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Alain Damasio, « La horde du contrevent »

lundi 6 septembre 2010

Si un jour le prix Nobel de physique est distribué comme celui de la paix, Alain Damasio devra prévoir un voyage à Stockholm. Son livre, La horde du contrevent est un défi aux lois de la physique classique. Il a réussi à figer sur papier le mouvement.

Alain Damasio, La horde du contrevent, Folio Collection Science-Fiction, 2007

Une chose prouve qu’on est encore en vie : la tension contre l’inertie. Alors que tout tend à nous rendre immobile, la lutte pour le mouvement constitue ma quête.

C’est un livre lent, une quête où le chemin est le but. Une écriture d’une complexe simplicité qui demande à être lu lentement. Le choix même des mots, oblige à la lenteur (exemple : 23 héros aux noms tous aussi imprononçables les uns que les autres, Arval Redhamaj, Oroshi Melicerte, ...) Contrainte et forcée, la lecture s’accorde au rythme des pas de la horde. Embarquement immédiat pour un long voyage direction l’origine du vent.

C’est un monde, où le vent souffle d’amont en aval. C’est comme ça et pas autrement. Alors régulièrement un groupe d’êtres vivants essaye d’aller le plus loin, à contrevent.

Ce sont des êtres humains, des hordiers. Ils n’ont pas choisi de s’embarquer dans cette aventure. Seulement tout, depuis leur naissance, les y destine. Ils sont dotés de talents. (Pas de don, l’auteur ne fait aucune concession à la transcendance). Ils s’appellent Caracole, Golgoth ou Coriolis comme vous vous appelez François, Mathilde ou Pierre. Ils sont aéromaître, feuleuse ou croc comme vous êtes ingénieur, colleur d’affiche dans le métro ou gendarme. Ils mènent leur quête comme vous menez votre vie. A la fois libres et liés mais toujours en vie.

La horde du contrevent est un chef-d’œuvre.

Seul petit désaccord : le choix de la collection. Publié par Folio en tant que science-fiction, je l’aurais plutôt rangé (mais c’est un de ces éternels inclassables) dans une collection "Point de vue". Pas besoin de technologie ultra-sophistiquée, pas non plus de super-pouvoirs. Finalement, ce n’est même pas une fiction... Ce monde est le nôtre. On a juste changé de paire de lunettes. Et si c’est un peu plus cher que la deuxième paire de chez Alain Afflelou, c’est autrement plus solide.


Vos commentaires

  • Le 6 septembre 2010 à 22:37, par Sam

    Joli.

    Welcome.

  • Le 6 septembre 2010 à 23:00, par AGK

    Très pareil

  • Le 7 septembre 2010 à 07:59, par Hugues

    Qui qu’est gendarme ? Qu’il se dénonce et fasse publiquement son autocritique ou alors que quelqu’un le dénonce ! Sinon, "aucune concession à la transcendance"... La peur du néant n’est jamais très loin.

  • Le 6 février 2011 à 16:48, par Takija

    Je confirme, c’est un chef d’oeuvre ! Concernant l’édition poche avec sa couverture moche et son classement limite, il suffit de se tourner vers l’édition originale des éditions "La Volte", ce qui permet d’éviter de financer un éditeur aux pratiques douteuses...

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