jeudi 17 novembre 2011, par
Les âneries se ramassent à la pelle, c’est entendu, il y a en cela quelque chose d’un peu normal, d’amplifié souvent par internet, et puis, et puis de temps en temps, en dépit d’un doute sur la vanité de cette furieuse envie qui m’étreint au spectacle trop banal de la bêtise à front de taureau, j’éructe, je m’enflamme, bref je gueule un bon coup.
On vous l’emballe ?
Non c’est pour consommer tout de suite...
La vengeance, il paraît que c’est meilleur froid, c’est possible, je ne suis pas sûr, pour la gueulante en revanche, c’est bon quand c’est bien chaud.
Quel est l’objet de mon ire ?
L’objet est pluriel...
Il y a ces rodomontades de communicants que j’aperçois derrière la détresse de monsieur et madame DSK, poussés à porter plainte contre les média par lesdits « spin doctors » qui ont bien dû leur seriner qu’il fallait faire quelque chose (hypothèse n°1) ou qui se sont abstenus de leur signaler que lesdites plaintes ne pourraient que leur valoir un tombereau d’avanies supplémentaires (hypothèse n°2).
DSK a bien du malheur. Voici six mois et un ou deux jours il culminait au zénith des grands de ce monde, tous les espoirs lui étaient permis, tous les succès lui étaient promis. La suite ne vaut pas d’être récitée ici, sa chute abyssale nous rappelle que celle-ci est bien plus dure qu’aucune autre connue par un homme politique en vertu de l’altitude du point de départ...
Son honneur et son avenir ainsi explosés, il eut gagné à avoir dans son entourage une petite voix pour lui dire de songer à laisser tomber. Il n’y a plus désormais pour lui que des coups à prendre et le récit de ses frasques lilloises n’ôte plus grand-chose à son image. Seul le temps pourrait panser ses blessures.
Ma deuxième fureur, un peu plus amusée, et encore, est plus télévisuelle, je suis tombé samedi dernier sur l’inénarrable Francis Lalanne qui se dandinait dans le poste, dans ce grotesque spectacle que TF1 nous offre contre force spots publicitaires (à ce propos, ne partez pas trop loin les divins concepteurs de réclame, j’ai deux ou trois gros mots à vous dire).
L’émission susvisée, « Danse avec les stars », présentée par deux jeunes animateurs ravis, mettait en scène quelques bons has been en vue de permettre à tout un chacun de bien mesurer ce qu’il y a de pathétique à vouloir courir après quelques rayons de cette gloire glacée des postes de télé. Peut-être s’était-il glissé sur le plateau des never been ambitieux et inconscients, à qui l’on ne pouvait reprocher de faner un passé dont ils n’avaient rien fait.
Bref, il y avait Sheila, Candeloro et Francis... Les autres m’en voudront peut-être, mais rien chez eux ne m’évoquait de souvenir, fusse-t-il même indifférent.
Francis, mon pauvre Francis.
Oui c’est à toi que je m’adresse, bien que nulle tendresse ne me lie à ton personnage, pas plus que je ne saurai avouer la moindre dilection, le goût le plus fade même pour ton œuvre musicale ou tes critiques de football. Tout simplement, je l’avoue, je m’étais fait à tes écarts précédents, je croyais benoîtement qu’ils te permettaient de payer tes impôts, de vivre dans une semi-célébrité agitée seulement par quelques fans sur retour.
Las, Francis, j’ai bien pris conscience qu’il t’est dur de vivre dans cette presque clandestinité et que tu ne reculeras pas devant le ridicule, si la chose avait dû te faire peur... Mais bon.
Oui Francis, je t’ai vu danser, danser avec une presque demi-mondaine, qui a au yeux la moitié de tes printemps au compteur. Mais surtout, j’ai vu dans ton regard cette trouille immense, cette trouille abjecte... Oui sur cette cette animée par deux incérébrés du PAF, ce qu’il fallait voir c’était ce pauvre regard d’animal traqué, tes hanches bloquées, ton souffle court et cette énorme envie de bien faire.
Mon cher Francis, il ne faut pas rester là comme ça dans le poste avec ce sourire craintif de vieil enfant en quête éperdue d’approbation. Non, il ne faut pas. Et puis quelle approbation enfin ?
Celles des producteurs qui vont certainement t’aider ainsi à payer tes impôts ? C’était pour tout dire presque aussi triste que cette pub des Galeries Lafayette ou du Printemps exhibant Iggy Pop en père Noël sous ecstasy...
C’est pas beau de se foutre de la gueule des vieux.
Il me reste encore un poil de souffle et une rancœur toute neuve, un vrai courroux. Celui-ci est bel et bien le résultat des cogitations merdeuses des publicitaires de chez Benetton. Oh, certes ils n’en sont pas à leur coup d’essai, profanateurs à la petite semaine qui nous livrent une campagne de pub où le Pape embrasserait un Imam sur la bouche.
Oh ils ne sont pas les seuls, il y a aussi Sarkozy, Obama, Chavez... Le monde pour éviter les conflits devrait virer à la partouze universelle et ce serait une campagne de « non-haine ».
Ouais et ben là non, raté. Je ne suis franchement pas une grenouille de bénitier, mais il faut arrêter de se foutre furieusement de la gueule du monde. Peace and love ? Mébiensur... Le procédé est tellement gros, tellement éculé que c’en est pénible, bien avant que ce soit une affaire de conscience, c’est une insulte profonde à toute intelligence, à toute sensibilité au nom de « Ça coco, ça va faire le buzz ! »
Bien joué, trou de balle... C’est laid à souhait et l’on en cause de ton étron, pas sûr que ce ne soit pas ce qui m’énerve le plus, puisque je ne parviens pas à faire l’économie de mes commentaires sur le sujet.
Vos commentaires
Je like ! Tout particulièrement la fin !