mardi 30 décembre 2008, par
Il y a quelques réalisateurs qu’on adore, parce qu’on est rarement déçu par leur production, parce qu’ils nous font rire, parce qu’ils savent toucher la corde sensible sans tomber dans la sensiblerie de midinette, qu’ils nous font rêver à l’impossible rêve ou qu’ils nous filent un bon mal de crâne dans le bon sens du terme. Personnellement je suis une grande fan de Soderberg, Lynch ou Eastwood.

Il y a les réalisateurs qui vous font vomir : pour moi ce sera Cronenberg
Et puis il y a les réalisateurs à productions inégales, tantôt je t’aime et tantôt je t’aime pas. Je pense notamment à Kubrick. Tandis que je me suis limite endormie devant « 2001 l’odyssée de l’espace », que le « Lolita » d’Adrian Lyne me semble largement plus réussi et que je n’ai pas pu supporter plus de 10 minutes d’ « Orange Mécanique », je reverrais volontiers « Eyes Wide Shut », « Les Sentiers de la Gloire » ou « Barry Lindon ».
Dans la même veine, il y a les Frères Coen... Et là c’est vraiment la boite de chocolats. Certes il y a quelques bonnes surprises, voire quelques petits bijoux « The Big Lebowski », « No Country for old Men », « Intolérable Cruauté » et « O’Brothers ». Certes ils ont sans aucun doute un talent tout à fait certain pour retirer le meilleur de leurs acteurs, mais souvent, et trop souvent à mon goût, à force de vouloir donner dans le burlesque et le déjanté, et bien ils nous perdent ces gentils Frères Coen.
Burn after reading n’y a pas échappé cette fois ci. Le jeu des acteurs (de parfaits loosers) est excellent avec une mention particulière pour Brad Pitt impécable en simplet loufoque au grand coeur (vraiment très très drôle), qui confirme un point pas si évident que cela : OUI on peut être la coqueluche de ces dames et en même temps avoir un réel talent. Georges Cloney s’en sort très très bien en idiot du village (faut dire que c’est quand même la 3ème fois qu’il joue les débiles pour le réalisateur à 2 têtes). John Malkovitch est époustouflant. Quant à Frances MacDormand (compagne de Joel Coen dans la vraie vie pour ceux qui savaient pas) et Tilda Swinton, elles sont toutes les deux excellentes. Néanmoins après deux trois très bonnes rigolades quand même (sur le jeu des acteurs essentiellement), le scénario s’essouffle et on attend franchement que le film se termine... (genre je vais quand même aller jusqu’au bout pour voir si la fin justifiait les moyens). Ben même pas...
Alors parfois on les aimerait bien un peu moins prolixes ces Frères Coen et on aimerait qu’ils s’en tiennent à 1 scénario par an (il paraîtrait que Burn After Reading a été écrit en parallèle de No Country For Old Men....) histoire qu’ils prennent le temps de nous pondre une histoire qui tienne un peu la route au lieu de compter sur le talent des autres pour jouer les cache-misère.
Bref encore une saleté de chocolat à la liqueur de fraise... Dommage, l’emballage (du casting à l’affiche de cinéma) laissait vraiment présager d’un bon cru mais ce n’était finalement que du très bon marketing... Tant pis on attendra les prochains qui devraient arriver cet été : « Gambit » et « Suburbicon » mais sans grande impatience non plus parce que 3 films en 1 an ça ne présage rien de vraiment bon question scénario...