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L’imposture Wikileaks

lundi 23 août 2010, par Hugues

Cet été, la sacro-sainte liberté de la presse a pu se glorifier de la diffusion de près de 100 000 documents classifiés concernant la guerre en Afghanistan par le site Wikileaks de notre ami Julian Assange (photo). La presse en a été toute émoustillée et ce feuilleton à sa propre gloire a occupé une large part du temps d’antenne et des unes.

Personnellement, cette entreprise d’auto-congratulation et de satisfaction à la vue du scoop m’a écœuré et révolté pour plusieurs raisons.

Tout d’abord parce que c’est quasiment un faux scoop. Sur la centaine de milliers de documents classifiés, plus de 99% ne sont que des comptes-rendus quotidiens réglementaires à toute force militaire occidentale. Ils n’apprennent donc rien à ce que nous savions déjà. Et si certains ont pu gloser sur des détails que nous n’avions jamais vus auparavant, c’est par bêtise : ces documents sont rédigés dans l’action ou quelques dizaines de minutes après l’action. Ils ne traduisent donc qu’une vision initiale d’une situation. Des précisions, des éclaircissements et des corrections sont apportés par la suite, ce qui change parfois le visage d’un événement. Je sais de quoi je parle, j’ai moi-même rédigé plus de 600 des documents diffusés. Le côté spectaculaire de la diffusion de ces documents est donc un bon gros pétard mouillé.

Ensuite parce que, en ce qui concerne le moins-de-1%-restant, la recherche de la notoriété en général et de la reconnaissance journalistique en particulier relève à la fois d’un orgueil que je vomis et d’un manque d’intelligence de situation – un crime à mes yeux (en bon adepte de Pierre Villepreux et Jean-Claude Skréla). Jusqu’ici dans l’histoire, chaque nation, chaque organisation, chaque multinationale a identifié le besoin d’établir une classification sur certaines données qui peuvent engager son existence, sa sécurité ou encore la protection de ses membres. Dévoiler de tels secrets en refusant de voir les enjeux et leur sensibilité est donc tout simplement irresponsable. Je vais en reparler. Julian Assange est donc un pauvre type à la recherche de la gloire. Même Zahia fait mieux car elle, elle crée, elle improvise. Et le militaire américain qui lui a transmis les documents est tout simplement un traître – sans équivoque.

Enfin, et c’est le plus important, parce qu’en révélant certains secrets, Assange et sa source mettent en péril un nombre assez important de personnes : soldats, agents secrets, Afghans engagés de près ou de loin avec la coalition internationale. Le seul résultat durable de leur coup médiatique est donc à terme la mort de plusieurs personnes, dont certaines souffriront probablement beaucoup avant de mourir (je rappelle que les Talibans, ce sont ces gens qui pendent les enfants de 5 ans et plus). Il est trop facile de jouer les Ponce Pilate et de se laver les mains des conséquences de ses actes au nom d’une liberté de la presse de m… J’espère que certaines familles de victimes afghanes pourront porter plainte contre Wikileaks pour complicité d’assassinat.

En conclusion je dirai ceci :

1) J’espère que le soldat américain va écoper d’une bonne grosse peine de prison à l’américaine, dans les 400 ou 500 ans, et qu’il va aller la purger dans un pénitencier à la Prison Break où il pourra découvrir une nouvelle sexualité ;

2) J’espère que notre ami Julian Assange va être obligé de poursuivre sa vie de fugitif engagée cet été et qu’un jour, la CIA le rattrapera. Enfin, il s’expliquera un jour devant qui de droit, là-haut. Son irresponsabilité va tuer.

Voilà, vive la liberté de la presse. Et vive l’intelligence surtout, c’est beaucoup plus rare.

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Afghanistan, wikileaks


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