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mardi 2 septembre 2008, par
De retour dans la belle Ville après douze années d’exil dont quatre ans en Champagne (près de là où l’ADC CHANAL pratiquait la lutte greco-grecque), me voilà confronté à ces petits riens qui font la vie parisienne.
En sortant de la poste de la rue de Sèvres la semaine dernière, j’assiste incrédule à une scène drôle et sévère. Un clochard - type Michel SIMON après l’apéritif - titube sur le trottoir. Une jeune femme laide et boulimique (Maradona en travlo) se retrouve sur son passage et le touche. La malheureuse se croit intelligente et le tance. Aïe !!! Notre bon ami lui lâche derechef une bordée d’injures qui eut fait pâlir un maréchal d’Empire. Car l’homme, malgré la déchéance de son état, était loin d’être anesthésié. Et Dieu sait si l’alcool rend épique et prolixe. Bacchus a tellement fait pour l’art lyrique ! Après les piques (débutées par des bruits rappelant le démarrage d’un moteur de Zodiac, du style "Attention je vais vomir"), le coup de grâce : ".......et en plus, t’es moche....."
Et oui, la vilaine avait oublié que l’on ne pardonne rien à la laideur et que tout cède face à la beauté. Il ne se trouve pas de gentleman (et il y en a beaucoup ici) qui ne rechigne à s’abaisser pour les yeux d’une belle, fut-elle une godiche, voire à devenir une véritable bouse : "Elle est conne mais qu’est ce qu’elle est bonne !!!!" ; "Je ne marierais pas avec, mais juste pour une nuit ça ira " (1) Là, je dois dire que je ne cautionne aucunement ces propos de chambrée qui nous rappellent les heures les plus sombres de notre histoire..... mais il faut bien reconnaître qu’il y a du vrai là dessous. La morale de cette saynète est, d’une part, qu’une Parisienne n’a pas le droit d’être moche et, d’autre part que l’homme est resté ce rustre moyenâgeux. Quand une femme parle à tes hormones, tu cesses totalement de réfléchir. Et ça, c’est bon.
A des années lumières de ce sympathique clochard tonitruant et d’un trop-plein de testostérone, la vraie nouveauté pour moi a été de découvrir la passion des Parisiens pour le vélo payant.
Ils se précipitent voracement sur ces machines qui pèsent le poids d’un âne mort et ont un look de mobylette soviétique. Ils sont emmerdés comme pas possible quand ils n’arrivent pas à les garer. Peinant comme des boeufs à la tâche (et oui, il y a des faux plats un peu partout), ils respirent à pleins poumons les gaz d’échappement des voitures. Les cons !! J’y vois cependant un intérêt double ; primo cuisses fermes et croupes callipyges pour ces dames. Hummm, j’adore. Mais surtout secundo, tous ces cyclistes qui inhalent et aspirent ces poisons à même la sortie des pôts d’échappement nous évitent les pluies acides. Ce sont de vrais pots catalytiques en Vélib’.
(1) : j’ai même entendu lors d’une soirée mémorable à la discothèque le Tic Tac "je vais te faire siffler, salope". L’auteur du propos souhaite rester anonyme, on le comprend.