mercredi 7 juillet 2010, par
Non. Non merci, non vraiment pas. En dépit de l’emprunt de ce titre à une chanson de Noir désir, je ne viens pas vous pousser à écouter ou ré-écouter les oeuvres de Bertrand Cantat et consorts. Non. Notez bien... Tout n’est pas à jeter dans Noir désir. 666 667 Club, leur meilleur album selon moi et un ou deux potes, dont un qui s’y connaît, reste à la fois musicalement très abouti et d’une vraie justesse lorsqu’on en applique le filtre pour lire le fonctionnement de notre société.
Car aujourd’hui encore, on a beau dire, la vie est dure... Je blague à peine, mais depuis que nous sommes en crise, rien n’est simple, n’est-ce pas. Avant de poursuivre, une toute petite réflexion sur la crise. La crise c’est ce qui est arrivé à ceux qui gagnaient bien ou très bien leur vie. Pour les plus pauvres et les pauvres, on appelle ça la vie. Donc les temps sont durs. Et parmi les victimes des temps actuels, le Figaro dans son édition d’aujourd’hui ne manque pas de faire preuve de cette compassion, de cette charité et de cette écoute qui ne peuvent manquer d’aller droit au coeur de ceux qui en ont le plus besoin.
Il faut entendre, écouter et lire à quels tourments sont exposés certains de nos concitoyens. Pour dire leurs maux, voici ce qu’ils disent des temps présents : « insupportables... cabales... torrents de haine, torrents d’insultes... » Bon, certes je l’avoue, c’est surtout ce que nous dit depuis quelques jours Eric W. de sa situation.
Et non, ce n’est pas facile, ça doit être dur, exigeant, éprouvant et pourquoi pas détestable. Ca n’épargne personne, ainsi dans un nouvel épisode de Eric et Nicolas ont des problèmes et bien des misères, la comptable d’une certaine Liliane a encore trouvé des choses mal aimables à dire... Claire Thibout (c’est son nom), à l’invitation de Mediapart.fr, s’est fendue d’accusations à l’endroit du président de la république et de l’actuel ministre du travail, qui seraient allés percevoir des enveloppes lors de leurs dîners chez madame Bettencourt où feu Mr Bettencourt leur aurait transmis un peu plus que son amical soutien...
Vrai, faux... Possible ? Crédible...
A en croire la communication des « malheureux » incriminés par cette comptable, licenciée en 2008, tout ceci est horrible et leur fait une peine affreuse ! Voilà ce que l’on peut lire dans le Figaro d’aujourd’hui. C’est très pénible, si, si. Les gens pauvres ne se rendent pas compte. Ils sont bien loin de tous ces tracas, de ces ennuis, de cette insupportable pression des média, lâchement dissimulés qu’ils sont derrière des statistiques où on les parque tandis que nos aimables ministres sont emmerdés, les malheureux, dès le premier cigare fumé...
C’est sûr... Ca ne doit pas être facile dans ces conditions d’oeuvrer à la réforme des retraites, de réduire le train de vie de l’Etat. En même temps, on sait bien que les pauvres votent moins quand ils ont des problèmes, ces problèmes qu’ils appellent la vie, soit parce qu’ils manquent de vocabulaire, soit parce que bêtement quand ça arrive tous les jours on finit par croire que c’est ça la vie. Et oui, le pauvre n’est pas super civique et c’est emmerdant, car le pauvre est nombreux, de plus en plus nombreux. Et il insiste, si on étudie bien les chiffres, il a même tendance à être de plus en plus pauvre.
Nul doute pourtant que ces braves gens ne soient capables de compassion, pour peu qu’on les en prie, qui sait, si eux non plus ne seraient pas prêts à partager les horribles réalités des riches...
Si je m’asseyais sur cette petite montagne de démagogie, exercice périlleux j’en conviens vu la dose que je viens de vous infliger, je n’en demeurerais pas moins convaincu que si mon propos peut sembler caricatural, le fond du problème demeure.
J’ai moins de compassion pour des politiques qui font l’objet de la curiosité inquisitoriale des média que je n’ai de souci pour ceux qui vivotent de leur retraite, de leur pension ou de leurs ASSEDIC à 600 euros par mois.
Et c’est ainsi que les choses me semblent être à l’endroit.
Sur le sujet