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Alexandre Dumas (Père), « Robin des Bois, prince des voleurs »

lundi 9 août 2010, par GB

Après avoir vidé mon sac et dit pis que pendre du dernier opus de la filmographie de Ridley Scott, passant devant les rayonnages d’une librairie, je me suis aperçu que le roman d’Alexandre Dumas qui nous contait les aventures du plus célèbre habitant de la forêt de Sherwood était réédité. La tentation de renouer un instant avec mes souvenirs d’enfance et de vacances confondus m’a saisi, alors que j’effectuais plus ou moins la même action en m’emparant de ce volume édité par la collection Points.

Quelques euros de moins dans mes poches plus tard, je filais m’installer à la coule pour retrouver les héros de mon enfance, sous la plume d’un auteur, qu’humblement je le confesse, je n’avais pas lu sur le sujet. Mais bon, Robin des bois, ça ne peut jamais être mauvais, me disais-je. Il est de ces sortes de roman de cape et d’épée qui ont toujours pour moi des charmes infinis, cette grâce un peu magique de nous faire croire que nous aussi, nous pourrions être des héros.

La vie m’a appris, depuis, deux ou trois trucs sur le talent des romanciers, le déficit notable de héros et quelques-unes de mes insuffisances personnelles que, par pudeur et en vue de ne pas décourager d’éventuelles clientes de mon petit produit, je vais m’empresser de passer sous silence. N’empêche, Robin des Bois, c’était, du temps lointain de mes culottes courtes, une sorte de putain de bon mec, un anti-Eric Woerth pour ainsi dire sans vouloir faire plus de peine que cela à notre ministre du Travail.

Ben si quand même, Robin y prenait aux riches, alors qu’Eric y rend aux riches... Il est entendu que mon point de vue pourrait varier si d’aventure la fortune daignait me sourire. En ce cas, je préfèrerais sans doute Eric W. à Robin H. Comme quoi tout est relatif et inversement, bien évidemment. Alexandre Dumas, Robin des Bois...

Un classique. Mouais. Une bonne grosse daube surtout. Ca me fait de la peine mais j’ai comme dans l’idée que 2010 ne sera pas la meilleure année que l’on ait connue dans la forêt de Sherwood. Le récit des aventures de notre prince des voleurs signé Dumas père. Je précise signé car c’est dur mais c’est comme ça, ce livre n’a pas été écrit. Pas par Dumas, ça c’est sûr, mais pas écrit du tout. Non, la vérité, ça fait quand même un petit peu de la peine.

La lecture de ce volume dont je ne me promettais que du bien s’est hélas transformée en une succession de haussements de sourcils furibards, de grognements agacés et autres expressions de ma désapprobation. Robin des Bois singé par Dumas est une sorte de freluquet chantant qui arrose alentours de ses flèches dans un monde où le départ ad patres est des plus faciles pour les vilains que l’on a occis sans scrupules tandis que les gentils nous servent une tétrachiée d’émotions plus délicates et plus gnangnan les unes que les autres.

Le rythme même de l’histoire et son récit sont assez bancals, on saute cinq ans par-ci, huit par-là. Pourquoi, comment ? Démerdez-vous pour suivre, par ici les gros sous et en avant pour une publication en roman feuilleton décousu. Alors, avant que vous ne me beugliez vos protestations pas tellement distinguées, un point tout de même. Le mètre-étalon du classicisme en littérature de votre serviteur reste Le Cid (dont il faudra que je cause un de ces jours, soit, c’est entendu).

Et ce Robin des Bois, irresponsable et guilleret, ces personnages très, très, très méchants, ces jeunes femmes qui s’évanouissent toutes les 5 minutes quand elles ne sont pas occupées à rougir ou à chialer, c’est un poil lourd pour mon goût.

A la fin du premier tome des aventures de notre bandit de grand chemin, j’ai refermé mon récent investissement avec soulagement et... Une putain d’envie de lire, relire la suite parce que merci, je connais l’histoire mais... Mais c’est là où ce cochon de Dumas est fort. Il savait choisir ses histoires, le style ampoulé, amphigourique, creux aussi de l’auteur (Dieu merci, ce n’est pas le même) ont beau me propulser jusqu’à des sommets d’agacerie, à la fin du bouquin, connard que je suis, j’en demande encore.

Fait chier ! Parce que, vous allez rire, le deuxième tome n’a pas été réédité simultanément, eh non, trop simple, trop facile... Il a fallu que je me le commande sur internet. Et je sais déjà que tout ce qui m’énerve dans le premier épisode ne manquera pas de le faire à nouveau dans le second. La morale, c’est que l’histoire, mine de rien, ça compte quand même un petit peu.


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