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samedi 21 février 2009, par
Une silhouette hachée, quelques traits de crayons, un regard noir et une étincelle d’ironie détachée accrochée sur le visage, Corto Maltese balade sa carcasse dans tous les océans, toutes les mers du monde. Dans la tête d’un paquet de ses lecteurs aussi. Un peu comme Cyrano de Bergerac qui n’a réellement commencé d’exister qu’après la pièce de Rostand, Corto est devenu un personnage mythique du jour ou Hugo Pratt l’a mis en scène.
Ouvrir un album de Corto, c’est partir dans un voyage à travers le temps et des mondes enfuis, effacés. Un monde ancien, violent et sauvage, mais il ne s’agit pas non plus des aventures de Tarzan. Les aventures de Corto Maltese ne sont pas des plus paisibles et pas forcément des plus morales, elles plongent dans les ténèbres.
En fait, l’univers de Corto traverse les périodes troubles du début du XXème siécle, un monde de personnages qui oscillent entre idéalisme, cupidité, cruauté et folie furieuse. En littérature, Hugo Pratt est d’une famille dont Conrad, Kipling ou Kessel sont des figures.

Au fil de ses errances, l’imperturbable marin se confronte à toutes les espèces de cinglés de la création, le plus souvent flanqué, poursuivi par ce personnage dément de Raspoutine, il croise quelques beaux cas de tarés, comme le Baron Ungern en Sibérie et surtout, surtout une collection de personnages féminins, de Femmes hallucinantes et aussi le plus souvent hallucinées.
Les univers dépeints par Hugo Pratt parlent de mondes anciens et disparus. Faut-il être nostalgique de ces univers mythiques, ont-ils existés, je ne sais pas, sans doute pas, à la réflexion. Mais, le talent d’Hugo Pratt est là, on se pose la question. Alors ces aventures déjantées, on ne sait pas vraiment quelle part de vérité se cache dans les pages de ses albums.
On s’en fout en fait, on peut toujours rêver, ce qui est bien l’essentiel, non ?