lundi 24 mai 2010, par
Ils appellent ça le petit journal, l’idée c’est de faire une sorte de chronique ironique de l’actualité, avec un présentateur qui dans un corps d’ado a enfermé une gentille petite voix de branleur. Notez bien qu’à l’instar de Woody Allen, je ne dirais pas de mal de la branlette, c’est tout de même un bon moyen de faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime.
Quand au petit journal et à sa supposée irrévérence, son style et sa manière de filmer ses images comme s’il les volait... J’ai deux ou trois petites choses à en dire. Le pitch de la rubrique de "le grand journal" est de mettre en scène le rôle de "quatrième pouvoir" de la presse.
Par des raccourcis plus éculés (ce n’est pas un gros mot, mais il s’en faut de peu) les uns que les autres, les équipes de Canal nous démontrent l’omnipotence que leur offre leur position. Dans le monde merveilleux de Canal, tout ce qui peut se vendre est exploité. Foot, films de boules, humour, rébellion, peu importe, si ça peu occuper les badauds.
A force de vider les mots de leur sens, de mettre en scène un petit ordre moral ironique, les messages finissent par se résumer "à ne croyez personne, tout se vaut", puis dans une deuxième partie "regardez comme ils sont tous mauvais, comme ils ne font rien qu’à se planter." C’est assez facile, la société actuelle s’est accaparée l’ensemble du spectre des émotions, des idées et en organise le pouvoir et les contre-pouvoirs.
Ce qui faisait évoluer une société était la lutte entre factions, partis et toutes les formes de représentation de telle ou telle partie de l’opinion. Comme ces évolutions impliquaient des changements de pouvoir, des équilibres nouveaux, c’était un peu emmerdant, pas super rentable. Ca portait un nom c’était le changement et de temps en temps, il en fallait pour que le peuple, l’électorat, la ménagère de cinquante ans, vous et moi y trouvions notre compte.
Nous avions le sentiment de vivre en démocratie, ou à tout le moins dans un monde dont nous pouvions être les acteurs. Parfois ce n’était qu’à un petit niveau, c’était un coup de main à quelqu’un, la défaite ou la victoire électorale, un élan venu de nulle part qui amenait un changement.
Il y avait des forces ne présence, elles s’affrontaient, cet affrontement avait un sens tout bête, c’était comme ça que les sociétés humaines fonctionnaient. C’est encore le cas, dans ce truc qui s’appelle le monde. Chemises jaunes contres chemises rouges en Thaïlande par exemple.
Mais ce n’était pas productif, pour être productif, il faut bien séparer les individus, comme ça, lorsque disparaissent les liens entre les individus, ils changent de nature, ils construisent leur vies différemment. Ils consomment, parce que, c’est écrit partout il faut tel ou tel sac à main, telle out telle bagnole pour réussir dans la vie, pour s’épanouir, se réaliser.
Comme le message serait un peu gros, s’il se résumait à cela, il est devenu un peu plus sophistiqué. On ne vous promet plus le bonheur par la consommation, on ne vous promet plus le changement par voie électorale, on vous ressasse que de de toutes les façons, vous n’avez plus le choix.
C’est la constitution européenne, si ça ne passe pas, alors on fait un traité de Lisbonne, de Madrid, de peu importe, mais quoiqu’il arrive, ça arrivera que vous soyez pour, contre ou que vous en vous foutiez ou pas. Comme les politiques ne peuvent pas franchement se permettre ce genre de discours, ils continuent de prendre des grands mots, de les coller dans leurs discours.
Pour vider de leur sens le reste des mots, des quelques petites possibilités de réaction, il reste à les ridiculiser, et Yann Barthès fait ça très bien, très très bien. C’est réjouissant, on s’appuie sur nos mauvais instincts, on se fout bien de la gueule de tout le monde.
On abaisse... Nous avons tous une capacité à penser du mal des uns et des autres et on a jamais construit quoique ce soit comme ça. Saint-Ex déclarait à ce sujet :"quiconque abaisse, c’est qu’il est bas..."
Yann Barthès et son évidente auto-satisfaction, ses amis de Canal sont, soit de pâles salopards conscients de ce qu’ils font, soit des idiots utiles.
Autant être inutile et se passer de ses prestations.
Vos commentaires
A propos de "gros mot, mais il s’en faut de peu" il a caleçon pour peu qu’on se trompe de C pour la cédille.
Je sais cela n’a pas grand rapport avec le sujet et n’avoir retenu que cela de l’article est un rien navrant mais ma télé me servant de table vous comprendrez que...comment dire...tiens le truc que Woody Allen n’aime pas.