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Prince & moi
jeudi 27 mai 2010, par
C’est grâce à Prince que j’ai un peu mieux compris les supporters de football.
Je n’aurais pas assez de mots pour vous expliquer à quel point mon intérêt pour la chose footballistique est proche du zéro absolu. Juste pour vous donner une idée, je ne cesse de me demander pourquoi ils se déplacent en car, avalant des kilomètres pour traverser l’Europe, dormant dans des sacs de couchages, bouffant dans des restoroutes plus sordides les uns que les autres. Claquant l’argent du ménage en abonnement et autres frais de séjours, se tapant trois bornes à pied pour rejoindre le stade depuis le parking. Subissant six fouilles à corps, attendant encore deux heures assis sur des gradins en béton. Obligés de déployer des banderoles qui manquent de les étouffer à chaque instant, meuglant des chants qui n’ont rien à envier aux meilleurs tubes diffusés lors des rassemblements populaires de Nuremberg en 1937. Et tout ça, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il fasse une chaleur à crever ! Sans parler des risques de mourir bêtement lors d’une baston générale à cause d’un abruti qui aurait un peu trop crié sa haine de Vache-Les-Besses ! Et encore, je n’aborderai pas les matchs à la télé, source inépuisable d’engueulades garanties 100% inutiles !
Vous voyez le tableau.
Et bien, grâce à Prince, j’ai réussi à appréhender ce monde qui me sépare de l’Homo Supporterus Footbalisticus. Je ne suis pas en train de dire que je pourrais passer des week-ends avec eux (Tiens… Ce serait un bon épisode de « Vis ma vie », non ?), mais j’ai fini par comprendre.
Car, fut un temps pas si lointain où Prince remplissait pas mal ma vie (le bel euphémisme...). J’avais quand même réussi à développer une certaine intimité avec lui. On se parlait beaucoup (à l’époque, il avait besoin d’une oreille attentive), je lui filais un coup de main de temps en temps pour choisir un musicien ou pour agencer les titres d’un album. Des trucs de potes. Il fermait les yeux sur mes achats de disques pirates. Je traquais les sorties sur un service minitel, 3615 STARS, je passais des heures aux puces à attendre mon dealer qui arrivait avec le coffre rempli de « Live at DNA Lounge - San Francisco - April, 12th 1993 » qui partaient en 20 minutes. Je vous parle d’un temps où l’internet n’existait pas. Et, pour les fans de Prince tout particulièrement, l’internet a changé leur vie.
Cette époque correspond aussi aux premiers concerts de lui auxquels j’ai assisté. Dans les concerts, par définition, c’est le festival du fan. C’est l’équivalent du stade. Y’a tous les genres. De l’amateur blasé au mec limite malsain, en passant par la connasse-groupie.
Je me souviens du 1er septembre 1993. Act II. La tournée où il commence par « My name is Prince » et finit en annonçant que, désormais, il n’est plus Prince. Une charnière. Mais ceci est une autre histoire.
Je me souviens du 1er septembre 1993. Ca se passait à Bercy. Je rentrais de vacances. Je n’avais pas pu acheter de ticket. Je me suis pointé devant Bercy et me suis payé une place au marché noir. 250 francs. Et, oui, j’ai encore cette place. Elle ressemble à celle que vous voyez en illustration de ce post.
J’étais tout seul. Je devais rejoindre des cousines, mais c’était tellement le bordel, que je me suis retrouvé dans les gradins. Plutôt bien placé d’ailleurs. Bercy, c’est grand. Depuis les gradins, on domine la salle. Forcément. Et là, j’ai vu. J’ai vu 17.000 personnes, qui attendaient le même mec que moi. Je n’avais jamais vécu ça : être parmi La Grande Congrégation. Et j’ai eu une montée d’angoisse terrible. Je me suis dit que n’importe qui ne partageant pas notre passion devrait normalement nous considérer au mieux comme des doux dingues.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que c’était la même chose pour les supporters de football. Alors. Alors, j’ai mis de l’eau dans mon vin et j’ai accepté qu’on puisse être fan d’un truc qui m’échappe totalement. Petite leçon de vie !
J’ai mis de l’eau dans mon vin, mais pas trop quand même parce que, quand on voit que la Une du Monde en ligne aujourd’hui concerne la composition du match de préparation de l’équipe de France contre le Costa Rica, je vous jure, ça me fout hors de moi. Surtout quand on sait, et ce n’est qu’un exemple d’actualité parmi tant d’autres, qu’on est en pleine commémoration du bicentenaire des deux cents ans du début de la lutte pour l’indépendance de l’Argentine [1]. J’arrête sur ce sujet parce que ça m’agace et que ce n’est pas le lieu !
Tout ça pour en arriver ici : en flânant, j’ai découvert la chaîne YouTube de Big H.
C’est une sacrée fan de Prince.
Elle se passe les chansons de Prince et chante les paroles par-dessus, face à sa webcam. Elle est rigolote et touchante. Et jolie.
Comme je suis une sorte d’ayatollah pour ce genre de trucs, je vous montre une de ses prestations sur un titre correspondant à la tournée de 1993 dont je viens de vous parler. Ca s’appelle « I wanna melt with u ». Big H en avait filmé d’autres de cette période, mais les Grands Inquisiteurs du Web ont déjà fait supprimer les vidéos correspondantes. Je n’aime pas cette chanson. C’est même du gros caca que Prince nous a pondu là. Mais, c’est un mal pour un bien, parce que, Prince, c’est exactement ça : le grand écart permanent, des fulgurances de génie et une capacité à aligner les titres nuls à chier comme rarement un artiste en aura été capable. Je suis content de vous en donner un exemple (et ce n’est pas le pire, mais après c’est juste une histoire de mauvais goût). Surtout qu’ici ce qui nous intéresse, c’est Big H !
Ready ?
Steady !
Go !
J’ai un peu fureté et j’ai trouvé plein d’infos à propos de Big H.
D’abord, elle s’appelle Heather Henderson. Elle est Américaine, elle est musicienne et chanteuse. Elle est tellement fan de Prince qu’elle a monté un All Female Prince Cover Band.
J’adore sa vidéo de promo… Un air guitar de Dirty mind, qui devrait plaire à l’ami Sam.
Join My All Female Prince Cover Band - Philadelphia
Voici son site : hhenderson.com.
If u would like 2 continue the interactive Prince air guitar experience with Big H, please press here.
Et enfin, une question pour les spécialistes : à part la coupe de cheveux, on dirait carrément la danseuse de La Cigale en octobre 2009, non ?