Il n’y a pas que les politiques qui savent retourner leur veste.
mardi 10 mars 2009, par
« Si je devais résumer ma vie avec vous aujourd’hui, je crois que dirais d’abord que ce sont des rencontres, des gens qui m’ont tendus la main peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi, et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée, parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois, on ne trouve pas l’interlocuteur en face, je dirais le miroir qui vous aide à avancer. Alors ce n’est pas mon cas, comme je le disais, parce que moi, au contraire, j’ai pu et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu’amour… » Otis, ta gueule ! OK. J’arrête !
La semaine dernière, nous évoquions, avec un de mes amis, le regretté, l’irremplaçable Pierre Desproges, avec d’autant plus de plaisir, en ce qui me concerne, que c’est grâce à cet ami que je l’avais découvert. J’avais bien une approche du personnage au travers du "Tribunal des Flagrants Délires", à la radio, mais je ne m’y suis vraiment intéressée que lorsque j’ai reçu , de ses mains, "Les Chroniques de la Haine Ordinaire" à un de mes anniversaires. Nous en étions à nous demander qui, aujourd’hui, pouvait être l’héritier de cet homme unique à plus d’un titre. Mon ami sorti Stéphane Guillon de son chapeau, en ne le mettant pas tout à fait au même niveau que Desproges, mais en lui accordant une certaine parenté. Je n’étais pas tout à fait d’accord, même si je dois reconnaître qu’il peut avoir ses bons moments, je trouve qu’il lui manque une qualité essentiel que possédait Desproges : la générosité. Guillon a ce coté aigri et frustré qui rend son discours acide et lourd à digérer parfois. Desproges, lui, bien que tout aussi méchant et irrévérencieux, avait une certaine munificence qui enveloppait son propos et le rendait délicieux.
Non, Stéphane Guillon ne me fait pas toujours rire, mais certaines de ses chroniques sur Kouchner (cf : Hey Little red riding hood) ou DSK, par contre, si.
Démonstration :
Celle de ce matin est l’illustration parfaite de ce manque dont je parlais :
Mais cela reste toujours dans son style qui lui est propre. Il est cohérent. Ce qui est moins cohérent, en revanche, c’est ce retournement de certaines personnes qui l’aimaient beaucoup et qui, comme par magie, commencent à lui trouver certains défauts depuis que l’Elysée le tient dans son collimateur (ici, par exemple)…
Moi, ça m’agace, j’aurais presque envie de prendre sa défense, même quand je le trouve mauvais, lorsque j’observe ce genre de comportements. Ca me fait penser aux nombreuses personnes qui m’auraient presque lynchées lorsque j’émettais des réserves sur le candidat à la présidentiel Sarkozy, et me menaçaient de Ségolénitude, alors que je ne demandais qu’un peu d’objectivité ; et qui maintenant sont les premiers à le vomir, en tant que Président, avec une mauvaise foi qui me répugne. Se tromper sur quelqu’un, ça arrive à tout le monde, tout le temps, tous les jours. Mais prétendre qu’on a toujours su qu’il était un bras cassé alors qu’il y a deux ans j’ai failli me prendre un verre en pleine tête pour avoir osé dire que je ne trouvais pas son attitude, à bien des égards, cohérente et que je le voyais plus dans le rôle de Premier Ministre que de Président… Ca laisse songeur sur la nature de certains hommes… Je sais, ce n’est pas nouveau, mais c’est toujours aussi excédant !
Vos commentaires
Je te rassure je fais partie de ceux qui depuis 1995 (et après coup hélas) ne croient plus à l’homme (ou la femme) providentiel(le). Je suis devenu un saint thomas de la politique. Je juge au résultat mais j’ai peut-être un léger atout sur toi. On ne m’a jamais menacé de me lyncher, la peur du 2ème effet kiss cool pour celui qui aurait la mauvaise idée de me manquer sans doute...
Sur Guillon, on est plus dans la culture de la méchanceté que celle du on mot et du verbe. Il glisse parfois dans le pas drôle à trop vouloir en faire et surtout on ne trouve qu’un seul axe : taper sur, sans ou peu d’auto dérision et moins encore de sensibilité. Laissons lui le temps de murir et puis l’actu c’est pas forcement simple comme exercice.