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De l’usage bien compris de la servilité

« La France a toujours cru que l’égalité consistait à trancher ce qui dépasse. » Jean Cocteau

vendredi 2 septembre 2011, par GB

La curieuse gestion des hommes que voilà… Dominique Paillé, ancien porte-parole de l’UMP doit se demander ce qui lui arrive. Débarqué de ce poste par l’aimable Jean-François Copé, il avait été recasé à l’Office français de l’immigration et de l’intégration en janvier 2010 par le président de la République.

Las, 7 mois plus tard, tout le monde débarque, dans l’ordre monsieur Paillé est prié d’aller voir ailleurs si Borloo y est et l’avocat à roulettes, le conseiller d’Etat par la grâce du président, Maître Arno Klarsfeld le remplace. Ah, Maître Klarsfeld… La belle chronique à venir que voilà.

Dominique Paillé a-t-il fait les frais de son ralliement à Jean-Louis Borloo ? Rien ne permet de l’affirmer… Mais l’intéressé ne semble pas nourrir de doutes sur la question : « Je n’ai jamais demandé la présidence de cet office, on est venu me chercher. Aujourd’hui, on me la retire dont acte, je pense que ceux qui le font confortent cette image de gouvernance sectaire dont ils sont aujourd’hui affublés, mais c’est leur choix. »

Dominique Paillé, brave homme qu’il est, à tout le moins soucieux des deniers de l’état précise également que : « J’ai renoncé à toute indemnité, et les indemnités étaient de l’ordre de 4 000 euros […] Je souhaite donc que ce que j’ai instauré comme comportement perdure et que mon successeur, qui est un grand commis de l’Etat puisqu’il a été nommé au Conseil d’Etat (tour extérieur), il y a peu de temps, adopte la même attitude. »

Mais aussi, quelle drôle d’idée a-t-il eu là, Dominique Paillé ? Comment pouvait-il espérer que son choix de préférer Jean-Louis Borloo à Nicolas Sarkozy ne lui vaudrait pas une mesquinerie soignée en retour. Il ne pouvait probablement pas.

Il rejoint une cohorte de critiques blâmés pour leur indépendance d’esprit. Beaumarchais, père spirituel du Journal inutile, le faisait justement dire à Figaro : « De l’esprit pour réussir… Monsieur le Comte veut rire… Médiocre et rampant et l’on arrive à tout. » De là à dire que Dominique Paillé soit de la trempe des plus grands orateurs, qu’il ait vocation en faisant don de sa personne à la nation a lui faire un grand cadeau, il y a un pas qu’il n’est pas nécessaire de franchir.

L’homme s’est pourtant coltiné de défendre la politique du président et celle de l’UMP ces dernières années, aux côtés pas plus plaisants que cela de Frédéric Lefebvre. Brave pomme, il a dû avaler son lot de couleuvres et rendre quelques services. En récompense desquels il s’est donc fait débarquer.

Bon.

La sanction est un poil mesquine ou disproportionnée. Nos adversaires nous grandissent (ou pas), faire virer un lampiste par décret du conseil des ministres c’est faire beaucoup d’honneur au lampiste

S’il était insignifiant, c’était lui faire trop d’honneur. S’il ne l’était pas, c’était une erreur. Et celui qui a commandité son renvoi ne s’est bien évidemment pas grandi au passage.

Reste les talonnettes...


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