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De l’influence de James Brown

Prince & moi

mardi 18 mai 2010, par DB

Toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du blues.

Le jazz vient du blues.

Le rock ‘n’ roll vient du blues.

La soul vient du blues et James Brown en est son porte-étendard.

Il a inspiré, créé, inventé la soul, le R&B, le funk (même s’il est loin d’avoir fait cela tout seul). N’importe quel funkateer, rappeur, soulman se réclame de lui.

James Brown est une des influences majeures de la musique de Prince. De toute sa musique : celle écrite, celle arrangée, celle jouée sur scène. Prince a aussi beaucoup regardé James Brown danser, se mouvoir, jouer sur scène. Il a observé dans le moindre détail sa manière d’occuper l’espace, de tenir le public, de l’électriser.

La scène. Le lieu où James Brown et Prince prennent toute leur dimension. Cliché que de le dire pensez-vous. C’est vrai pour n’importe quel artiste. Sauf que si vous n’avez jamais vu James Brown sur scène avant 1975, alors il vous manque un truc. Et c’est encore plus vrai en ce qui concerne Prince. Il joue dans une autre catégorie. Il est dans une autre dimension par rapport aux quelques showmen qui méritent ce titre. Il est à part. Flamboyant. Cabotin. Surprenant. Méticuleux. Joueur. Contrôlant absolument tout. Crâneur. Danseur. Maître de cérémonie. Performeur. Jouisseur.

Début de la démonstration.

Grand un : Où James Brown casse les codes de la mise en scène.

Vous connaissez tous Please, please, please, le premier tube de James Brown. Sorti en 1956. Un million d’exemplaires écoulés. J’adore cette chanson. Complainte syncopée et symphonique. James a le cœur brisé. Il supplie son amoureuse de ne pas le quitter.

Tout comédien qu’il est, James Brown avait créé une mise en scène géniale. Un numéro imparable. Dévasté par le départ de son amoureuse, il s’écroule sur scène, incapable de continuer. Prostré, un de ses sidemen arrive avec une cape pour le recouvrir et l’entraîner en coulisse. Mais, James se ressaisit et revient s’obstiner et jouer sa partie au micro. Inlassablement.

Assez de mots. Ca se passe en dessous. Ca dure 4 minutes. C’est du grand art.

Deux ans après la sortie de Please, please, please, naissait Prince.

Grand deux : Où Prince réinvente les codes.

En 1982, Prince sort le double album 1999. Ce sera un succès.

Le single 1999 fait un carton. En face B, Prince a collé une balade.

How come u don’t call me anymore.

Prince est déséspéré parce que son amoureuse l’a quitté… Vous devinez la suite.

C’est une des plus belles balades qu’il a écrite. Juste un piano (un vrai, un grand, avec du coffre. Qui sonne. Très rare chez lui, étonnamment) et une batterie très discrète. Une ballade lancinante, avec un break de claquage de doigts qui vient casser le rythme (une idée de génie).

Cette chanson n’était qu’une face B (elle n’est donc pas sur l’album). Pourtant, Prince l’a chantée pendant toute sa tournée américaine de 1982 et 1983. A chaque fois, ce moment soulevait la foule. Frisson et tout. Crises d’hystérie et culottes trempées. Numéro grandiose.

Il y a quelques jours, je tombe sur une vidéo de cette chanson en version live. Un arrangement différent de l’original, qu’il avait souvent l’habitude de jouer presque tel quel (du moins dans la première partie de la chanson). Une version très blues, avec un tempo plus rapide et...

... un sacré clin d’œil à James Brown, grâce au bons offices de son fidèle et inoubliable garde du corps, Chick Huntsberry.

Ca se regarde de bout en bout pour profiter du crescendo. Ca se regarde plein pot, malgré la qualité de l’image (mais le son est parfait).

Live at the Met Center (Bloomington, Minnesota), 15 Mars 1983

CQFD.

A suivre.

P.-S.

L’illustration de ce post est un ticket de concert qui a eu lieu 3 jours après celui que vous venez de voir... C’est tout ce que j’ai trouvé...

Pour écouter la version originale de How come u don’t call me anymore, rendez-vous sur Deezer par exemple. Ca vaut le détour. Et, pour l’amour du ciel, épargnez-vous la version d’Alicia Keys !


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