vendredi 26 février 2010, par
Sauf si elle est belle, ou drôle, désopilante, surprenante, décalée, émouvante, avec une super bande son.
En fait j’aime la pub.
A bien y regarder, c’est presque mon huitième art. Donc du point de vue du mec qui a raqué plein d’argent pour être en prime time sur une chaine hertzienne, ou qui paye une armée de buzzers et suiveurs, je suis pas rentable. A court terme. Je mate, pas pour être achetée, juste le talent développé en quelques secondes pour me retenir. Je suis même capable d’attendre impatiemment la plage publicitaire, parce que je veux revoir la toute dernière qui m’a tant plu.
Parce que quand je trouve bien une pub, et ça arrive de plus en plus souvent, je goûte tout de l’exercice. L’inventivité dans des domaines parfois arides et ingrats. La beauté de l’image, du graphisme, le ton et les mots. Ce qui a été osé juste sans trop pour la tout de même très conservatrice que je suis. Le scénario, la performance des acteurs, le morphing, le rythme, la chute… j’admire la créativité, j’apprécie le travail, je note l’évolution par rapport aux épisodes précédents, et parfois même, je découvre une top musique.
Bon souvent aussi, je suis navrée. Par le manque de tout ce que j’ai listé juste au-dessus.
Je suis donc une mauvaise cliente, et une vraie spectatrice. Pour être honnête, ça marche quand même un peu leur histoire, par exemple, les rasoirs, ce sera plutôt Wilkinson maintenant. A cause de ça :
Hier, j’ai regardé un truc fou, après « Luke, je suis ton père », la fin de C dans l’air.
Qui parlait, tiens donc, du dernier avorton de campagne anti-clope. Une grande carte postale, dans des endroits ciblés si j’ai bien compris. Le grand public, bien informé, s’offusque, y voit une presque incitation à pédophilie, en tout cas un mélange d’un goût même pas douteux, à dégueuler. Et ça aurait du finir aux ordures vite fait bien fait, assorti d’une peine appropriée pour ceux qui ont éjaculé cette pitoyable merde.
Sauf que pour mieux s’insurger, on en parle, encore et encore. On en parle, et on le montre partout, sur tous les supports auxquels il n’aurait jamais pu prétendre.
Et voilà, c’est presque un succès, sauf bien sur, comme le faisait judicieusement remarquer l’invitée juriste, si le pénal s’en même…. Et ouais, parce qu’on peut mégoter sur la place du sexe dans la pub, ce qui est permis, ce qui est limite, mais là, c’est un mineur malmené par un majeur….ça va chercher dans les combiens, ça ? sait pas. La bande de branques irresponsables qu’a voulu se faire mousser avec des vraies images chocs n’aurait pas été payée. Comment ? ils auraient fait ça gratos ? pour la gloire ? p’être pas, non, mais pour la notoriété, c’est clair, et c’est gagné : on ne parle plus que de ça. Si c’est pas une vraie leçon de publicité virale…
Et finalement, cette émission, est-ce que ce n’était pas une grande opération marketing ?
Et y avait qui, pour être tous d’accord ?
le sage de l’ARPP qui dit que c’est fou comment on maitrise de mieux en mieux cette sale bête publicitaire, y compris sur la toile (dans la limite de nos frontières, s’entend….).
Le grand papou à plume d’Australie, s’offrant même le luxe de plus d’honnêteté qu’on n’en attendait de lui, très bon, c’est son agence propre et brillante que je choisirai quand j’aurai un truc à vendre.
L’inévitable psychothérapeute, juste, claire nette et concise, ben voilà, c’est nul, inefficace et ça véhicule en plus une idée pitoyable du sexe. Démonstration : comme la clope, en vrai, c’est pas ressenti comme si mal que ça, on doit pouvoir considérer qu’une pipe forcée non plus c’est pas si grave, puisque c’est comparable…tiré par les cheveux ? un peu ouais, elle est quand même psy, mais qui c’est qu’à commencé ?
Et enfin le gars de Famille de France, qui non content de faire son coming out, oui, parlons sexe à nos jeunes, on est hyper pour, se jette au cou du Monsieur d’Australie, mon cher ami, comme nous sommes tellement du même bord ! Vous pourriez travailler à notre main, j’ai pas dis que j’allais vous commander un truc, faut pas déconner, mais l’éducation de notre jeunesse, c’est ensemble qu’il nous faut la faire…
« Heu. »
Ne répond pas le Monsieur qui sait se tenir. A la place il élude. N’a rien vu rien entendu rien compris de la première charge, ni de la suivante.
Hey ! c’est un publiciste. Atterris, mon gars !
Parce que si moi, je la dévoie un peu, en ne regardant la pub que pour elle, lui coller comme job la remise au carré de notre jeunesse perdue… Pardon, mais…son job, c’est de vendre. Celui des instances surveillantes, c’est de veiller à ce que la loi et les bonnes mœurs soient respectées. Quant à élever les mômes dans le respect des autres et d’eux-mêmes, il y a des gens exprès pour, non ?
Comme dit mon peintre en bâtiment « chacun son boulot, ma p’tite dame »
Vos commentaires
Alyette
mais moi je reste toujours désarmé devant "la pub de la pub", qu’en penser ?
Yvan
Ouais, bien envoye !!! Dis-donc, t’as la plume qui te demange en ce moment :-) (au passage, je ne connaissais pas cette pub pr W., elle est enorme !!!)