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Gotlieb, Maester, Edika REVENEZ, fluide c’est plus drôle et ça, ça craint...
vendredi 13 février 2009, par
La weltanschauung qu’on se développe tient souvent à ces petites choses qui font pour nous ce truc qu’on appelle la différence, pour Proust une madeleine, Poutine un char d’assaut dans les ruines de Grozny, pour ma pomme une vanne lourdingue d’Edika, une connerie dessinée par Gotlieb ou une nana dessinée par Maester étaient de ce salutaires bouffées d’oxygène qui me faisaient du bien, comme ça de temps en temps.
Weltmachin, c’est la perception du monde en français dans le germain, mais on ne se refait pas, pour les bêtises, le Français me semble plus qu’adapté, il me semble même souhaitable. Ca remonte à loin, on ne va pas réveillerle bon Frère Jean des Entonneurs, mais dès le début de la littérature, le gaulois est porté à la bêtise, la bonne bouffe et arrosée d’importance et ça aussi, c’est plutôt sain. Plus, à tout le moins, que de bouffer de la salade et des carottes à l’eau, en s’enfilant de l’eau d’évian pour se distraire la luette.
J’ai pour mes prochains portés à faire la gueule, les pas guillerets de nature, une vraie méfiance... Ce truc qui nous vient de Montesquieu quand il rappelle que "la gravité est le bonheur des imbéciles". Quoiqu’on en ait, Montesquieu dans le journal inutile, ça claque un poil prétentieux, mais faut pas se gourrer c’est bien pour les tristus que je cite le monsieur qui avec son esprit des lois inspire encore les amoureux du droit constitutionnel depuis un peu plus de deux siècles et demi.
Alors, il dessine pas bien M’sieur Maester...
Depuis un bon petit paquet de temps, quand j’éprouve le besoin irrésistible de me détendre, je file m’acheter en loucedé, Fluide glacial. Les bulles et les âneries de ses dessinateurs ont pour moi l’effet de l’exstasy sur le boutonneux raveur de base, qui s’excite sur du décibel livré à la tonne, ça me détend.
Enfin, ça me détendait. Bien sur pour faire le gars iconoclaste et sympa, j’achetais honteusement mon Fluide entre deux tranches d’humour quotidien plus convenus, genre Libé, le Monde et l’Equipe, le Figaro. J’sais pas pourquoi je me cognais de la revue de presse improbable dans ce goût là, puisque le Monde et le Figaro, faut bien le reconnaître, je ne les usais pas trop.
En revenant des bas-fonds de Toulon, après une visite de nos amis les causeurs de la Marine, arrivé à la Gare, bien rangé dans une pile idoine, la couverture orangée du dernier Fluide m’invitait à compléter ma pile de lectures destinées à m’accompagner pendant mon voyage retour.
Et hop...
A dire vrai, j’étais plutôt de bon poil, la veille au soir, nous avions traîné nos carcasses du coté de "little Chicago", taillé le bout de gras avec un ou deux mastars locaux, à l’honnêteté approximative, mais à la gouaille sudiste chantante. Le tout en quadrinome, moins quatre cavaliers de l’apocalypse que les quatre tocards en balade. Nos pas nous avaient amenés à "la Cantina", une gargote arragée à la sauce tex-mex, tenu par un amateur de rock des seventies, probablement en passe de confirmer une belle surdité qui passait Pink Floyd en boucle un peu plus fort que ces derniers en concert à Wembley. Un instant nous hésitâmes à tailler la route. Mais le fourbe nous a adressé une serveuse dont la conversation courageusement contenue par un T-shirt qui devait appartenir à sa petite soeur nous a poussé à écluser gentiment...
A deux bons grammes dans chaque poche, le lendemain un tantinet embrûmés, nous étions accessibles à une certaine poésie de corps de garde, qui si elle fait fuir les braves gens et les bourgeois, distraie tout de même un petit peu. J’ambitionnais de poursuivre dans cette voie mes distractions et donc, fatale connerie j’achetais Fluide...
Et là, le putain de désert... Pas de Larcenet, de Maester.... Rien, les boules, une énorme daube d’histoire franchement pas drôle d’enfant handicapé qui prend des mandales à répétition dans sa gueule, une pauvre fable taillant les bobos écolos en vacances. Le vide sidéral, l’absence sévère d’ambiance, un peu comme une épicerie de Berlin Est en décembre 1984...
Après l’écologie, voilà l’humour responsable... Je suis allé au bar du TGV, j’ai pris une bière et sa petite soeur, Dieu Merci j’étais encore fatigué de la veille, après m’être désaltéré, le sommeil m’a cloué sur mon siège. Ca m’a épargné les essplications técheuniques des bateaux qui vont sur l’eau que mon voisin voulait absolument m’asséner. En quittant le train, j’ai laissé le mensuel fondé par Gotlieb il y a un petit paquet d’années avec mes illusions sur le sujet.
Bref, je ne voudrais pas me vanter, mais non seulement Fluide glacial est devenu chiant, mais triste aussi. Et ça, ça c’est bien les boules...
Vos commentaires
Oui il dessine bien Monsieur Maester, mais bizarrement c’est plutôt le numéro de téléphone du modèle qui m’aurait intéressé.
Probablement un besoin de soigner un traumatisme de la prime enfance en rapport avec les tétines.
C’est bien dommage pour fluide glacial qui a fait mon bonheur également. J’y ai découvert édika avec l’histoire de l’express Paris-Nice...un petit chef d’œuvre de drôlerie et d’immoralité, mais c’est pour cela qu’il existe un deuxième degré.
Pour les filles bien dessinées, je vous conseille, entre autres, Fred Beltran, qui en plus d’avoir un sacré coup de crayon, possède un excellent coup de médiator puisqu’il a permis de ressusciter les Washington Dead Cats en reprenant la guitare de ce groupe de psychobilly des années 86-90 et en poussant Mathias le chanteur à reprendre du service.
Ils ont un myspace pour ceux qui veulent entendre à quoi cela ressemble...