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Sociologie des erreurs radicales et persistantes
mercredi 26 mai 2010, par
Que voilà un petit livre nécessaire et tout simple… Dans la collection Folio essais, pour une poignée d’euros qui ne doit guère plus représenter que l’achat d’un paquet de cigarettes au Harry’s bar (voir par ailleurs), se cachent quelques jolis exemples de bévues, boulettes, accidents de toute sortes survenus du fait de décisions absurdes.
Sans vouloir flatter le manager ou le décideur, un peu de réflexion sur le sujet de comment on arrive intelligemment à faire n’importe quoi ne saurait nuire. Chritian Morel a le bon goût de rester simple (le plus souvent) lorsqu’il décortique les erreurs qui sont au cœur des problèmes qu’il analyse et que voilà une lecture saine.
Une collection d’anecdotes et d’histoires de plus ou moins de conséquence émaillent le récit et la thèse de Christian Morel. Depuis les causes de la destruction d’une navette spatiale jusqu’à des aberrations décidées par une assemblée de copropriétaires, il y a là un joli panel d’erreurs dont la mécanique semble implacable.
Sans vouloir donner dans le genre moral, merci beaucoup, tout en s’appliquant à chercher la mécanique de la connerie qui va faire mal, une jolie série de bêtises de plus ou moins grande ampleur est analysée, étudiée pour en arriver au pourquoi du comment l’on se plante en réfléchissant avec la meilleure volonté du monde, comment un groupe en vient à faire l’inverse de ce que chacun de ses membres eut souhaité faire.
J’aime assez ces sujets un poil psychologiques qui touchent à la manière de vivre et d’agir en bonne intelligence, qui laissent au paradoxe une place d’importance dans la prise de bonnes décisions. S’éloigner de ce que tout le monde croit n’est pas une garantie de succès, mais s’efforcer de penser à ce à quoi les autres ne penseront pas n’est pas contre les principes du Journal inutile.
Plutôt que de limiter la lecture de ce type d’ouvrages à « ceux qui auraient à en connaître », je crois que l’investissement, à la portée de toutes les bourses, vaut donc pour tous.