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Denis Tillinac, drôle de critique ou critique pas drole...

Péan, Kouchner suite des débats

lundi 16 février 2009, par GB

Le besoin d’invectiver son prochain n’est pas forcément incompréhensible. Moi, mon meilleur exemple de référence en tout cas, au volant à Paris, j’adore les détester mes prochains, mais c’est pas de ma faute s’y font rien qu’à conduire comme des mots que je vais maintenant vous épargner. Parce que l’invective sans raison, c’est un peu comme de traiter une bonne soeur de salope, je déteste ça. Mais bon, ce n’est pas mon sujet, enfin, euh, je ne crois pas...

Denis Tillinac n’a pas l’air de le vivre comme ça... Il vient en effet de commettre une sorte de tribune libre sur l’affaire Kouchner révélée par Pierre Péan. Timidement intitulée "Contre les vitupérations de Péan le nationaliste".

Le ton est donné dès le titre, et sur une jolie page, Denis Tillinac nous offre plus qu’un propos une sorte de sécrétion atrabilaire pour vomir Pierre Péan et son dernier ouvrage, "le monde selon K." Entre autres morceaux d’amabilité, Tillinac se fend de ce joli compliment :"Pas question de réduire le gaullisme aux ulcères antiyankee d’un Bidochon apeuré".

Après une première lecture je me suis dit que j’étais à deux doigts de croire qu’il ne s’est pas donné la peine de le lire le bouquin qu’il critiquait. Bon, je vous épargne la suite des horreurs de Mr Tillinac sur le sieur Péan. Pour les scatophiles voire page 32 du Numéro 617 de Marianne du 14 février 2009.

A vrai dire, Monsieur Tillinac ne se livre qu’à une longue attaque ad hominem, enfin ad hominem... Une sorte de cascade d’insultes et de mauvaises intentions prêtées.

Je ne sais pas franchement pourquoi Denis Tillinac peut être fameux, connu et placé en situation de référence, pourquoi il se livre à cet exercice un peu dangereux et imbécile à la fois en définissant le gaullisme et en voulant distribuer des brevets de cette intéressante doctrine politique. Sauf...sauf que...

Le Gaullisme n’existe pas...

Et donc Tillinac décerne des brevets de bien-pensance, mais aussi de crime contre la pensée c’est à dire de nationalisme (c’est caca), de trotskysme (caca aussi) etc... Et c’est un peu pitoyable que le chantre des années Chirac (quel honnête homme) se lance dans un exercice qui contredit manifestement son inspirateur, le général de Gaulle, paix à son âme.

Se qualifier de gaulliste pour insulter qui que ce soit doit quand même un peu faire braire le dit général qui, et on comprend bien pourquoi, détestait qu’on se réclame de lui pour tenir un quelconque discours moralisateur. Et pourquoi Denis Tillinac défend-il Kouchner aussi maladroitement ? Kouchner recrue idéale du gouvernement d’ouverture de 2007... Tillinac se serait-il désormais épris de Nicolas Sarkozy en qui il verrait l’héritier du Gaullisme ?

J’ai vaguement le sentiment que ça doit être ça... Tillinac rend service au président. Aider le président donc défendre Kouchner... Pourrait-il y arriver autrement que par l’invective ? Le fait-il consciemment ?

Au delà du fait que son propos n’ôte rien à la validité du bouquin qu’il attaque en la personne de son auteur.

Bon s’il fait ça pour aider le président, ça porte un nom quand même, aller à la soupe... S’il le fait par détestation de Péan, c’est pitoyable.

Intellectuellement le procédé est minable et moralement... Bon, allez ça suffit comme ça, on va dire que je suis au volant de ma voiture et que Monsieur Tillinac est garé en double file sur un axe rouge... dans ces cas là, j’ai bien du vocabulaire, dans un registre particulier...

Pour ceux qui n’auraient pas d’imagination, voici la scène, vous vous cognez le petit orteil et...

Bon bref, je n’aime pas les censeurs, ni les porte-flingue des puissants, Mr Tillinac, je ne vous aime donc pas, mais sans votre pauvre papier d’une invraisemblable arrogance dans Marianne, je n’en aurais pas pris conscience. En quelque sorte merci, à la différence de l’imbécile heureux qui ne mérite pas de connaitre son état, le sale con doit être identifié et je vous sais gré de vous présenté sans fard.


Vos commentaires

  • Le 16 février 2009 à 06:59, par Nico

    Ce qu’il y a surtout de malheureux dans cette pitoyable histoire, c’est que je pensais que ce procédé était réservé à la gauche intellectuelle des années 50. Manifestement, il n’en est rien, monsieur Tillinac chausse donc les sabots d’Aragon et consorts.
    A la différence près qu’Aragon, lui, gachait vraiment son talent.....

  • Le 21 février 2009 à 15:13, par JG

    Pour amusement, Tillinac a un comparse dans les pages débats du Figaro. Un certain Paul Lombard qui n’hésite pas à écrire <> et à invoquer le cardinal de Retz et Saint-Simon pour fustiger Péan.

    à ne pas lire là : http://www.lefigaro.fr/debats/2009/...

    Et puis à ce faire habile promoteur de la censure avec un art du paradoxe qui enchanterait n’importe quel procureur d’un tribunal du peuple : <>

    Tout ça parce que le fondateur de MSF aurait fait preuve de courage. C’est vrai que mettre des huissiers au cul de Bongo, en est une sacrée preuve.

  • Le 21 février 2009 à 19:59, par JG

    Deux citations manquent ci-dessus :
    1.
    De nos jours, il ne s’agit plus d’Histoire, mais de règlements de comptes, dont furent victimes, hier, Zinédine Zidane, Bernard-Henri Lévy (si ses détracteurs possédaient seulement le centième de ses qualités…)

    2.
    J’ai passé ma vie à défendre la liberté d’expression, à proscrire toute forme de censure, à déplorer la pénalisation de la pensée. Ce passé m’autorise à proposer à l’avenir de nouvelles balises.

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