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Le sarkozysme est-il un ostracisme ?

lundi 16 août 2010, par GB

Les dernières déclarations du président de la République lui ont valu son quota d’opprobre et de récriminations. Nicolas Sarkozy n’ayant su résister à la tentation de désigner à la vindicte populaire les vilains Roms, il s’est épargné de rendre des comptes sur sa politique de sécurité en lançant aux trousses de quelques voleurs de poules une maréchaussée qui peine à rétablir la loi dans un nombre croissant de quartiers de banlieue.

Les gens du voyage ne sont certes pas les premiers électeurs de Nicolas S. Il est, en effet, difficile de mesurer combien de ces Français sont inscrits sur des listes électorales. Mais leur mode de vie ne peut manquer de compliquer l’exercice de cette part de leurs devoirs civiques. Alors, dans ces conditions, lorsque l’actualité n’est pas bonne, que le ministre du Travail continue de faire la une de la presse pour ce qui semble être une assez remarquable suite de scandales et que l’insécurité, bien plus qu’un thème de campagne, est la réalité d’un bon nombre de nos concitoyens, pourquoi ne pas chercher quelques boucs émissaires ?

Ca ne coûte pas cher...

... Pas sûr, tout au moins, je l’espère, parce qu’il faudrait tout de même que les conseillers en communication du président envisagent d’arrêter à un moment ou à un autre d’insulter l’intelligence des Français. Les conseillers du président, son premier cercle, lui ont-ils conseillé de déclencher cette polémique pour étouffer l’absence de résultats de sa politique en général, protéger son image et celle de ses ministres ?

Et si la stratégie présidentielle s’est choisie un nouveau combat, celui-ci se résume ainsi : « Chasser les voleurs de poules... »

Bel exploit. Non, si, si, j’insiste, bel exploit. Il y a dans cette mesquinerie des relents de Georges W. Bush. Faute de terroristes, faute de résultats contre les trafiquants, de croissance économique, de recul du chômage, Nicolas Sarkozy a choisi. Employant ses métaphores guerrières coutumières, il s’est offert l’un de ses rôles préférés, le gars qui n’a peur... pas peur de dire les choses (lesquelles et pourquoi, c’est une autre affaire), le gars qui mouline des rodomontades infinies sur le thème, de « Je vais leur montrer moi, même pas peur ».

Quand c’est mal fait.... Ca fait pas peur...

C’est curieux ce besoin chez le président de jouer au dur, de prétendre n’avoir peur d’aucun tabou, d’aucune valeur. Ca me rappelle les bravades de quelques solides abrutis dont le cri de ralliement aurait pu être « Méfie-toi, je suis un dingue » ou « Retenez-moi, retenez-moi, j’vous dis ». L’actuel président de la République est aujourd’hui en-dessous de sa fonction. En-dessous de pas mal de choses, à dire vrai. A force de gesticulations, de divisions, il est sérieusement en train d’achever toute idée de cohésion nationale, de communauté de destin, de choix fait de vivre ensemble...

Le président en a-t-il conscience ? Peut-être mais il s’en fout. Entre ses ambitions et le pays, il a choisi, ce sera lui. Et il ne reculera devant aucun procédé qui lui permettrait de se maintenir au pouvoir. A choisir entre lui et le pays, pour ma part, qu’une défaite en 2012 lui fasse une peine affreuse, ou pas...

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Vos commentaires

  • Le 18 août 2010 à 15:09, par Hugues

    Tout pareil ! En 2012, tout sauf Sarko, y compris la gauche ! Et viva la muerte !

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