jeudi 17 décembre 2009, par
Bêtement, il fallait rester dans le ton n’est-ce pas, ce titre d’une chanson de Richard Gotainer m’est venue à l’esprit aussitôt que j’ai eu pris connaissance du dernier exploit de Madame Morano. Je dis bien Madame, comme naguère on disait « bonjour Mademoiselle et au revoir Madame… »
Prodigieuse ministresse… les mots ne lui ont pas fait défaut, il faut le reconnaître, lorsque Nadine Morano parle, Frédéric Lefebvre écoute, prend des notes peut-être… je ne sais pas. Notre Ministresse pourrait d’ores et déjà écrire son petit manuel du mal-parler en France sous le titre que la rédaction se permet humblement et sans « verlan, ni casquette à l’envers » de lui suggérer « bons conseils à l’usage des campagnes électorales et des tentations démagogiquo-populistes ».
Formidable Marianne des campagnes, fille des amours hypothétiques de Jeanne d’Arc et de Charles Martel, Nadine, sans peur… ose apostropher la jeunesse de France à moins de 100 kilomètres de la première cité pour inviter les jeunes gens de confession musulmane à changer de couvre-chef, de langage et encore quelques bonnes petites choses dont l’énoncé vous sera (peut-être, j’hésite encore) épargné.
Nadine,
Je n’ose vous dire mon petit… vous me donnez bien du souci… Vraiment c’est préoccupant cette manie que vous avez de proférer au coin d’un bois des Vosges, au détour d’un discours de ces âneries qui, en termes de cohésion nationale, promettent d’être désastreuses. Que vous est-il passé par la tête, au moment ou un électeur vous demandait ce que vous attendiez d’un jeune musulman de France.
Ca ne vole pas bien haut, en effet, que de donner des conseils de sémantique et d’élégance vestimentaire à nos concitoyens, fussent-ils jeunes, de telle ou telle confession, ce qui (pour la confession) n’est tout de même pas vos oignons. Ministre de la république, vous eussiez gagné à botter en touche sur ce point particulier. Une petite question de votre part eut été bienvenue, je vous la propose sous cette forme « Et pourquoi musulman ? ».
Croire en effet que les seuls jeunes qui aient des difficultés à trouver un travail soient de telle ou telle confession en vertu d’un principe qui voudrait que « ces gens là ne sont pas comme nous… », quelle misère… Non, Nadine, mon petit, la vérité me commande de l’écrire, vous me faites de la peine. Vous me faites de la peine à cette certaine idée que je me fais de la France… je ne sais si la nouvelle vous est connue, mais notre beau pays connait cette sorte de situation que l’on appelle « la crise ». En de pareilles circonstances, informez vous, internet pullule d’articles à ce sujet, en de pareilles circonstances, donc, l’union prévaut. Elle ferait la force que je n’en serais pas autrement surpris et vous voici, splendide, éblouissante de classe, prête à semer des germes de discorde… Non, Nadine,ne niez pas, n’est ce pas nuisible…
A force de dénoncer la pesanteur de ce que l’on appelait « le politiquement correct », vous voici bien loin de ce péril, vous fuyez Charibde et… je vous épargne la fuite de Ghommorre, mais avouez que vous me cherchez un petit peu quand même… A vouloir parler franchement, vous avez surtout su franchement dire des conneries, nocives, bêtes…
Vous voici devenue l’alter-ego de Frédéric Lefebvre… Ce n’est pas une promotion, ce n’est pas davantage un signe de progrès de la cause féminine. Vous accédez à la vulgarité, non pas celle de la langue, ni de l’éducation, mais des idées, des sentiments. J’ai trop entendu de ces tirades en effet, pour ne pas me souvenir des lieux ou ils m’agressaient les oreilles… propos de bar, tenus par des alcooliques sous influence… Je n’excusais pas, mais bon, ce genre de conneries s’entendent, ça arrive, c’est digne du café du commerce… J’attends d’un ministre un autre niveau de réflexion.
Un peu de dignité ne vous nuirait pas… Le silence par exemple, est souvent empreint de dignité, songez-y, merci.
Vos commentaires
Belle alitération en N !