vendredi 19 décembre 2008, par
J’ai reçu au courrier une lettre qui m’a, sinon préoccupée, du moins profondément alertée. Elle provenait du Directeur du centre où mes enfants pratiquent une partie de leurs activités extra scolaire et où il nous annonçait, ni plus ni moins, la mort d’un des enfants au sein de cette institution à cause d’un nouveau jeux très en vogue parmi les ados : Le jeux de la tomate.
Je vous passe le style assez génial qui les dédouanaient, lui et son équipe, de leurs responsabilités vis-à-vis de l’événement : en effet, il est parfaitement normal qu’un ado de 15 ans dont les parents vous ont confiés la charge et la responsabilité finisse entre six planches. Vous me répondrez : « Un accident est toujours possible et affaire de malchance… », et je serais d’accord, mais dans ce cas précis, il ne s’agit pas, selon moi, d’un « accident ». En effet, pour ceux qui sont dans l’ignorance, comme je l’étais moi-même il y a quelques heures encore, le jeu dit de "la tomate" consiste à retenir sa respiration le plus longtemps possible pour épater les copains. Avouez tout de même que dans le palmarès des morts cons, celle-ci est en bonne place. Ah ! Où sont donc passés les concours de grosses quéquettes, de celui qui fait pipi le plus loin ou du plus habile à marquer son prénom dans la neige muni du même instrument ? Guère plus éducatif, mais il n’en reste pas moins que cela permettait de garder les protagonistes en vie, du moins jusqu’à leur première cuite au volant…
Tout cela pour dire qu’il aura fallu un mort pour réveiller les consciences, obliger tous ces gens à regarder la vérité en face et à en parler : et oui, cela n’arrive pas qu’aux autres. Sous prétexte que cette honorable institution se trouve dans le 7ème et n’est fréquentée que par des gens « biens », le mal ne peut pas y entrer. Et c’est tout le problème : nier le mal, ne l’exclut en rien et ce n’est ni affaire de milieu, ni affaire de lieu d’ailleurs, qu’on se le dise une bonne fois pour toute ! Et il en est de même pour les violences conjugales, l’alcoolisme ou encore la pédophilie. Je ne supporte plus cette hypocrisie qui consiste à occulter les problèmes de société sous prétexte que certaines catégories se croient au dessus de la mêlée !
J’en ai moi-même fait la douloureuse expérience quand ma fille s’est retrouvée en dernière année de maternelle (séance de rattrapage : cela signifie que les enfants ont en moyenne entre 4 et 5 ans). J’étais maman correspondante, c’est-à-dire que mon rôle était censée se borner à trouver des parents pour les divers sorties de classe et m’occuper du cadeau de fin d’année de la maîtresse, du moins, je le croyais… Il y avait un petit nouveau dans la classe avec un pedigree à l’épreuve des balles et propre sur lui. Ma fille s’est plainte au bout d’un certain temps que le fameux nouveau n’arrêtait pas de « vouloir lui enlever sa culotte », pas de quoi fouetter un chat, juste assez pour m’agacer sérieusement et aller en toucher un mot aux maîtresses. Parallèlement, elle développait une forme d’urticaire et des infections urinaires à répétition. Les maîtresses (elles étaient deux) m’ont assurées que je me faisait des idées sur ce petit garçon tellement mignon et que ma fille devait cultiver une forme de jalousie, par ma faute, envers son frère. Comme je suis plutôt du genre à me remettre en cause pour faire avancer une situation bloquée : je dois faire un truc mal, j’ignore ce que c’est, je vais prendre conseil auprès de quelqu’un que j’estime compétent. Donc, je prends rendez-vous chez une psychologue et fait subir un tas d’examens proche de la torture à ma pauvre louloute afin de comprendre comment elle contractait ces infections à répétition, pour m’entendre dire à Necker : « Madame, il faut apprendre à votre fille à faire pipi… ». Bon, ça c’est fait !...

