joie sous les tropiques. Le facteur de zen qui fonctionne est de voir mon prédécesseur péter consciencieusement les plombs. Les gens énervés sont souvent distrayants, les gros.... superbes. Il va tout de même falloir que je remette la main sur ma charité chrétienne.