Accueil du site > We love it > Lire

Graham Greene, "un anglais bien tranquille"

dimanche 14 septembre 2008, par GB

Je ne sais pas si vous l’avez déja constaté, néanmoins il est une curieuse déformation, un tic descriptif qui ne semble pouvoir s’appliquer qu’aux écrivains anglais. Combien de fois n’est-on tenté de les décrire comme "merveilleux" ? Et imparablement une fois de plus avec mon imagination de dindon, je me suis vu écrire combien Graham Greene était un merveilleux romancier, écrivain, dramaturge ou scénariste.

Anglican converti au catholicisme, diplomate au passé sinon sulfureux du moins consacré à l’espionnage, l’oeuvre de Graham Greene explore les tréfonds de l’âme humaine dont il expose les faiblesses et les élans qui parfois la sublime. Maintes fois adapté au cinéma, il jette ses personnages dans la tourmente de leurs sentiments et d’époques difficiles qui font ressortir leurs forces (rares) et leurs tentations, leurs faiblesses. son héritier contemporain est sans doute William Boyd dont il sera question à son tour, patience... Je pense qu’il a été sans doute un des plus grands écrivains occidentaux du vingtième siècle. L’écriture de Greene est probablement des plus fluides qui soient, mais il brille bien davantage encore à mes yeux par sa capacité à dépeindre un caractère à planter un personnage en trois traits.

Il a ce don de vous faire entrer très vite dans le vif du sujet et à vous jeter au coeur des ténèbres, car il se livre sur ses personnages à des analyses profondes et impitoyables. Au contraire néanmoins de réalistes pompiers qui prennent un soin clinique à vous dépeindre la pire des horreurs par le menu, il semble glisser avec son son sens saisissant de la mise en scène sur les misères de la condition humaine avec une élégance polie et qui semble s’excuser du spectacle de ces personnages.

Une grande justesse dans la description des sentiments (bons ou mauvais), des pulsions et des émotions font de lui un remarquable metteur en scène. Animé de ce sens de l’humour très fin et un peu sarcastique de nos meilleurs ennemis d’outre-manche, il a le soin et l’attention de livrer de remarquables préfaces de ses romans, et je pense en particulier à celle de “la fin d’une liaison” qui présente son approche de l’écriture d’une histoire. c’est tellement simple que l’on croirait que c’est facile.


Répondre à cet article