Me voici en route vers la case Dolto, et là, le choc. La psychologue me prend à part et me dit : « Votre fille n’a aucun problème avec vous, elle est un peu jalouse de son frère, mais c’est normal à son âge, par contre, il y a un problème en classe… ». Et là, j’apprends que l’angélique gamin de 5 ans s’acharne non seulement sur ce que cache les dessous de ma filles (en même temps, je ne peux pas lui enlever qu’il ait un goût certain), mais aussi qu’il pratique une variante du jeu du foulard (et pas celui pratiqué par les musulmans, non,non, celui qui tue !) sur ces petits camarades, tout ceci impunément et malgré les plaintes répétées de certains parents. Tous les enfants de la classe savaient exactement où appuyer sur la gorge pour couper la respiration au niveau de l’œsophage.
Mes colères sont comme les orages dans le midi, ça fait beaucoup de bruit, ça tempête, ça gronde, ça explose et puis ça disparaît comme c’est venu, pour laisser place au soleil radieux, comme si de rien n’était… Un truc impressionnant, mais sans conséquence. Par contre, quand je garde mon calme, c’est une autre histoire. C’est là qu’il faut s’inquiéter, et là, je garde mon clame. Je rassemble patiemment tous les témoignages avec force détails et dates, puis je prends rendez-vous avec la Directrice. Je lui expose patiemment les faits et lui demande de prendre les sanctions nécessaires. Réponse : « Oh vous savez, les parents sont très bien, et sa maman me dit qu’il demande tous les jours d’aller dans une église pour prier pour ses petits camarades ». Je rêve… Je reste calme et je lance glaciale : « Mademoiselle, il y a aussi des prêtres pédophiles, ce n’est pas pour cela que c’est une bonne chose ! Par ailleurs, vous n’arriverez pas à me faire croire que le comportement de cet enfant à son âge est normal, et si vous ne voulez rien faire, je me ferai un plaisir de déposer une main courante contre l’enfant et contre l’école et d’écrire au diocèse pour y dénoncer votre incompétence, tout ceci dans un premier temps. En outre, je pense qu’il est essentiel que vous touchiez un mot aux parents et aux enfants afin de leur expliquer que ce comportement est dangereux. Je vous rappelle que ces enfants savent tous comment s’étrangler et qu’ils vont être laissés en liberté cet été chez des grands parents avec d’autres cousins qu’ils voudront épater et que s’il arrive quelque chose vous serez responsable et moi aussi car je ne vous aurais pas obligé à réagir sachant ce que je sais… ». Sourires faux-culs, c’est entendu Madame… Il a fallu aller jusqu’à la main courante pour la faire capituler… Du jour où cet enfant à été puni et que tout a été divulgué, les symptômes de ma fille ont disparu.
Que vous dire de plus sinon qu’il existe bien d’autres jeux débiles comme celui du sac plastique, de la canette, du petit pont massacreur, et j’en passe… et qu’il ne faut pas hésiter à en parler avec les autres parents mais surtout avec ses enfants pour leur faire comprendre qu’il vaut mieux être un imbécile bien vivant qu’un imbécile mort !
Vos commentaires
t’as bien raison ma chérie, le VIIème, c’est plus c’que c’était. sans rire, t’as aussi raison, nos monstres, il faut les prévenir que pas cool, pas fun et même pas cap’, c’est toujours moins débile que mort. et les petits caïds qui ne les trouveront pas assez bien pour rester leurs copains s’il le font pas, ou le font pas subir à d’autres, leur jeu à la con, c’est rien que des crétins, des connards et des inconscients, à boycotter avec tous les copains biens de la cour, les sains d’esprit, qui jouent aux billes et à l’élastique. Voilà, une utilisation assumée et autorisé dans ce cas là exclusivement, des gros mots que sinon je ne veux jamais entendre dans leur bouche. J’en ai profité au passage pour administrer à mon aîné un petit cours sur la non assistance à personne en danger, et donc sur la légitimité absolue de s’interposer, aidé, si nécessaire du corps enseignant ou surveillant, s’il venait à être témoin de ce genre de pratique. T’as compris, mon chéri ? et à part ça, c’était bien, l’école, aujourd’hui ?