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Brice Hortefeux rien que des mots, des maux...

de l’intérêt de réfléchir avant de parler

lundi 7 juin 2010, par GB

Un ça va... Peu ou prou, pour ces quelques mots idiots sur le fait que le maghrébin est plus agréable seul que nombreux, Brice Hortefeux a été condamné à 750 euros d’amende et 2000 de dommages et intérêts au MRAP. Et ça, c’est de l’actu presque fraiche, pas très intéressante, mais étalée partout, tout partout dans les médias. Aucun intérêt, faut voir... On va essayer de la faire différente juste histoire d’y voir.

Dans cette histoire, commençons par le commencement. Brice Hortefeux n’a pas beaucoup de chance, il vit en France. Et en France, quand on dit une grosse connerie, il faut éviter de le dire devant une caméra (bon ça c’est un peu partout) et surtout, surtout, on peut se retrouver devant un tribunal pour s’expliquer.

Situons nous un peu plus précisément. Brice Hortefeux a dit une connerie, ça peut porter un autre nom, une faute, une grossière faute politique. Et une connerie, pleine de "beaufitude", un poil racisme ordinaire et trois verres de rosé, certes mais c’est une connerie. Dans un paquet de pays plein de démocratie, l’homme politique qui se fend d’une ânerie pareille finit plus ou moins pendu par les médias et puis, et puis c’est tout.

Et ce, c’est tout, me semble largement suffisant, puisque ne nous leurrons pas, après ça, Brice Hortefeux aura du mal à faire oublier cette maladresse, cette connerie. Et ce ne sera que justice, qu’un pilier de bar se fende d’un commentaire de cette espèce est déjà plus que limite, mais de la part d’un ministre, à priori pas encore gâteux, en fonction... C’est une réelle preuve d’incompétence et d’arrogance à l’égard de, excusez du peu, à peine quelques millions de concitoyens dont les grands-parents et arrière grands parents ont du former le gros de l’Armée d’Afrique qui a pris sa part à plus d’une guerre pour la mère patrie. Et lorsque celle-ci s’exprime par la bouche de monsieur Brice il y a risque de confusion entre la mère patrie et l’amère patrie....

Découpée et disséquée dans les médias, cette affaire aurait pu s’arrêter là.

Ménon, ménon...

Donc, en France, il faut en faire un procès... Et je n’aime pas les procès, je n’aime bien évidemment pas la déclaration imbécile du ministre. Si l’on fait des procès à tous les abrutis qui disent des conneries, il risque d’y avoir du monde à la barre. Bon, commençons par les hauts lieux de la philosophie politique, dans les bistrots, caméras interdites, parce que bon... On n’en a pas fini si on doit faire passer au tribunal tous les vilains qui disent n’importe quoi... Dans certains pays... Ca se fait, et ça s’est fait dans des régimes que nous regrettons modérément.

Il me semble aussi qu’à "dramatiser" une faute politique, un comportement franchement pas très glorieux, on prend un risque. On prend un risque celui de nuire à la cause que l’on entend défendre, de lui faire perdre sa légitimité. Et j’en reviens aux faits, nous n’aurons aucun mal à trouver des milliers d’individus susceptibles de déclarations de cet acabit qui devraient alors eux aussi s’en expliquer devant les tribunaux. Comme la chose n’est pas possible, et je vous propose un exemple pris dans un tout autre domaine, techniquement cela ressemblerait furieusement à la tentation de faire passer devant un tribunal tous les consommateurs de cannabis. Ca serait conforme à la loi mais compte tenu des effectifs de prévenus potentiels pas très loin de se révéler impossible.

Revenons à notre sujet, la liberté de pensée et d’expression comprend, à mon sens, le droit de dire des conneries. Dans la vraie vie avec les vrais gens, les conneries on en dit, on les regrette et on s’excuse. Parfois, on se fait un peu tirer l’oreille, mais dans le fond, quand on a oublié de réfléchir avant de parler, on finit par s’en rendre compte. Et Le ministre eut gagné à éviter de faire de la com sur le thème de "non je ne l’ai pas dit, ou alors je ne l’ai pas dit fort". Le MRAP dès lors n’aurait eu d’autre choix que de râler bien fort dans la presse et on n’en parlait plus.

Dans cette bête histoire de Brice Hortefeux et du MRAP s’expliquent devant les tribunaux, ce qui achève d’être idiot, c’est que le ministre et le mouvement font tous les deux appel du jugement.

Bon... Il faudrait peut être arrêter d’engorger les tribunaux avec des affaires minables. Parce que dans le fond, Brice il vaudrait peut être mieux arrêter de chercher à se refaire une improbable virginité, non ? Songer à une autre carrière que celle d’homme politique... Parce que quand on a aussi peu de sens politique, voire simplement de bon sens... Quand au MRAP... On va dire qu’il est dans l’idée qu’il se fait de son rôle. Mais après avoir obtenu en première instance qu’un ministre de l’intérieur en exercice soit condamné à une peine de police... C’était pas assez ?

Bref, si le premier procès me semblait plutôt sans intérêt, que dire de l’épisode 2 à venir ? Je vous laisse vous faire votre opinion.


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