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jeudi 27 mai 2010, par
Chirac s’emmerde. C’est le titre d’un petit ouvrage jubilatoire que j’ai acheté par hasard hier après-midi dans une librairie bien connue du boulevard Saint-Germain. Je dis par hasard, mais en fait pas tout à fait…
Alors que je déambulais (après les heures de service) sans but précis entre les rayons de livres, mon regard a été attiré par les noms de deux auteurs écrits en rouge sur fon beige : Théodore Musard et Achille Wolfoni. Immédiatement, j’identifiais « l’honorable monsieur Musard », dit « l’Auvergnat » et « le Corse », les deux méchants du film de Georges Lautner « Flic ou Voyou », dans lequel le commissaire divisionnaire Stanislas Borowitz, alias Jean-Paul Belmondo, remet de l’ordre sur la Côte d’Azur. C’est d’ailleurs dans ce film que Michel Galabru, commissaire lui aussi, s’adressant à Wolfoni au sujet du partage des marchés souterrains à Nice, a cette réplique célèbre : « Mon bon Achille, le Yalta des voyous, c’est pas mon affaire ». Bref, comme j’adore Belmondo, je me suis immédiatement saisi de ce livre dont je ne voyais pas encore le titre.
Et là, heureuse surprise : Chirac s’emmerde. Sous-titre : Antimémoires ou la vie quotidienne de Jacques Chirac sous le règne de Nicolas Sarkozy. En 4e de couverture, les biographies des auteurs : Musard, a longtemps dirigé une entreprise d’ingénierie financière à Nice, actuellement antiquaire à Venise ; Wolfoni, a fait carrière dans les ressources humaines dans différents motels de la Côte d’Azur, actuellement bouquiniste quai Voltaire. Décidément, cet humour est le mien, et comme en plus, cocu du chiraquisme, je me plais depuis 2002 à imaginer notre ancien président se faisant copieusement ch… chez lui à faire des sudoku pour tuer le temps, ce livre n’attendait que moi. 15 euros plus loin, j’entamais la lecture dudit opuscule.
Deuxième heureuse surprise : le contenu est à la hauteur du contenant. Rempli d’humour, de dérision, d’ironie, mais sans jamais être méchant, ces mémoires sont délectables. Les descriptions des proches du président sont savoureuses, le microcosme parisiano-bobo-nouveauriche-clinquant-népotique dénoncé, le bon sens terrien omniprésent, et, chose que j’apprécie particulièrement, les « private jokes » pour initiés assez nombreuses : références à Tintin, à la Princesse de Clèves, pastiches de Victor Hugo, clin d’œil au cinéma français (le bon, celui d’Audiard et de Gabin), mais aussi et surtout, l’âme des Hussards planant sur l’ensemble de l’œuvre. Antoine Blondin est omniprésent pour qui le connait, et une forme d’anarchisme de droite (cette forme que Gaby définit à juste titre comme la seule vraie anarchie) digne du Nimier du Grand d’Espagne plane sur le livre. Bref, un régal à tout point de vue. Deux heures de lecture. Deux heures de rire. Deux heures de plaisir.
Qui plus est, en étant un peu ésotérique, mais ceux qui doivent comprendre comprendront, dans ce livre, on parle des Alakalufs. Hurrah Zara ! Enfin, pour conclure, je vais être méchant une seconde, mais si Chirac s’emmerde, c’est bien fait pour sa g…