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Vive l’Algérie française !

mardi 8 février 2011, par Hugues

Le nombre de retraités centenaires en Algérie dépasse le nombre de centenaires recensés par l’état civil de ce pays. Merveilleux ! Sous des dehors abrupts, ce pays possèderait-il un climat propice à la longévité ?

Non.

Derrière cette nouvelle qui peut prêter à sourire se trouve pourtant un constat beaucoup plus alarmant car cette découverte ne relève pas d’une quelconque étude démographique ou médicale, mais d’un audit de la Cour des Comptes.

Mais revenons un peu en arrière. La CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) est l’organisme qui gère la retraite du régime général de la Sécurité sociale : la retraite de base des salariés de l’industrie, du commerce et des services. 9 Français sur 10 y ont cotisé, y cotisent, ou y cotiseront. Et les Français binationaux ayant travaillé en France ont accès à ce régime. En juillet dernier, la 6e chambre de la Cour des Comptes, après avoir épluché les comptes de ladite CNAV, a présenté un rapport sur la fraude sociale devant une commission parlementaire.

Et là, patatras : il y a des retraités qui ne meurent plus dans les pays étrangers. Et de pointer en particulier le nombre de retraités centenaires algériens. C’est ainsi que ces personnes deviennent immortelles à partir du moment où elles se retirent en Algérie pour leur retraite. Ce sont leurs enfants, voire leurs petits-enfants qui continuent à percevoir la pension de retraite, bien après leur décès.

Face à la stupéfaction des parlementaires, la présidente de la 6e chambre a tout de même cru bon d’ajouter qu’il suffit de ne pas déclarer à la caisse de retraite le décès de l’ayant-droit pour continuer de percevoir sa retraite, et qu’il ne faut évidemment pas compter sur les autorités algériennes pour faire la chasse aux fraudeurs. Nous voilà rassuré sur l’efficacité du système de fraude…

Chaque contribuable peut cependant légitimement s’émouvoir du fait qu’un organisme comme la CNAV, qui verse chaque année 4 milliards d’euros de retraite à l’étranger, dont 1 milliard pour l’Algérie, ne soit pas en mesure d’effectuer un minimum de vérifications. Il ne serait pourtant pas impossible ni mal venu de demander aux bénéficiaires de donner une preuve de leur existence tous les deux ans par exemple, comme cela se fait en France pour les professions libérales ou d’inviter ces mêmes bénéficiaires à se présenter dans les consulats de France pour percevoir leurs pensions… Mais non, rien de tout cela.

En pleine réforme des retraites et augmentation des efforts demandés aux Français dans ce domaine, cette affaire est particulièrement savoureuse !

Mais les limites des pouvoirs de la Cour des Comptes sont vite atteintes : elle n’émet que des avis, pas des injonctions. Comme pour la situation ubuesque du port autonome de Marseille, qu’un autre de ses rapports a mis en lumière, c’est donc aux politiques de se saisir de cette affaire pour faire cesser gabegies et abus divers et variés.

Alors espérons que certains trouveront le courage nécessaire pour réaliser des économies qui ne sont pas négligeables, surtout en période de déficit chronique… Chaque jour je me sens plus que jamais social-démocrate.

Fermez le ban.


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